Les cinq premiers appels : Hongrie

Le Canada et la Hongrie entretiennent d’étroites relations, et beaucoup de grandes entreprises canadiennes sont présentes sur ce marché. Le commerce bilatéral entre les deux pays s’élevait à 634,4 millions

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Il s’agit d’un marché en essor pour les entreprises assurant la logistique de produits spéciaux ou des services logistiques complexes, selon l’ambassade de la République de Hongrie.

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L’essor annuel de 10 % du secteur des TI dépasse la croissance générale du PIB de 1,97 % enregistrée entre 1992 et 2015, selon les données de la Banque mondiale.

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Grâce à plus de 160 parcs industriels, qui accueillent 39 multinationales dont les activités représentent 40 % des exportations totales et 25 % de la production industrielle, chaque ville du pays profite de la présence d’un parc industriel dans un rayon de 30 kilomètres.

APERÇU
Klaus Houben
Klaus Houben
Représentant en chef, Hongrie, Exportation et développement Canada
khouben@edc.ca
011-49-211-17217-45
Quels sont les principaux défis auxquels les entreprises canadiennes font face en Hongrie?

Plusieurs volets des activités commerciales peuvent être difficiles à gérer pour les sociétés étrangères. En effet, la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) ne classent pas la Hongrie parmi les 100 nations du monde où il est le plus facile d’obtenir l’électricité et la protection des investisseurs, ni de payer les impôts; c’est pourquoi il est crucial d’obtenir l’aide d’experts locaux pour gérer ces aspects délicats.

Voici les cinq plus grands défis en Hongrie.

1. Démarrer une entreprise : Lorsqu’ils démarrent une société par actions en Hongrie, les exportateurs doivent faire appel à un avocat qui les représentera, qui créera l’acte de société et qui préparera tous les autres documents juridiques. La moitié du montant de l’enregistrement (au moins 250 000 HUF) doit être déposée dans le compte bancaire désigné au moment de l’enregistrement; il faut transmettre sa demande au tribunal d’enregistrement pour pouvoir établir la sécurité sociale.

2. Obtenir des permis de construction : Il faut 102 jours pour obtenir des permis de construction, et il y a 26 procédures à suivre. De nombreux services intergouvernementaux doivent faire des inspections avant qu’une entreprise puisse recevoir une attestation du comité de planification municipale et une lettre du fisc. Lorsque tous les critères sont respectés, il faut obtenir un permis d’occuper et faire l’enregistrement du bâtiment au bureau d’enregistrement des terres.

3. Avoir accès à l’électricité : La Banque mondiale et l’IFC classent la Hongrie parmi les 50 pays du monde où il est le plus difficile d’obtenir un raccordement électrique, car le processus prend 252 jours en tout. L’inspection, les travaux et l’enregistrement sont réalisés par ELMŰ Hálózati Kft. Après la signature du contrat d’utilisation du réseau, le compteur est installé, puis on termine le raccordement.

4. Enregistrer des biens : L’enregistrement des biens est de loin la tâche la plus simple pour une entreprise qui s’établit au pays, et prend à peine plus de deux semaines à faire. Encore une fois, il faut obtenir un avis juridique lors du processus.

5. Obtenir du crédit : Sauf pour l’indice des droits juridiques, les indicateurs de la Hongrie quant à l’obtention de crédit sont faibles. Les agences privées d’évaluation du crédit couvrent moins de 20 % des adultes, et il n’y a pas de registre public.

Quels secteurs présentent les débouchés les plus importants pour les entreprises canadiennes?

Selon EDC, les occasions d’affaires et d’investissement s’accroissent dans un vaste éventail de secteurs sur ce marché, notamment les suivants :

• TIC
• transports
• sciences de la vie
• carburants de remplacement
• construction et infrastructures

La Hongrie est une plaque tournante du secteur de l’automobile et accueille de nombreux équipementiers, entre autres Audi.

Qu’est-ce qui étonne le plus les entreprises étrangères en Hongrie?

