À quoi pense Mark Rose lorsqu’il pose les yeux sur la profusion de boîtes de céréales qui ornent les rayons des marchés d’alimentation? Aux vastes débouchés qu’offre l’emballage écologique au Groupe Layfield, fabricant de plastique de Richmond, en Colombie-Britannique.
Pour M. Rose, directeur général de la division de l’emballage souple chez Layfield, il est absurde d’emballer des céréales à la fois dans une pellicule plastique et une boîte de carton, alors qu’un sachet recyclable suffit. « C’est tout aussi inutile que de porter deux casques d’écoute ou deux cravates. »
Une livre et demie d’emballages souples équivaut à 50 livres d’emballages en verre, six livres d’emballages rigides en PTE ou trois livres d’emballages en aluminium… et un camion plein d’emballages souples, c’est 26 camions d’emballages en verre. – Groupe Layfield
L’entreprise spécialisée dans la fabrication de pellicules de haute qualité à la fois minces et robustes tentera bientôt de convaincre de grands fabricants américains de céréales d’adopter ses nouveaux emballages sans carton. Et ce n’est là que l’une des initiatives des fabricants de plastique pour réduire l’empreinte environnementale de l’emballage alimentaire.
« Le plastique est souvent perçu comme une grande part du problème, alors qu’il fait plutôt partie de la solution, explique M. Rose. Dans les applications où l’on a recours au plastique, il existe bien rarement d’option plus respectueuse de l’environnement, mais il faut l’employer de façon responsable. Ce ne sont d’ailleurs pas les utilisations écologiques possibles de cette matière qui manquent. »
Innover d’un océan à l’autre
Jan Lembregts, président et chef de la direction d’IPL Plastique, de Saint-Damien, au Québec, abonde dans le même sens : « Tous nos clients, peu importe leur taille, ont une préférence marquée pour l’emballage alimentaire durable. »
IPL a mis au point un contenant novateur en polypropylène recyclable et réutilisable appelé Trustpack. De forme carrée, il occupe moins d’espace que les contenants ronds de même taille : les palettes utilisées pour la livraison peuvent en contenir jusqu’à 40 % de plus.
M. Lembregts explique que « les emballages ronds foisonnent sur le marché parce qu’ils sont plus faciles à fabriquer, mais les contenants carrés sont plus durables », moins coûteux à expédier et moins encombrants sur les rayons.
M. Rose, de Layfield, vante également les vertus de l’emballage plastique souple, qu’il estime beaucoup plus écologique que les autres solutions. « Ce produit se démarque sur bien des plans : bilan carbone, ratio emballage-produit, incidences sur les sites d’enfouissement, consommation énergétique et émissions de dioxyde de carbone. »
Il signale également que les emballages plastiques ne sont pas suffisamment récupérés, bien que la plupart soient recyclables. Les entreprises de recyclage se révèlent en effet peu enclines à récupérer les sacs à pain et à épicerie, les étiquettes thermorétractables des bouteilles d’eau et les pellicules recouvrant les concombres en raison de leur faible poids : les bouteilles de verre et les cannettes en aluminium, plus lourdes, s’avèrent en effet plus rentables. Pour contrer ce problème, l’industrie s’efforce de convaincre les gouvernements de mettre en place des programmes favorisant la collecte porte-à-porte des pellicules plastiques et d’améliorer les programmes de récupération visant les détaillants et l’industrie.
Investir, du Nord au Sud
La plupart des produits de Layfield sont fabriqués dans son usine de Richmond, mais cette entreprise de 400 employés a aussi des bureaux à Edmonton, Calgary, Toronto, Seattle et San Diego, et des centres de distribution au Tennessee et en Australie.
Elle fabrique des emballages alimentaires de toutes sortes, notamment des étiquettes thermorétractables (fine pellicule ajustée aux bouteilles) et des sachets à fond plat, dont la popularité ne cesse d’augmenter – la demande mondiale a crû de 7 % de 2009 à 2010.
Nouveaux marchés, nouveaux créneaux
L’entreprise exporte quelque 40 % de ses produits d’emballage alimentaire aux États-Unis et au Mexique, et fait appel à l’Assurance comptes clients d’EDC pour toutes ces transactions.
