L’Avis d’un expert : Le Royaume-Uni

L’Avis d’un expert : Le Royaume-Uni

Q+R avec Charles Edgeworth d'EDC

En 2014, le Royaume-Uni était au nombre des marchés prisés des exportateurs de biens et de services; c’était également la troisième destination en importance de l’investissement direct canadien. Charles Edgeworth, représentant en chef d’EDC au R.‑U., nous fait part de ses propres perspectives pour les entreprises intéressées à se lancer sur ce marché.

Pour les entreprises canadiennes, quels sont les secteurs prometteurs de ce marché?

Traditionnellement, EDC s’est penchée sur les TIC et les industries extractives, c.-à-d. l’exploitation minière et le pétrole et gaz naturel. Nous continuons de voir ces marchés comme étant importants vu la présence dans ces secteurs de multinationales britanniques dont les chaînes de valeur s’étendent jusqu’aux marchés émergents. Une fois qu’elles obtiennent le statut de fournisseur approuvé au R.-U., les entreprises canadiennes peuvent soumissionner les projets internationaux de ces multinationales ayant des partenaires au R.-U. Même s’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, nous voyons également des débouchés dans les secteurs de l’aéronautique et la défense, de l’agroalimentaire, de l’infrastructure et des sciences de la vie.

Quels sont les facteurs socio-économiques qui expliquent ces débouchés?

L’Union européenne (UE) préconise une solide réglementation en matière de mesures environnementales. Ces normes environnementales se reflètent dans les lois et les règlements à l’échelle de l’UE, auxquels le R.-U. doit se conformer. La directive de l’UE en matière de d’énergies renouvelables est un exemple probant, puisqu’elle stipule qu’en 2020, 20 % de toute l’énergie consommée dans l’UE devra provenir de sources renouvelables. Les états individuels ont établi des incitatifs pour les entreprises qui mènent des projets liés à ce secteur; les entreprises canadiennes peuvent tirer profit de ces incitatifs, directement et indirectement. À l’instar d’autres domaines, les données démographiques régionales entraînent elles aussi la création de débouchés pour les entreprises novatrices du secteur des appareils médicaux destinés à une population vieillissante. Jumelés à l’inflation des coûts des soins de santé dont ils résultent du moins en partie, les déficits budgétaires élevés créent à leur tour des occasions pour les fournisseurs novateurs de régime de soins médicaux.

Les entreprises canadiennes ont-elles à faire face avec des obstacles spécifiques au R.‑U.?

Les normes réglementaires peuvent être problématiques. Un bon exemple est le marquage CE, norme à laquelle les entreprises ont parfois peine à se conformer. (Le sigle CE, qui correspond à Conformité Européenne, confirme qu’un produit respecte toutes les exigences européennes applicables en matière de santé, de sécurité, de performance et d’environnement. Voir aussi à ce sujet l’article La conformité au marquage CE, un accès à plus de 500 millions de consommateurs.

Par ailleurs, le secteur de l’infrastructure suscite à son tour des obstacles. À titre d’exemple, des entreprises canadiennes fabriquent des produits qui répondent aux normes canadiennes. Or, cela peut constituer un problème pour les entreprises qui cherchent à vendre au R.-U., et peut même les inciter à implanter une usine de fabrication sur place pour satisfaire aux exigences locales.

De même, il peut être ardu pour une entreprise canadienne d’établir une ligne de crédit avec une banque locale si elle n’a pas d’antécédents financiers au R.-U. Bien souvent, les entreprises sont mal informées en matière de fiscalité, de comptabilité et d’autres questions d’ordre réglementaire. EDC recommande fortement de se référer au Service des délégués commerciaux du Canada, qui possède une expertise confirmée pour ces questions.

Quels sont les prérequis essentiels pour réussir au R.-U.?

Prendre le temps de comprendre toute la réglementation à laquelle il faut se conformer pour pouvoir entrer sur ce marché et y faire affaire. Comprendre les préférences du marché, et consulter un comptable et un avocat ayant une expertise pour les marchés locaux. Éviter de considérer le R.-U. comme un tremplin, mais plutôt comme un marché attrayant en soi. Il est bon de se rappeler que le R.-U. comporte des diversités socioéconomiques et culturelles qui varient selon les points cardinaux. Chacune de ces régions constitue un marché distinct.

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