Le personnel bien instruit et formé, et un bon climat d’investissement malgré le contexte politique actuel.

ENTRÉE SUR LE MARCHÉ
Martin Barratt
Martin Barratt
Délégué commercial principal, ambassade du Canada en Hongrie, en Slovénie et en Bosnie-Herzégovine
martin.barratt@international.gc.ca
011 36 1 392 3351

« La Hongrie constitue un petit marché, et les exportateurs canadiens capables de fournir de faibles volumes peuvent profiter d’un avantage concurrentiel. »

Il peut être ardu de percer le marché hongrois. Quels sont les facteurs déterminants de réussite des entreprises canadiennes?

Il y a eu beaucoup de fluctuations du taux de change dans les dernières années, ce qui constitue un défi pour les importateurs comme pour les exportateurs. La Hongrie constitue un petit marché, et les exportateurs canadiens capables de fournir de faibles volumes peuvent profiter d’un avantage concurrentiel. Il est vital de trouver le bon partenaire.

Quelles sont les caractéristiques recherchées par les entreprises hongroises chez leurs partenaires potentiels?

Les importateurs hongrois cherchent des partenaires qui offrent des services supplémentaires, assurent la fiabilité et le service après-vente de leurs produits et s’engagent sérieusement sur le marché. Les sociétés canadiennes ont un avantage concurrentiel en matière d’engagement grâce à la communauté hongroise active et avertie du Canada.

Avant tout, bien sûr, il y a le 50e anniversaire de la révolution hongroise, et le nombre de réfugiés que le Canada a accepté à l’époque. La Hongrie ne l’a pas oublié et l’apprécie encore beaucoup.

Quelles particularités culturelles les entreprises canadiennes devraient-elles connaître?

La langue est très problématique. La manière de parler en contexte d’affaires est généralement très formelle, et vous devez vous y préparer. Là où nous pouvons paraître un peu familiers, les Hongrois sont plutôt très normatifs. C’est tout simplement leur manière de faire, alors n’en prenez pas ombrage.

Dans les 25 dernières années, une certaine culture d’affaires s’est développée sous la domination de quelques grands oligarques. Même s’il y a des milliers de PME et qu’elles veulent aussi faire des affaires, les grandes entreprises influencent fortement l’économie.

QUESTIONS JURIDIQUES
Gábor Helembai
Gábor Helembai
Associé principal, Bird & Bird
gabor.helembai@twobirds.com
011 36 1 799 2011

« Investir en Hongrie, ce n’est pas seulement s’établir sur le marché local : c’est aussi s’ouvrir une porte d’entrée à faible coût vers toute l’Union européenne. »

Qu’est-ce que les investisseurs canadiens apprécient du droit des sociétés hongroises?

On peut rapidement établir une entreprise de base sans investissement majeur. L’enregistrement peut même être traité par les autorités en cinq jours, et le capital social minimal est d’environ 1 000 euros pour une société à responsabilité limitée.

Il n’est pas nécessaire que les administrateurs aient la nationalité hongroise ni que les réunions de l’entreprise et du conseil d’administration aient lieu en Hongrie. Le droit des sociétés hongroises s’adapte aux dernières tendances et exigences de la mondialisation de l’économie, entre autres par les procédures électroniques d’enregistrement et de présentation des documents des entreprises. Il autorise aussi les activités électroniques : par exemple, il est possible d’organiser les réunions par vidéoconférence et de communiquer officiellement avec les autorités par courriel. Ainsi, aucune communication papier n’est exigée.

Le taux d’imposition sur le revenu des sociétés est très concurrentiel : 10 % sur l’assiette fiscale positive jusqu’à concurrence de 500 millions de forints (HUF), soit environ 1 670 000 euros, et 19 % des revenus excédant ce seuil. Les investisseurs étrangers sont libres de transférer les profits et les capitaux d’investissement vers leur pays d’origine en cas de dissolution partielle ou complète de leur entreprise.

Quel est le meilleur conseil que vous pouvez donner aux entreprises canadiennes qui veulent percer en Hongrie?

