Survival Systems Mission : sauver des vies

Survival Systems Mission : sauver des vies

Labrador, 1981. Tout de suite après l’écrasement de son hélicoptère, Albert Bohemier actionnait son extincteur, sans vraiment en avoir conscience. Cette réaction instinctive, il la devait à un bon entraînement – et c’est ce qui lui a sauvé la vie. Après l’accident, M. Bohemier s’est donné comme mission de former d’autres pilotes pour les préparer à ce genre de situation.

De cet événement est né Survival Systems. Depuis, l’entreprise de Dartmouth est devenue le leader mondial des simulateurs de pointe conçus pour préparer des pilotes d’hélicoptères – civils comme militaires – à un écrasement en mer.

« Nos formations se concentrent sur les écrasements en mer, car ce sont des situations extrêmement dangereuses », affirme Paul Douglas, chef de la direction de l’entreprise. « Un pilote pourrait survivre à l’impact sans toutefois s’en sortir vivant. Dans ce type d’écrasement, 85 % des décès résultent d’une noyade. »

Jusqu’à maintenant, l’entreprise a construit 150 simulateurs dans 29 pays. Chacun de ces appareils extrêmement perfectionnés coûte des millions de dollars à fabriquer; les besoins en capital sont donc importants. Avant, un client pouvait payer jusqu’à 50 % du projet en amont; maintenant, c’est à Survival Systems de trouver les fonds. Au fil des ans, Survival Systems a travaillé en étroite collaboration avec EDC afin de pouvoir disposer d’un fonds de roulement souple pour ses grands projets.

Simulations des plus réalistes

Survival Systems n’offrait au départ que des formations, mais M. Bohemier n’était pas satisfait des appareils de simulation qu’il devait utiliser, car ils manquaient de réalisme. Il a donc conçu un meilleur simulateur, et s’est lancé dans la fabrication. Il comptait en vendre environ cinq.

À la construction de son 30e appareil, il a réalisé tout le potentiel de son produit.

Les simulateurs de Survival Systems reproduisent fidèlement l’intérieur d’un hélicoptère, afin de mieux recréer l’écrasement.

« Le réalisme, c’est notre fierté, poursuit Paul Douglas. On a le vent, la pluie, les bruits, l’eau glaciale – on se sent comme dans un écrasement en mer, et on réagit en conséquence. L’entraînement est efficace parce qu’on ne pense pas; on agit. »

L’entreprise a construit des simulateurs aux États-Unis, en Europe, en Australie, en Afrique, en Inde, en Russie et en Corée du Sud. Pour M. Douglas, faire des affaires à l’étranger est toujours enrichissant, mais entraîne son lot de défis. Lors d’un projet en Inde, un paiement refusé avait mis en péril la transaction. EDC lui avait alors permis d’obtenir une marge de crédit pour assurer la poursuite du projet.

Un chef de file du secteur

Grâce à la qualité de ses technologies de formation et de simulation, Survival Systems sauve des vies, en plus d’influencer la conception des hélicoptères et l’élaboration des normes internationales de sécurité.

Avant, un simulateur consistait en une boîte submersible avec une ouverture sur le côté (et non une véritable porte comme sur les hélicoptères). La vraisemblance des appareils de Survival Systems est telle que les autorités ont modifié leur réglementation. Aujourd’hui, partout dans le monde, on exige de vraies portes.

« Nous ne visons pas un taux de réussite, mais une bonne formation », précise M. Douglas.

La qualité des produits de Survival Systems parle d’elle-même. Pendant la négociation d’une transaction à Astrakhan, en Russie, on avait indiqué à M. Douglas qu’il n’était pas nécessaire de descendre de l’avion, car le client avait déjà choisi une autre solution.

« Nous avons répondu : pas de problèmes, poursuit M. Douglas. Mais tant qu’à être ici, pourquoi ne pas tout de même se rencontrer? Après trois heures, le client était convaincu, et au bout du compte, il nous a choisis et nous a dit n’avoir jamais vu une chose aussi épatante que notre simulateur. On nous a même offert les clés de la ville. »

M. Douglas a connu Survival Systems en 2005, alors qu’il agissait comme consultant chargé d’évaluer l’entreprise. Il fut impressionné par la ferveur de M. Bohemier et par la technologie qu’il avait mise au point. Ce dernier, après avoir envisagé de vendre l’entreprise, se ravisa, et demanda plus tard à M. Douglas de se joindre à lui à titre de chef de la direction.

Avec M. Douglas à sa tête, Survival Systems poursuit sa mission de formation et de R-D. Des opérations relativement simples, comme le choix de l’appareil d’assistance respiratoire le plus efficace, ou le calcul de la force nécessaire pour ouvrir une fenêtre, peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

« L’industrie doit être au courant de ces choses, note M. Douglas. C’est notre responsabilité d’améliorer les connaissances. »

Cette petite entreprise de Nouvelle-Écosse s’illustre sur le marché mondial. Aspirant sans cesse à proposer de meilleures formations et des appareils toujours plus perfectionnés, elle est devenue un modèle à suivre en matière de technologie de formation en situation d’urgence.

« En somme, conclut M. Douglas, notre mission est très simple : sauver des vies. »

Catégories Transport

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