Un exportateur de la Colombie-Britannique démontre le riche potentiel de la valorisation des déchets.
Qui aurait cru que de minuscules granulés de bois canadiens auraient un tel impact sur la scène mondiale?
Pinnacle Renewable Energy Group, une société de la Colombie-Britannique qui se décrit comme un « broyeur de déchets », recycle les résidus de l’industrie forestière et les convertit en granulés de bois qui génèrent de l’énergie pour chauffer habitations, bureaux et commerces dans le monde entier.
Brindilles mortes, branches, sciure, copeaux et autre biomasse, que l’on brûle ou laisse pourrir en forêt habituellement, sont finement broyés et séchés puis, par un processus simple en six étapes, sont compressés en minuscules granulés de bois organiques. Même le revêtement cireux qui joint les granulés vient de l’huile naturelle des dérivés du bois.
« Ce qui est intéressant, c’est que les granulés de bois offrent une source d’énergie constante et fiable, à composante technologique et teneur en carbone faibles », note Rick Davis, chef de la direction financière chez Pinnacle. « Tout le monde gagne : les déchets sont transformés en produits à valeur ajoutée, on crée des emplois et il n’y a pas d’empreinte carbone. Les granulés de bois font de plus en plus partie de l’approvisionnement énergétique mondial. »
Ça chauffe dans l’industrie des granulés
Forte d’un chiffre d’affaires annuel d’environ 200 millions de dollars, la société fermée a vu ses activités doubler entre 2010 et 2013, et elle prévoit les doubler encore dans les trois à cinq prochaines années.
Plus de 90 % des ventes de Pinnacle sont destinées à l’exportation, principalement aux grandes compagnies de services publics génératrices d’électricité du secteur industriel au Royaume-Uni. En raison de la législation stricte sur les émissions de dioxyde de carbone, il est plus avantageux pour les clients britanniques de Pinnacle de brûler de la biomasse que du charbon, car ils peuvent ainsi obtenir d’intéressantes subventions gouvernementales. La compagnie a même mis un pied dans le marché résidentiel aux États-Unis, où ses clients achètent des granulés en sacs, peu coûteux et biodégradables, pour leurs poêles à bois et les litières pour chats, cobayes ou chevaux.
« Bien que les volumes réels viennent de la fourniture de biomasse aux grandes compagnies de services publics, le marché résidentiel devient très actif en Europe », souligne M. Davis. Ainsi, Pinnacle a récemment découvert un créneau en Italie, où son client se procure les granulés de bois canadiens en grands conteneurs et les met ensuite en sacs pour les vendre au détail aux ménages italiens.
La première vente à ce client, en 2013, a été possible grâce à l’Assurance comptes clients d’EDC. La transaction a aidé Pinnacle à conclure des contrats non confirmés en 2013 et 2014, et à pénétrer un nouveau marché.
« Comme c’était une nouvelle compagnie sans antécédents, nous avons recouru à la solution d’assurance crédit d’EDC pour procéder à la vente en toute confiance, explique M. Davis. Nous prévoyons aussi obtenir un appui similaire en 2014 pour les ventes à nos plus petits clients aux États-Unis. Sans le soutien d’EDC, ces ventes seraient irréalisables, car les risques sont trop élevés. »
« Si certains pays sont plus lents à manifester un engouement pour les biocombustibles, de nouveaux marchés s’ouvrent en Asie, notamment au Japon, en Corée et en Chine. Pour les exportateurs comme nous, l’annonce récente de l’Accord de libre- échange Canada-Corée est un pas important », souligne-t-il.
Il précise : « Les Coréens développent leur infrastructure afin de produire l’énergie issue de la biomasse, mais Pinnacle a envoyé ses premiers granulés dans ce pays en septembre dernier, et une deuxième expédition est prévue en avril. Pour nous, la valeur qu’ajoute la diversification sur ces marchés est incroyable. »
La demande dépasse l’offre
De plus en plus de pays adoptent les options offertes par les énergies propres, et certains observateurs prévoient que la demande mondiale de granulés de bois atteindra 80 millions de tonnes en 2020. La plus forte contrainte de Pinnacle est sa capacité interne de production pour répondre à la hausse de la consommation mondiale.
La récente stratégie d’expansion de la compagnie repose en bonne partie sur la construction d’un nouveau terminal de granulés de bois, à Prince Rupert, qui lui permettra d’expédier les granulés à moindre coût en créant une nouvelle passerelle vers les marchés asiatiques entre autres, depuis la côte ouest.
« Malgré notre très petite taille, nous contribuons à réduire l’empreinte carbone globale. Nous ne sommes plus une simple compagnie canadienne, mais une société mondiale qui grandit chaque jour, et nous en sommes très fiers », conclut M. Davis.
En novembre 2013, Pinnacle a été désignée Exportateur de l’année en Colombie-Britannique et a reçu le Prix du premier ministre pour la création d’emplois en 2013 (Premier’s Award for Job Creation) de Manufacturiers et Exportateurs du Canada, parrainé par EDC. Au cours des trois dernières années, l’effectif de la compagnie a augmenté d’environ 25 % et elle s’attend à ce que la tendance continue.