Le gouvernement hongrois offre un vaste éventail d’avantages fiscaux et d’autres encouragements directs et indirects aux investisseurs étrangers. Ainsi, on peut maximiser le rendement de son investissement en en planifiant tous les aspects. Par ailleurs, investir en Hongrie, ce n’est pas seulement s’établir sur le marché local : c’est aussi s’ouvrir une porte d’entrée à faible coût vers toute l’Union européenne.

Quels aspects liés aux lois et aux règlements les entreprises canadiennes devraient-elles connaître?

Les entreprises étrangères doivent être au courant des lois propres à leur secteur qui s’appliquent à leurs activités. Très souvent, ces lois se fondent sur les lois de l’Union européenne et sont relativement uniformes dans l’ensemble des pays membres.

Les lois de l’UE s’appliquent à la Hongrie et réglementent notamment la protection des consommateurs, les agents de vente, la vente à distance, les marchés publics et le marketing direct. La loi hongroise restreint les modalités de certains contrats de consommation, et fixe des limites à la responsabilité. De même, elle concorde avec la législation de l’UE sur la concurrence en interdisant les comportements monopolistiques qui ont des répercussions considérables sur le commerce en Hongrie ou entre des pays membres de l’Union européenne. Le droit du travail hongrois ressemble généralement à celui d’autres pays de l’UE. Par exemple, des cotisations de sécurité sociale sont exigées pour tous les employés hongrois.

Il est obligatoire pour les entreprises de se faire représenter par un avocat lors des procédures d’enregistrement en Hongrie. Il est donc recommandé de communiquer avec un avocat hongrois qualifié si vous envisagez d’y établir une entreprise.

FINANCEMENT
Mike Carlson
Mike Carlson
associé, KPMG Hongrie
mike.carlson@kpmg.hu
011 36 1 877 7123

« Les investisseurs prospères ont tendance à entraîner leurs marchés dans leur sillon et à se servir de la Hongrie comme base de production ou de service à moindres coûts pour exporter vers des marchés mieux établis, puisque le rapport coûts-avantages des employés demeure intéressant. »

Qu’est-ce que les entreprises canadiennes doivent savoir, avant toute chose, sur le marché hongrois?

On peut considérer que la facilité à faire affaire en Hongrie est moyenne, c’est-à-dire qu’elle n’est pas aussi simple qu’au Canada ou dans la plupart des pays d’Europe occidentale, mais l’est davantage que dans d’autres pays plus à l’est ou au sud. Les sociétés doivent jouer un rôle actif dans leur placement, notamment en ayant sur place des dirigeants ou des superviseurs qui pourront s’assurer que l’entreprise suit l’orientation voulue par l’investisseur. Intégrez les activités hongroises à l’ensemble de celles de votre société et cherchez à y implanter sa culture.

Pour obtenir des renseignements macroéconomiques, consultez l’organisme de promotion des investissements du gouvernement hongrois (www.hipa.hu), qui est chargé d’aider les investisseurs étrangers. Ses nombreuses publications et informations vous donneront un bon aperçu de l’investissement en Hongrie.

Comment une entreprise canadienne peut-elle se préparer à percer le marché hongrois?

Elle doit savoir exactement pourquoi elle veut s’implanter en Hongrie. S’intéresse-t-elle au marché intérieur, aux coûts de production abordables, à la recherche et développement ou aux centres de service?

Les investisseurs prospères ont tendance à entraîner leurs marchés dans leur sillon et à se servir de la Hongrie comme base de production ou de service à moindres coûts pour exporter vers des marchés mieux établis, puisque le rapport coûts-avantages des employés demeure intéressant. Vous y trouverez des gens bien instruits et motivés qui demandent un salaire raisonnable, bien qu’il y ait présentement des indices de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs, ce qui augmentera probablement les coûts à moyen terme. Prévoyez un peu plus de temps que la normale pour recruter du personnel.

Comment pouvez-vous aider les sociétés canadiennes à percer ce marché?

