5 premiers appels : Singapour

Grâce à son régime réglementaire hautement efficace et transparent, Singapour est l’un des meilleurs pays au monde où faire des affaires. Cette économie, petite mais dynamique, offre de nombreux débouchés aux exportateurs canadiens non seulement sur son territoire, mais aussi dans le reste de l’Asie.

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Singapour est la deuxième destination en importance de l’Asie du Sud-Est pour l’investissement direct étranger des entreprises canadiennes.

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Ce petit pays, dont le PIB annuel s’élève à 307,87 milliards de dollars américains, importe plus de 1,3 milliard de dollars en biens canadiens chaque année.

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Singapour abrite le deuxième port en importance au monde du point de vue de l’achalandage grâce à son emplacement stratégique en tant que porte d’entrée vers l’Asie.

Qu’en disent nos experts?

Aperçu du marché
Chia Wan Liew
Chia Wan Liew
Représentant en chef, Asie du Sud-Est, Exportation et développement Canada
cliew@edc.ca
65-6854-5949

« Singapour est un marché de choix. Vous voulez travailler à l’étranger tout en profitant des avantages d’une économie moderne? Ne cherchez pas plus loin! »

Comment décririez-vous le contexte commercial à Singapour?

Singapour est un marché de choix. Vous voulez vivre à l’étranger tout en profitant des avantages d’une économie moderne? Ne cherchez pas plus loin! Il est très facile d’y démarrer une entreprise, puisque la transparence est omniprésente. Vous n’avez qu’à suivre les procédures à la lettre, sans devoir gérer les questions parfois complexes de corruption.

Y a-t-il des inconvénients?

Les coûts d’exploitation peuvent être très élevés, au point où certaines entreprises étrangères sont parfois prises au dépourvu. Ce n’est pas un marché accessible à tout le monde. Si vous avez besoin d’une très grande surface, il faudra vous installer ailleurs. Même chose si vous cherchez de la main-d’œuvre bon marché ou un accès facile à des matières premières pour des activités de transformation en amont ou intermédiaire.

Dans ce cas, quel type d’entreprise y trouve son compte?

Cela dépend vraiment du secteur d’activité. Par exemple, une entreprise de haute technologie axée sur les capitaux et ayant besoin d’accéder au marché du financement y serait à sa place. Singapour est une plaque tournante pour les services financiers, les sociétés de capital-risque et les fonds de capital-investissement. Les entreprises spécialisées en sécurité (cybersécurité, sécurité physique et surveillance), un domaine qui connaît une croissance relativement récente, peuvent également réussir sur ce marché. Singapour semble attirer des entreprises de sécurité de très haut calibre se spécialisant dans les technologies de pointe.

Pénétration du marché
Wayne Farmer
Wayne Farmer
Président, Conseil de commerce Canada-ANASE
wayne@islemount.com
65-9296-4864

« … la plupart des entrepreneurs ne s’installent pas à Singapour seulement pour vendre, mais bien pour avoir accès à l’Asie du Sud-Est, sinon à l’ensemble de l’Asie. »

Bien que Singapour soit un pays riche, sa population est d’à peine 5,5 millions d’habitants. En quoi ce pays représente-t-il un marché d’exportation attrayant?

Singapour est un marché plutôt bien développé offrant des débouchés pour toutes sortes de produits et de services. Cependant, la plupart des entrepreneurs ne s’installent pas à Singapour seulement pour vendre, mais bien pour avoir accès à l’Asie du Sud-Est, sinon à l’ensemble de l’Asie. Il est très facile d’y démarrer une entreprise, et c’est un excellent emplacement d’un point de vue logistique.

Avez-vous des exemples de la manière dont les entreprises utilisent Singapour comme porte d’entrée dans la région?

Les entreprises australiennes et de l’Asie du Sud-Est s’installent généralement d’abord à Singapour pour ensuite ouvrir des bureaux satellites en Indonésie, en Thaïlande et au Myanmar. Beaucoup de transactions bancaires et d’opérations d’investissement ont lieu à Singapour, qui fait également souvent partie du mécanisme de règlement en cas de conflit juridique ou d’arbitrage. Dans la région, les processus judiciaires peuvent être extrêmement lents et coûteux. Singapour fait donc office de terrain neutre pour régler rapidement ces questions.

Quelles sont les ressources offertes aux entreprises canadiennes voulant s’établir à Singapour?

Il existe plusieurs organisations gouvernementales. L’Autorité monétaire de Singapour a une division du développement des affaires ou de la promotion commerciale qui travaille de concert avec les sociétés financières voulant s’installer ou croître sur ce marché. De son côté, le Conseil de développement économique de Singapour offre une panoplie de programmes sur l’emploi, l’investissement et d’autres questions qui se posent quand on veut s’établir sur ce marché. Il ne faut pas non plus négliger les chambres de commerce et, bien entendu, le Service des délégués commerciaux, dont les représentants ont un savoir-faire spécialisé dans certaines industries.

Conformité
Maureen Low
Maureen Low
Directrice, Services aux entreprises, FMG Corporate Services Pte Ltd
maureenlow@fmg.com.sg
65-6594-7817

« Dans le cadre de processus d’appels d’offres, le gouvernement demande généralement à voir les antécédents d’un soumissionnaire […]. Une succursale peut démontrer sa capacité à effectuer le travail demandé en utilisant les antécédents de sa société mère canadienne. »

Quels sont les principaux obstacles auxquels font face les entreprises qui exportent à Singapour?