« EDC a assuré nos créances sur des marchés qui nous auraient autrement fait hésiter en raison de préoccupations liées au crédit. Nous misons sur cette solution comme mesure d’atténuation des risques pour tous nos comptes clients étrangers », indique M. Rose.
Layfield songe aussi à s’aventurer sur les marchés sud-américains, mais doit d’abord surmonter les difficultés posées par la langue et mieux comprendre les droits de douane dans la région.
L’entreprise doit en outre veiller à répondre aux attentes de ses clients – dont Pepsi – qui « demandent de plus en plus des produits à la fois efficaces et écologiques », ajoute-t-il.
« Le suremballage est fort répandu dans nos sociétés. La fabrication de plastique de meilleure qualité suffirait pourtant pour faire de grandes économies, réduire le bilan carbone et accroître l’efficacité des emballages. »
M. Lembregts d’IPL indique que la tendance à réduire la quantité de plastique dans les produits d’emballage va grandissant partout dans le monde, pour des questions de coûts, mais aussi par souci de l’environnement. « Notre réussite tient à notre capacité d’innover tant dans la conception de produits qu’en matière de durabilité. »
Son nouveau contenant carré Trustpack, par exemple, permet d’économiser de l’espace en plus de proposer un sceau de sécurité, d’où son nom. « Dans le domaine alimentaire, il est très important de pouvoir vérifier si un emballage a été ouvert ou non. Trustpack contribue donc beaucoup à assurer l’innocuité des aliments. »
IPL est une entreprise privée spécialisée dans l’emballage alimentaire, la manutention et les produits écologiques. Ses usines de Saint-Damien, d’Edmundston (Nouveau-Brunswick) et de Kansas City (Missouri) emploient 850 personnes. L’ouverture de l’usine du Missouri l’an dernier s’est soldée par une croissance de la production canadienne. « Une forte présence aux États-Unis y facilite la vente de produits canadiens », affirme M. Lembregts.
« Nous estimons que le marché nord-américain nous offre beaucoup d’occasions d’accroître nos parts de marché et de lancer de nouveaux produits novateurs. »
Dans cet esprit, l’entreprise a mis au point un processus haut de gamme qui permet à ses clients de surmouler leurs étiquettes sur des contenants en plastique carrés plutôt que de les y apposer. « Il s’agit d’un emballage qui est durable parce que carré, qui assure une présentation hautement esthétique de la marque et une présence distinctive sur les rayons et qui est à la fois novateur et peu coûteux. »
L’entreprise se heurte aux mêmes écueils que nombre d’exportateurs canadiens – vigueur du dollar et coûts de transport élevés – mais ses produits novateurs et sa stratégie de créneau lui donnent un avantage concurrentiel. « Nous croyons être en mesure d’offrir de nouveaux produits sur de petits marchés de spécialité et d’y devenir un acteur d’importance. »
Confiant, M. Rose de Layfield affirme quant à lui que l’emballage des céréales pourrait bientôt changer d’aspect. Il lui suffira de convaincre un seul grand fabricant de céréales d’adopter son sachet écologique. « Je crois que l’un d’entre eux fera le saut, et qu’ensuite ce ne sera qu’une question de temps avant que les autres fassent de même. »
Investir dans les chefs de file mondiaux de demain
IPL Plastique est l’une des principales entreprises de croissance dans le portefeuille de Novacap, grand fonds de capital-investissement canadien. L’équipe des industries de Novacap investit dans des entreprises du marché intermédiaire de secteurs traditionnels qui ont le potentiel de devenir des chefs de file mondiaux. Elle appuie le développement de leur technologie et l’intensification de leur présence sur le marché et de leurs activités afin de les aider à croître plus rapidement. Une équipe des technologies investit aussi dans le secteur des TIC.
EDC est un partenaire de Novacap depuis 2000 et a fait des placements dans trois de ses fonds des secteurs des industries et des technologies. EDC a aussi investi dans d’autres projets avec Novacap et fourni des solutions de financement et d’assurance à nombre de ses compagnies en portefeuille.

