Vous exportez ou songez à exporter en Nouvelle-Angleterre? Le Consul général du Canada à Boston peut vous aider

Vous exportez ou songez à exporter en Nouvelle-Angleterre? Le Consul général du Canada à Boston peut vous aider

David Alward a été nommé Consul général du Canada à Boston en mai 2015, poste dans le cadre duquel il représente le pays et promeut ses intérêts – notamment le commerce et l’investissement – dans cinq États de la Nouvelle-Angleterre : Maine, Massachusetts, New Hampshire, Rhode Island et Vermont. Il a auparavant été membre de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick pendant 16 ans – il a notamment été le 32e premier ministre de la province de 2010 à 2014 – et fonctionnaire fédéral pendant 14 ans.

Exportateurs avertis s’est récemment entretenu avec David Alward et Thierry Weissenburger, délégué commercial principal à Boston, à propos de l’aide qu’apporte le Consulat général aux entreprises canadiennes souhaitant exporter aux États-Unis.

Exportateurs avertis : Quelle place occupe la promotion du commerce au Consulat général?

David Alward : Nous avons deux grandes priorités, et les deux sont liées au commerce. La première concerne l’écosystème de l’innovation et les échanges commerciaux qui en découlent, grâce à l’accélérateur technologique canadien et, surtout, au travail que nous effectuons auprès des entreprises canadiennes souhaitant pénétrer les marchés américains ou d’obtenir du capital, par exemple. La deuxième priorité touche le secteur énergétique, où nous prévoyons qu’un grand nombre d’exportations canadiennes, notamment dans le domaine de l’hydroélectricité, arriveront sur les marchés du sud de la Nouvelle-Angleterre.

Exportateurs avertis : Quelle est la taille habituelle d’une entreprise faisant appel au Consulat général? S’agit-il de grandes entreprises ou plutôt de petites et moyennes entreprises?

David Alward : Il y a un peu de tout. Pour le secteur énergétique, il s’agit très souvent de grandes entreprises. Par contre, ce sont plutôt les jeunes entreprises qui ont recours à l’accélérateur technologique; je parle ici d’entreprises qui ont passé la phase initiale de conception et comptent un certain nombre d’employés sur le terrain, quoiqu’elles n’en ont parfois qu’un, deux ou trois.

Thierry Weissenburger : Dans la grande majorité des cas – et pas seulement à Boston, mais aussi pour la plupart des Services des délégués commerciaux du monde entier –, il s’agit de PME. À Boston, nous aidons plutôt des petites entreprises, surtout avec notre programme d’accélérateur technologique et les services offerts aux jeunes entreprises, qui sont petites par définition.

Exportateurs avertis : Qui fait habituellement appel à vos services? Le chef de la direction ou le vice-président? Le responsable du développement des affaires?

Thierry Weissenburger : Pour une moyenne entreprise, c’est généralement le vice-président responsable du développement des affaires, qui cherche à développer la filière des ventes. C’est ce qui nous occupe principalement. Nous le mettons alors en contact avec des clients ou des partenaires stratégiques potentiels sur le marché. Dans le cas de petites entreprises qui ne comptent que quelques employés, nous travaillons souvent avec le chef de la direction à développer la stratégie ou même le bassin de clients de l’entreprise.

Exportateurs avertis : Selon vous, est-ce un avantage à Boston d’être une entreprise canadienne?

Thierry Weissenburger : Pas vraiment, sauf pour l’opinion favorable à l’égard des Canadiens, qui sont généralement vus comme des gens aimables. Ce sont plutôt la position et l’offre de l’entreprise qui comptent. Il faut entrer dans l’arène des entreprises locales : s’armer du même savoir-faire et de la même ambition, et avoir quelque chose à offrir.

Exportateurs avertis : Quel est le meilleur conseil que vous pouvez donner aux petites entreprises qui viennent vous voir?

David Alward : Nous avons récemment offert un programme intitulé « 48 heures à Boston », dans le cadre duquel nous avons reçu entre 25 et 30 jeunes entreprises de partout au pays; pendant environ deux jours, elles ont ainsi pu mieux connaître ce qu’offre l’accélérateur technologique canadien de Boston et en savoir un peu plus sur les marchés, le capital-risque, etc. L’une de nos priorités cette année est de faire comprendre aux entreprises canadiennes l’importance de voir grand en matière de croissance et de développement. Elles ne sont pas toujours aussi dynamiques qu’elles pourraient l’être, ce qui nuit parfois à leur croissance et à leur présence sur les marchés.