L’importation de marchandises est associée à l’un des principaux problèmes de conformité. De façon générale, tous les biens importés sont soumis à la taxe sur les produits et services et doivent être dédouanés. Cependant, vous ne pouvez dédouaner ces biens que par l’entremise d’une entreprise établie à Singapour, qui s’est préalablement enregistrée auprès des autorités douanières afin d’obtenir un code. Vous pouvez également demander à un transitaire de s’occuper de la paperasse, mais vous avez tout de même besoin d’une entreprise sur place pour activer le compte.

Quelles sont les structures les plus avantageuses pour les entreprises étrangères s’installant à Singapour?

Les entreprises canadiennes qui veulent établir une filiale à Singapour doivent passer par une société en commandite par actions. Bien qu’il soit possible d’y mettre sur pied une succursale, les entreprises qui souhaitent recruter des investisseurs sur ce marché devraient éviter cette option, puisqu’elles ne pourront pas posséder d’actions. De plus, à Singapour, non seulement les succursales doivent soumettre leurs comptes audités chaque année, mais leur siège social doit également envoyer ses comptes aux autorités du pays. Ces comptes tombent alors dans le domaine public. Ainsi, une entreprise dont le siège social est au Canada verrait ses documents passer dans le domaine public à Singapour, ce qui présente un autre inconvénient.

Y a-t-il des avantages à ouvrir une succursale?

Dans le cadre de processus d’appels d’offres, le gouvernement demande généralement à voir les antécédents d’un soumissionnaire, ce que ne peut pas fournir une entreprise récemment constituée à Singapour. Une succursale peut démontrer sa capacité à effectuer le travail demandé en utilisant les antécédents de sa société mère canadienne.

Fiscalité
Caroline Bérubé
Caroline Bérubé
Associée directrice, HJM Asia Law & Co LLC
cberube@hjmasialaw.com
65-6755-9019, poste 11

« Le régime fiscal de Singapour s’applique de manière uniforme – tant dans la méthode d’imposition que dans les taux – aux sociétés résidentes, aux sociétés non résidentes et aux succursales d’entreprises étrangères. »

La double imposition préoccupe parfois les exportateurs. Qu’en est-il à Singapour?

Les conventions fiscales adoptées par Singapour reposent sur le modèle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les entreprises profitent d’allègements fiscaux grâce à un système d’imposition territoriale et à une exemption sur les revenus étrangers, sauf s’ils sont perçus à Singapour. De plus, le pays a signé des conventions exhaustives en matière de double imposition avec plusieurs pays, dont le Canada.

Quels sont les types d’entreprise prévus dans la convention fiscale?

Le régime fiscal de Singapour s’applique de manière uniforme – tant dans la méthode d’imposition que dans les taux – aux sociétés résidentes, aux sociétés non résidentes et aux succursales d’entreprises étrangères. La convention fixe les mêmes droits et obligations aux sociétés non résidentes, qui peuvent se prévaloir de toutes les déductions prévues et profiter généralement des mêmes privilèges que les sociétés résidentes. Pour soumettre une entreprise étrangère à l’impôt, on doit établir qu’elle exerce bien des activités commerciales à l’intérieur du pays.

Pouvez-vous expliquer davantage ce dernier point?

Les transactions commerciales effectuées avec Singapour n’exposent pas une société non résidente à l’impôt. Il faut examiner tous les faits pertinents pour déterminer si les entreprises font du commerce à Singapour ou avec Singapour.

Anti-corruption
Kelly Ohayon
Kelly Ohayon
Associée, Forensic Services, PwC
kelly.ohayon@ca.pwc.com
416-218-1392

« Renseignez-vous sur les affaires de vos clients et de vos partenaires. Ce n’est pas parce qu’ils sont à Singapour qu’ils n’interagissent pas régulièrement avec des représentants d’autres pays. »

Singapour est l’un des pays les moins corrompus du monde, mais la corruption y demeure un enjeu.

En général, la corruption n’est pas un problème avec les représentants singapouriens. Il est rare que les fonctionnaires exigent des pots-de-vin pour accélérer les formalités administratives ou le passage des marchandises aux douanes. Toutefois, on trouve beaucoup de bureaux étrangers à Singapour. Des entreprises étrangères y ont établi leur siège social et collaborent avec de nombreux tiers. Ce sont souvent ces tiers qui sont la source de problèmes, et c’est là qu’il faut faire preuve de vigilance.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret?

Souvent, des agents vont vous dire qu’ils peuvent vous aider à rapidement faire des affaires au Myanmar ou au Vietnam, par exemple, à condition que vous soyez prêt à payer et à ne pas poser de question. Le problème, c’est que vous n’avez pas beaucoup de renseignements sur ces agents ni sur la façon dont ils s’y prennent pour ouvrir des portes autrement difficiles d’accès.

Comment les entreprises canadiennes peuvent-elles se prémunir contre la corruption à Singapour?

Tout d’abord, ne présumez pas qu’un pays qui s’en tire bien selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International est complètement exempt de corruption. Effectuez un contrôle préalable de l’intégrité et n’hésitez pas à leur poser des questions délicates sur les pots-de-vin et sur la façon dont les gens font des affaires. Renseignez-vous sur les affaires de vos clients et de vos partenaires. Ce n’est pas parce qu’ils sont à Singapour qu’ils n’interagissent pas régulièrement avec des représentants d’autres pays.