Une renaissance signée Rockshield

Une renaissance signée Rockshield

Une usine de contre-plaqué de Cochrane, en Ontario, rouvre grâce à des investisseurs avisés et à la croissance économique américaine.

Le plus grand défi d’une petite entreprise, c’est peut-être de trouver du financement. C’est d’ailleurs l’obstacle auquel s’est butée l’usine de contre-plaqué de Cochrane, il y a deux ans. La demande pour son contre-plaqué et ses produits de pins était là; pourtant, l’entreprise n’arrivait pas à obtenir un financement pour gérer son approvisionnement. Elle a donc dû fermer ses portes fin 2013, laissant quelque 240 personnes sans emploi.

Pour la ville d’à peine plus de 5 000 âmes, c’était une véritable catastrophe. Toutefois, peu de temps après, quelqu’un a vu le potentiel que représentaient ses travailleurs qualifiés et son usine.

Rockshield Engineered Wood Products

« Tout ça a commencé quand on cherchait des machines pour ouvrir une usine », raconte Derek Cathcart, chef de la direction financière de Rockshield. « C’est là que nous sommes tombés sur cette occasion en or. »

Depuis longtemps, M. Cathcart et ses associés connaissent du succès en investissant dans de petites entreprises. Ils ont acheté l’usine de contre-plaqué de Cochrane en sachant que des investissements s’imposaient pour moderniser les machines et faire des rénovations générales. Une bagatelle en comparaison de la construction d’une nouvelle usine. Et en prime, ils avaient accès à de la main-d’œuvre qualifiée sur les lieux.

« Construire une usine de ce genre coûterait plus de 60 millions de dollars, ajoute M. Cathcart. Avec les améliorations prévues à Cochrane au cours des prochaines années, nous allons avoir l’équivalent d’une nouvelle usine pour une fraction du coût. »

L’équipe de Rockshield entend investir dans l’automatisation, en misant sur l’efficacité des opération. « La chaîne de montage offre de nombreuses possibilités de récupérer de l’énergie pour l’utiliser comme source de chaleur ailleurs dans l’usine », explique M. Cathcart.

Demande provenant du marché américain de l’habitation

Lors de la crise économique de 2008, le nombre d’habitations construites aux États-Unis a chuté de 1 million à moins de 400 000. Résultat : l’importation de matières en bois a piqué du nez. Aujourd’hui, comme le nombre de nouvelles maisons a presque retrouvé le niveau d’avant la récession, on veut plus de produits en bois de qualité.

D’après M. Cathcart, ce regain de la demande contribuera au succès de l’usine de Rockshield, comme le fait qu’il reste peu d’usines de contre-plaqué au Canada.

« À l’heure actuelle, plusieurs facteurs économiques jouent en notre faveur : la hausse de la demande de nouvelles maisons aux États-Unis, la faiblesse du dollar canadien, qui fait que les clients américains paient moins cher, et le bas prix du pétrole, qui nous permet d’économiser sur les frais d’expédition, explique M. Cathcart. En fait, le moment ne pourrait être mieux choisi! »

Gestion des risques

À tous ces éléments favorisant la réussite de sa nouvelle entreprise, Rockshield a voulu ajouter une sécurité. L’entreprise a donc demandé à Exportation et développement Canada (EDC) de lui garantir un prêt pour pouvoir gérer ses risques jusqu’à ce que les travaux à l’usine soient terminés.

« Même quand tous les bons ingrédients sont réunis, il vaut mieux avoir une sécurité supplémentaire », dit Guy Racine, directeur principal de comptes à EDC. « Si vos stocks sont garantis, les banques seront plus susceptibles de vous accorder un financement. C’est parfois ce qu’il faut pour qu’une entreprise décolle. »

À sa réouverture, en principe le 6 mai 2015, l’usine comptera seulement 75 employés, mais lorsqu’elle fonctionnera à plein régime, ce nombre pourrait dépasser les 200 employés.

Catégories Foresterie

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