Thierry Weissenburger : Pour ma part, mon conseil s’applique à la plupart des marchés : ne prenez rien à la légère. Même si Boston et la Nouvelle-Angleterre sont tout près du Canada et qu’il y a une proximité culturelle, ne négligez pas l’adaptation de vos produits ou de votre réseau de distribution. Vous ne pouvez pas prendre de raccourci si vous voulez croître de façon durable. Vous devez y consacrer du temps et des ressources et probablement adapter votre offre aux particularités du marché.

Exportateurs avertis : Trouvez-vous que les Canadiens ont tendance à faire de fausses suppositions sur l’exportation aux États-Unis?

Thierry Weissenburger : Beaucoup de gens pensent qu’on exporte des produits aux États-Unis comme on les vend au Canada. Ce n’est pas le cas : il y a plusieurs différences notables. C’est pourquoi nous avons mis sur pied l’accélérateur technologique canadien pour les petites et les jeunes entreprises. Elles ont ainsi la chance de passer du temps sur le terrain pour gagner la confiance des acteurs locaux, qu’il s’agisse de grandes sociétés ou d’investisseurs, et d’étudier le marché pour être bien préparées et réussir pleinement leur éventuelle implantation. L’exportation demande beaucoup de préparation et une fine connaissance du marché et des clients. Les consommateurs américains et canadiens n’ont pas le même profil.

David Alward : Nous sommes partenaires avec Canadian Entrepreneurs in New England (CENE), un regroupement de cadres supérieurs d’entreprises, de sociétés de capital-risque, d’entrepreneurs et de dirigeants d’établissements d’enseignement composé majoritairement de Canadiens ayant réussi sur le marché qui désirent avant tout aider les entreprises canadiennes à faire de même et ainsi rendre au Canada une part de leur succès. Ces professionnels ont suivi le programme de mentorat du MIT, et environ 70 d’entre eux font du mentorat bénévole auprès de nombreuses entreprises que nous aidons. C’est un immense avantage pour les entreprises qui viennent ici afin de découvrir comment entamer le chemin de la croissance aux États-Unis par l’exportation, la recherche et développement, la mise en contact avec des établissements d’enseignement, etc.

Exportateurs avertis : Comment les exportateurs éventuels peuvent-ils profiter de ce mentorat?

Thierry Weissenburger : Pour l’instant, seules les entreprises participant au programme d’accélérateur technologique canadien à Boston sont jumelées à une équipe de mentors.

David Alward : En passant, Thierry et son équipe viennent d’être nommés meilleurs accélérateurs en 2016 par l’International Business Innovation Association, qui exerce ses activités dans 60 pays et comprend quelque 2 000 membres. C’est une très bonne nouvelle pour notre programme. Le réseau d’accélérateurs technologiques en compte plusieurs, mais celui de Boston est assez unique.

Exportateurs avertis : Outre ce programme, offrez-vous d’autres services aux nouveaux exportateurs ou les dirigez-vous plutôt vers des bureaux commerciaux ou vers EDC au Canada s’ils n’en sont qu’à leur début?

David Alward : Les deux. Il va sans dire que nous travaillons avec les Services des délégués commerciaux au Canada, Exportation et développement Canada, les provinces et les municipalités. Les délégués commerciaux de Boston se spécialisent dans des secteurs particuliers. Par exemple, l’un d’entre eux accomplit un travail colossal dans le secteur des sciences de la vie et un autre, dans l’alimentation. Quand les entreprises entrent en contact avec eux, ils peuvent donc directement les aider ou les diriger vers la bonne personne. Nous comptons des gens exceptionnels dans bon nombre de secteurs pour soutenir les exportateurs.

Thierry Weissenburger : Les nouveaux exportateurs peuvent profiter d’un vaste éventail de programmes. La plupart sont offerts au Canada et gérés par nos bureaux régionaux et les provinces. Certaines initiatives se déroulent aussi directement sur le marché. Par exemple, notre nouveau programme très intensif de six mois intitulé « Fast Runners » prépare les entreprises en phase de croissance à l’exportation et les aide à passer pratiquement d’une jeune entreprise à une entreprise mondiale. Nous avons recours à de nombreux mentors et consacrons beaucoup de temps à ces entreprises, mais nous trouvons que ça en vaut la peine.

Exportateurs avertis : Parlez-nous de votre relation avec Exportation et développement Canada.

Thierry Weissenburger : Nous collaborons très étroitement avec nos collègues d’EDC, que nous connaissons bien. EDC participe également au programme de la plateforme nord-américaine (PPNA), un partenariat entre EDC, Affaires mondiales Canada, quelques organismes fédéraux – notamment Innovation, Sciences et Développement économique Canada (anciennement Industrie Canada) – l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec et l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. C’est un très bon programme pour promouvoir le commerce et nos intérêts économiques aux États-Unis.

Catégories Exportation

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