Notre rôle consiste à aider nos clients à prendre des décisions et à gérer leurs risques. Notre cabinet offre des services professionnels complets, nous faisons partie du réseau mondial de KPMG et nous fournissons des services d’audit, de comptabilité et de fiscalité ainsi que des services consultatifs en Hongrie depuis 27 ans pour aider les investisseurs étrangers à en saisir la réglementation et la culture d’affaires. Nous collaborons avec quelques-unes des plus grandes sociétés du monde et avec des entreprises gérées par leurs propriétaires dans pratiquement tous les secteurs, pour satisfaire tout le spectre des besoins commerciaux.

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Danielle Rowland Lindahl
Danielle Rowland Lindahl
associée, TRACE International
info@TRACEinternational.org
410 990 0076

Le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, la traite de personnes et le crime organisé sont tous des réalités du pays, et il y a de la corruption dans les processus administratifs.

Comment décririez-vous le risque de corruption en Hongrie?

Même si la Hongrie a une cote de risque modéré de 51 et qu’elle se classe au 57e rang parmi les 199 pays du classement TRACE de 2016, qui mesure le risque de corruption pour les entreprises, les sociétés qui font du commerce en Hongrie s’exposent tout de même à un risque élevé de corruption. En 2014, les États-Unis ont défendu à plusieurs représentants hongrois d’entrer sur leur territoire en raison d’allégations de corruption. Le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, la traite de personnes et le crime organisé sont tous des réalités du pays, et il y a de la corruption dans les processus administratifs. De nombreuses institutions ne sont pas indépendantes du gouvernement, notamment la magistrature, les médias et les autorités de lutte contre la corruption. La corruption et la bureaucratie gouvernementale peu performante figurent parmi les facteurs les plus problématiques des activités commerciales en Hongrie, selon le rapport mondial sur la compétitivité de 2015-2016 du Forum économique mondial.

Il y a un risque de corruption particulièrement élevé dans les marchés publics. Les représentants font preuve de favoritisme envers les entités publiques et les entreprises auxquelles ils sont étroitement associés, et les marchés publics locaux sont vulnérables aux liens solides entre des entreprises locales et des représentants. Des sociétés étrangères se sont plaintes que les appels d’offres ne sont pas concurrentiels; d’ailleurs, certaines croient que la corruption les a empêchées de remporter un contrat. De plus, les appels d’offres manquent de transparence.

Comment ces risques touchent-ils généralement les entreprises canadiennes?

Il y a plus de 60 grandes sociétés publiques et, dans des secteurs comme les services financiers, l’État possède la majorité du marché. Cette situation augmente la probabilité que les entreprises fassent affaire avec des représentants et exige une prudence et des contrôles préalables accrus. La corruption envahissante dans les processus administratifs peut nuire à la capacité de faire des affaires et pousse les entreprises à verser de petits pots-de-vin pour inciter les représentants à exécuter les tâches requises. Le favoritisme dans les appels d’offres peut inciter les entreprises à faire des paiements illicites pour remporter un contrat.

De façon générale, comment les sociétés canadiennes peuvent-elles réduire leur vulnérabilité aux pratiques de corruption?

Les entreprises étrangères qui veulent faire des affaires en Hongrie doivent établir un programme de conformité anticorruption efficace. Elles gagnent beaucoup à fournir à leur personnel de la formation sur les problèmes des marchés publics et sur les petits pots-de-vin, et elles devraient mettre en place des processus d’approbation et d’examen pour toutes les soumissions aux appels d’offres publics. Plus encore, elles auraient intérêt à vérifier soigneusement les antécédents de partenaires potentiels par un processus de contrôle préalable, d’analyse et d’approbation complet, comme l’agrément de TRACE. Les sociétés peuvent consulter TRACEpublic, le premier registre mondial qui permet aux entreprises de transmettre et de trouver gratuitement de l’information sur la propriété véritable. La base de données facilite les efforts des entreprises soucieuses d’adopter des pratiques commerciales éthiques.