Mégadonnées : coup d’œil à l’intention des entreprises canadiennes

Mégadonnées : coup d’œil à l’intention des entreprises canadiennes

Klaus Schwab parle de la quatrième révolution industrielle, d’un changement qui va « profondément bouleverser notre façon de vivre, de travailler et d’interagir ».

Le fondateur du Forum économique mondial n’hésite pas à affirmer que cette transformation ne ressemblera à rien que l’humanité a déjà vu. Il décrit une fusion des technologies qui « brouille les frontières entre les mondes physique, numérique et biologique », « évolue à un rythme exponentiel plutôt que linéaire » et « révolutionne presque tous les secteurs dans tous les pays ».

Imaginez les possibilités : des milliards de gens connectés par leurs minuscules appareils électroniques, des capacités prodigieuses de traitement et de stockage des données, et des avancées technologiques sans précédent dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, de l’impression 3D, des nanotechnologies, des biotechnologies et de l’informatique quantique, entre autres.

Les mégadonnées jouent un grand rôle dans cette révolution numérique, et les entreprises qui sauront exploiter ce potentiel se démarqueront. À l’âge de l’Internet industriel, le volume de données générées est remarquable, mais beaucoup n’en tirent aucun avantage. Avec cette révolution, ce n’est pas la quantité de données qui compte, mais plutôt ce que les organisations en font.

Prenons l’exemple d’un constructeur du domaine ferroviaire. Jas Klotia, chef des services informatiques chez GE Canada, décrit les locomotives de la société comme des centres des données roulants : celle-ci s’en sert pour recueillir, au moyen de capteurs, de nombreuses données, transmises à ses ingénieurs hautement qualifiés à l’aide d’applications logicielles aux fins d’analyse. Même si cela leur permet de maximiser le rendement sur seulement 1,6 km, ils peuvent faire augmenter les bénéfices dans une proportion allant jusqu’à 20 %. Il en va de même pour les moteurs d’aéronef : une économie en carburant de 1 % peut faire économiser plus de 300 millions de dollars à l’entreprise.

Autrement dit, les mégadonnées, c’est du sérieux! Quand, à GE, on parle de l’aspect « Internet industriel » de la « révolution industrielle numérique », on pense à plus d’un milliard de compteurs intelligents installés dans les maisons, transmettant de précieuses données sur nos comportements de consommation, et à une dizaine de milliards d’ampoules connectées par Internet.

« Il y a déjà plus de 150 millions de voitures connectées à Internet, ajoute M. Klotia. Quiconque exploitera, et vite, l’Internet industriel pour vraiment tirer profit des données et de l’information disponibles sera gagnant. »

GE estime que le marché de l’Internet industriel représentera 225 milliards de dollars d’ici 2020, soit 125 milliards dans le secteur des applications logicielles et 100 milliards dans celui des plateformes logicielles ou des systèmes d’exploitation. Ce marché sera ainsi plus important que le marché de l’Internet des objets visant les consommateurs (90 milliards) et les entreprises (70 milliards).

De petites entreprises, elles, utilisent les connaissances et les technologies des mégadonnées pour aider d’autres sociétés à accéder à ces précieux renseignements.

C’est ce que fait la Canadienne ThinkData : elle « filtre » les données des bases de données gouvernementales (par exemple, trois noms légèrement différents qui font tous référence au Musée canadien de la guerre compliquent les recherches, alors l’entreprise normalise les références et le format des ensembles de données). Elle rend ensuite le tout accessible au client.

« Pour prendre des décisions éclairées, on se tourne vers les données ouvertes puisqu’elles sont disponibles », remarque Bryan Smith, autrefois conseiller en politiques de Tony Clement, ancien président du Conseil du Trésor. « Mais pas toutes les entreprises ont les ressources, les compétences et l’expertise pour saisir les données, les filtrer, les normaliser, les intégrer à leurs modèles et tenir le tout à jour. »

Il explique que les experts hautement spécialisés réalisant les analyses sont appelés scientifiques des données, et que les gens qui trouvent les données, les filtrent, les connectent et les tiennent à jour sont en quelque sorte des « concierges des données ».

« Nous nous occupons du nettoyage pour que les scientifiques aient des données propres et puissent se concentrer sur l’exécution de modèles et l’analyse. C’est cela qui compte pour l’entreprise et qui lui permet de prendre de bonnes décisions », dit-il.

Bien que certains exportateurs soient ses clients – les entreprises qui utilisent les données filtrées –, ThinkData est elle-même exportatrice : beaucoup de ses clients des secteurs pétrolier et gazier, financier et immobilier sont aux États-Unis.

La clientèle canadienne pour les mégadonnées de GE vient quant à elle des secteurs pétrolier et gazier, ferroviaire, aéronautique et de la gestion de l’énergie.

Eight Solutions Inc., de Vancouver, offre elle aussi une solution de mégadonnées qui exploite le potentiel des données complexes : Cumul8. Mais plutôt que se contenter d’amasser les données, ce produit les analyse pour générer un exposé de faits. Ce procédé, qui maximise l’utilité des données pour l’humain, est l’atout distinctif de l’entreprise.

« Nous avons une vision simpliste des problèmes complexes liés aux mégadonnées », indique Rory Armes, chef de la direction d’Eight Solutions. « En présentant les données sous forme de texte, on peut les utiliser pour des prédictions. »

Selon M. Armes, les textes créés interpellent les clients comme les tableaux et les chiffres ne savent le faire. Des illustrations interactives convaincantes complètent l’offre, et le client est en mesure de bien interpréter les données, qu’il génère souvent déjà… sans les utiliser.

Eight Solutions a fait ses débuts dans l’industrie du divertissement, mais s’étend depuis au secteur industriel. Récemment, elle œuvre en foresterie, où elle s’emploie à développer des « moulins connectés ».

« Les moulins recueillent de plus en plus de données avec des capteurs, explique M. Armes. Dans le cas d’une scierie, ces données peuvent servir à prévoir, selon les précédents, la panne d’une machine, d’une scie ou d’un convoyeur, par exemple. Les entreprises ont déjà les données qui leur permettent de tirer ces conclusions, mais elles veulent l’information dans un format lisible. »

Comme ThinkData, Eight Solutions utilise les données provenant des capteurs d’une entreprise, les filtre et livre au client une solution Web qui lui permet de prendre connaissance des données et de jouer avec elles.

L’entreprise de M. Armes continue de travailler avec des clients du secteur du divertissement, mais s’étend aussi aux transports, bien qu’il ne puisse en nommer les clients.

« Dans tous les secteurs, on collecte plus de données que ce que l’on sait utiliser, poursuit-il. On a besoin d’outils qui transforment ces données en information utilisable. »

M. Armes, qui exporte vers l’Inde et les États-Unis, affirme que bien que son entreprise ait des concurrents dans le secteur, « les perspectives sont infinies dans le monde des solutions de données sous forme de texte ». Il croit que les entreprises ne pourront dorénavant plus se passer de son approche.

Catégories Technologies et télécommunications

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