L’exportation au cœur du succès du secteur canadien des sciences de la vie

L’exportation au cœur du succès du secteur canadien des sciences de la vie

Dans la course à l’innovation, le Canada est sans conteste dans le peloton de tête dans le secteur des sciences de la vie.

« Les chercheurs canadiens proposent des techniques et des solutions très innovatrices », déclare Antonio Lopes, chef principal de comptes stratégiques et responsable du secteur des sciences de la vie à Exportation et développement Canada.

Selon le Service des délégués commerciaux du Canada, l’Université de Toronto a l’une des plus grandes écoles de médecine en Amérique du Nord et est première au monde au chapitre du nombre de publications évaluées par les pairs. D’ailleurs, le Globe and Mail rapportait l’an dernier que ses chercheurs avaient conçu un « échafaudage » biodégradable en polymère qui accélère la régénération des tissus osseux. Le Centre de recherche sur les cellules-souches et le cancer de l’Université McMaster s’est aussi illustré en inventant un processus qui transforme la peau en sang. Le programme de médecine personnalisée de l’Institut des sciences de la vie de l’Université de Colombie-Britannique n’est pas en reste : il développe actuellement un test génétique pour prévoir la réponse d’un patient aux médicaments. Cette information est ensuite transmise à un outil informatique qui aide les médecins de famille à prescrire un traitement plus sécuritaire et plus efficace aux patients à risque.

De nombreuses entreprises canadiennes des sciences de la vie sont créées pour concrétiser les recherches effectuées dans les cliniques ou les établissements d’enseignement ou de soins.

Selon M. Lopes, « le défi est de commercialiser ces innovations à l’étranger et de connaître la réglementation et les modalités de remboursement et d’accès au capital. Ces facteurs influencent la capacité des entreprises à se lancer, à croître et à réussir ».

Le marché mondial des soins de santé pèse 6,5 billions de dollars et croît en moyenne de 8,2 % par année. Le Canada est le siège de plus de 2 000 entreprises (surtout des PME) du secteur, qui englobe la R-D et la fabrication et se concentre sur les techniques de diagnostic, les biotechnologies, les produits pharmaceutiques, les appareils médicaux et numériques ainsi que la recherche et les services connexes. En bref, selon M. Lopes, les Canadiens sont partout et sont déterminés à s’illustrer partout.

« Le gouvernement canadien a toujours été un chef de file dans le soutien à la recherche. Ses divers organismes de financement ont soutenu le développement de cet écosystème, particulièrement dans des domaines d’innovation comme l’oncologie, la génomique, la médecine personnalisée et les biotechnologies, affirme M. Lopes. Certaines recherches passent aux étapes de développement de produit et d’étude clinique, et leurs résultats aident le Canada à se distinguer sur le plan de l’innovation et à créer une image de marque mondiale exceptionnelle et synonyme de grande qualité en matière de sciences de la vie et de soins de santé. Certaines rayonnent même à l’étranger, ce qui confère aux entreprises canadiennes une position de choix pour la commercialisation à l’échelle mondiale. »

M. Lopes indique que le Canada compte plusieurs petites entreprises pharmaceutiques, mais accueille aussi des poids lourds de l’étranger qui veulent profiter du crédit d’impôt fédéral pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) et de son environnement clinique de haute qualité.

« Du côté des appareils médicaux, l’écosystème est toujours solide et comprend des entreprises extrêmement innovatrices et très spécialisées », déclare Joanne De Franco, qui, jusqu’en juin dernier, était conseillère sectorielle pour l’équipe de l’industrie légère d’EDC et responsable des secteurs des sciences de la vie, de la fabrication de pointe, des plastiques et emballages et de la logistique. (Elle a été remplacée par Bryan Sirois, bsirois@edc.ca.)

Les exportateurs canadiens dans cette branche ciblent avant tout les États-Unis « en raison bien sûr de la proximité, de l’importance de la population et du grand nombre de possibilités, mais surtout du prix élevé qu’ils peuvent demander, déclare Mme De Franco. Cependant, certaines entreprises d’appareils médicaux offrant un prix attrayant pour les marchés en développement préfèrent l’Europe afin de pouvoir exporter vers d’autres régions, comme l’Afrique ».

Exportateurs avertis s’est entretenu avec M. Lopes et Mme De Franco au sujet des possibilités dans ce secteur.

Quel est votre rôle à EDC?

Notre rôle est de sensibiliser le secteur canadien des sciences de la vie et des soins de santé à ce qu’offre EDC pour aider les entreprises du secteur à prendre de l’expansion à l’étranger, soit non seulement des services, produits et solutions, mais aussi des connaissances sectorielles, des mises en relation et des activités de jumelage. À cette fin, notre équipe offre régulièrement des séances de mentorat, promeut activement l’engagement à l’égard des produits en collaboration avec les équipes régionales des petites entreprises et des marchés commerciaux, prend fréquemment la parole lors de congrès et de symposiums et participe à des partenariats dans le cadre desquels elle mène souvent des discussions sectorielles.

 

Quels types d’entreprises exportent dans ce secteur?

La plupart des entreprises du secteur des sciences de la vie et des soins de santé sont axées sur l’exportation et œuvrent dans les branches suivantes : produits pharmaceutiques et nutraceutiques, biotechnologies, médecine personnalisée, appareils médicaux et numériques, télémédecine et services de santé.

