Le monde a toujours besoin de la capacité d’innovation canadienne dans le secteur pétrolier

Le monde a toujours besoin de la capacité d’innovation canadienne dans le secteur pétrolier

La capacité d’innovation technologique des sociétés pétrolières et gazières du Canada fait depuis longtemps l’envie de tous, mais c’est le ralentissement actuel du secteur de l’énergie qui a mis en évidence l’immense avantage concurrentiel qu’elle leur procure sur le marché mondial.

Mark Salkeld, président et chef de la direction de la Petroleum Services Association of Canada, indique que malgré la conjoncture défavorable pour les secteurs du pétrole et du gaz naturel du monde entier, les entreprises canadiennes connaissent de beaux succès sur plusieurs marchés.

« J’étais en Inde avant Noël et j’y ai repéré des occasions intéressantes pour quelques-unes de nos entreprises membres, dit-il. Un peu plus tôt cette année, j’ai pris part à une mission commerciale du gouvernement de l’Alberta au Mexique et en Colombie. Ces régions présentent aussi des possibilités d’affaires. »

M. Salkeld explique que malgré le ralentissement, diverses sociétés d’État et pétrolières nationales continuent d’explorer et de produire.

« Ces sociétés s’arrachent l’expertise et les technologies canadiennes parce qu’elles savent que dans certains secteurs, nous sommes à des années-lumière de ce qui se fait ailleurs, ajoute-t-il. Nos entreprises membres examinent donc les possibilités internationales. Cette stratégie leur permettra de traverser cette période difficile, tout en leur assurant des sources de revenus stables durant les cycles saisonniers qu’on connaît au Canada, même en période de prospérité. »

D’après le Calgarien Rob Luini, directeur de comptes à Exportation et développement Canada, l’innovation canadienne a beau être un avantage concurrentiel majeur, il n’en demeure pas moins crucial de comprendre le marché mondial et de développer les bonnes stratégies pour tirer son épingle du jeu.

« Par exemple, on voit de petites entreprises se regrouper en consortium pour obtenir de gros contrats qui seraient hors d’atteinte pour un soumissionnaire individuel. En unissant leurs forces devant les pétrolières nationales, elles peuvent offrir des propositions clés en main au lieu de services individuels dans leur créneau, ce qui représente la tendance quand le marché est fort », explique-t-il.

Le marché mondial demeure toutefois très étroit, selon M. Luini, malgré les contrats provenant encore de régions comme le Moyen-Orient, particulièrement d’Oman et du Koweït.

« Il reste du travail, à condition de savoir où chercher et de pouvoir convaincre l’acheteur que vos équipements ou services sont supérieurs et moins chers que ceux de vos rivaux! », poursuit-il.

Plusieurs entreprises canadiennes de services liés aux champs pétrolifères devront surmonter un manque d’expérience en exportation, pour la simple et bonne raison qu’il y a auparavant toujours eu amplement de travail au pays pour remplir leurs carnets de commandes.

M. Salkeld mentionne que l’innovation canadienne est particulièrement poussée dans des domaines comme l’optimisation de la production de gisements existants.

« Au Canada, même si des programmes de forage sont arrêtés, la production continue d’augmenter parce qu’elle est optimisée par l’amélioration des programmes, des installations de surface et des procédés intégrant des technologies de pointe, dit-il. Toutes nos entreprises membres œuvrant dans la conception et l’ingénierie sont occupées. Les occasions sont là. »

Et l’innovation canadienne obtient aussi les faveurs des clients étrangers.

« Des entreprises indiennes, par exemple, recherchent ce qui se fait de mieux en matière de technologie et de services, et c’est exactement ce que nous offrons », affirme M. Salkeld.

Mais les sociétés pétrolières et gazières canadiennes qui débutent dans l’exportation ont du rattrapage à faire, explique M. Luini.

« Réalistement, il faut environ 18 mois pour établir des activités d’exportation viables. Évidemment, mieux vaut être prêt à exporter avant d’y être contraint par les événements, comme le ralentissement actuel », ajoute-t-il.

« À l’instant où le prix du pétrole a commencé à chuter, les téléphones ont retenti dans nos bureaux. Les entrepreneurs demandaient : “Vers quels marchés devons-nous nous tourner? Comment nous y implanter?”, se rappelle M. Luini. Quelques mois plus tard, les entreprises qui avaient obtenu des contrats voulaient savoir comment s’assurer d’être payées et faire en sorte que la banque ne coupe pas leur fonds de roulement. »

M. Luini ajoute que la bonne nouvelle, outre les contrats remportés, c’est qu’un changement profond de mentalité a eu lieu chez les entreprises pétrolières et gazières canadiennes : elles ont compris qu’exporter était un moyen de diversifier leurs activités et de se protéger, dans une certaine mesure, des soubresauts de l’économie intérieure.

Catégories Exportation

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