 

Où se situent actuellement les débouchés à l’exportation dans ce secteur?

La plupart des entreprises du secteur ciblent d’abord les États-Unis et l’Europe pour ensuite se tailler une place au Canada. L’exportation est vitale pour ce secteur, et plusieurs facteurs jouent un rôle dans le ciblage d’un pays : croissance démographique, style de vie, dépenses discrétionnaires, tarification, vieillissement de la population et maladies.

 

Y a-t-il des occasions dans la chaîne d’approvisionnement du secteur?

Absolument. Le Canada ne compte que quelques grandes entreprises valant plus d’un milliard de dollars (principalement dans le domaine pharmaceutique) et mobilisant des chaînes d’approvisionnement mondiales considérables. Il est donc important que les entreprises d’ici aient accès à ces grands acteurs, qu’ils soient canadiens ou étrangers. Avec nos collègues d’Affaires mondiales Canada (AMC), nous travaillons à faciliter l’accès à ces chaînes d’approvisionnement en présentant de petites sociétés canadiennes à de grandes multinationales qui souhaitent soit acheter leur produit, l’inclure dans leur offre et le distribuer mondialement, négocier un accord de licence ou développer une coentreprise pour les aider à surfer sur la vague de l’innovation.

 

Quels sont les traits caractéristiques des entreprises du secteur qui s’illustrent au chapitre de l’exportation?

On le voit bien : les entreprises canadiennes sont extrêmement innovantes et avant-gardistes. Pour acquérir ces caractéristiques, il faut concevoir une solution ou un produit inédit qui sera à la fois rentable et bénéfique pour le patient. Ultimement, une entreprise survivra si elle vise à être plus grande, meilleure et plus rapide que celles qui l’ont précédée. Dans tous les segments, on voit que les innovations et le savoir-faire canadiens se démarquent.

 

Quelles sont les erreurs commises par les entreprises du secteur en matière d’exportation?

L’erreur la plus grave pour une petite entreprise du secteur est de penser qu’elle peut y arriver seule. Pour réussir dans l’arène mondiale, il faut connaître les subtilités de chaque région, la réglementation, les mécanismes de remboursement, les acteurs importants, les partenaires locaux et l’environnement, pour ensuite utiliser ces connaissances et s’allier à des mentors et à des parrains qui vous appuieront. Les sciences de la vie et les soins de santé forment un milieu complexe composé d’acteurs spécialisés mais interdépendants qui doivent développer leurs connaissances, mais aussi leurs relations.

 

Que devraient savoir les entreprises du secteur à propos de l’exportation?

Partout au Canada on trouve des associations et des organismes sectoriels qui encouragent le développement des connaissances, le réseautage et la participation active. De plus, les ministères fédéraux et provinciaux participent régulièrement et activement au soutien à la croissance et à l’exportation. On ne compte plus les organismes offrant des subventions, du financement ou de la formation qui peuvent vous aider à combler vos besoins à court et à long terme. Nous conseillons aux entreprises de faire appel à ces organismes et d’en tirer des renseignements sur les besoins du marché et le respect des exigences locales en matière de réglementation et de remboursement.

 

Que peut faire EDC pour les entreprises du secteur?

EDC offre plusieurs solutions (réduction du risque, liquidité, jumelage, mise en relation, etc.) qui aident depuis longtemps les sociétés canadiennes à croître. Notre Assurance comptes clients permet aux entreprises à la fois de réduire le risque associé à la vente à un acheteur étranger et d’obtenir auprès de leur principale institution financière les capitaux pour développer leur offre et se positionner sur le marché. Nos solutions de financement, dont la garantie d’exportations, que nous utilisons pour appuyer les jeunes entreprises dans leur demande au programme de crédit d’impôt pour la RS&DE, aident les entreprises à monétiser leurs contrats de vente, à faire des acquisitions et à se doter du fonds de roulement dont elles ont besoin pour croître. Sans oublier notre soutien actif aux entreprises, qui peut prendre diverses formes : mentorat, examen des besoins, développement de la connectivité et aide à l’accès aux marchés étrangers grâce à un parrain, à des relations ou à des connaissances.

 

Pouvez-vous nommer deux autres partenaires de ce secteur avec qui EDC devrait collaborer?

Pour au moins 40 % des 2 000 entreprises du secteur canadien des sciences de la vie, l’accès au capital-actions et aux capitaux d’investissement est l’un des besoins les plus importants. EDC collabore étroitement avec de nombreux investisseurs providentiels, bureaux de gestion de patrimoine, fonds de dotation et fonds de capital-risque et de capital-investissement au Canada et à l’étranger pour faire le pont entre les besoins du milieu et les acteurs qui peuvent le soutenir. L’écosystème de capital-actions du Canada est beaucoup plus petit que celui de son voisin du Sud. Il est donc important que nous travaillions davantage à ouvrir les portes aux acteurs étrangers et à braquer les projecteurs sur les entreprises canadiennes, tout en favorisant la réussite de nos groupes d’investissement ici, au Canada.

Antonio LopesAntonio Lopes
Global Accounts Director – Sector Teams and Sector Lead for Life Sciences
E-mail: ALopes@edc.ca
Bryan SiroisBryan Sirois
Sector Advisor, Light Manufacturing
E-mail: BSirois@edc.ca

 

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