S’établir aux États-Unis a permis de mieux contrôler les coûts et les fluctuations monétaires, et de donner confiance aux clients.
La compagnie ontarienne Skjodt-Barrett Foods Inc., qui a récemment fait profiter l’Amérique du Nord des aliments en sachets pour bébés, a connu dernièrement une croissance à trois chiffres. Si ses « consommateurs » nouveau-nés grandissaient aussi vite qu’elle, à trois ans ils mesureraient quatre mètres!
Or, Skjodt-Barrett n’est pas une jeune entreprise. Depuis presque trois décennies, cette compagnie florissante a cofabriqué des aliments et emballé des produits, dont certains représentent les marques alimentaires nord-américaines les plus connues, notamment en boulangerie.
Son expertise regroupe le développement et la fabrication de confitures, remplissages aux fruits, sauces, marinades et glaçages. Si vous avez déjà mangé une viennoiserie assortie d’un glaçage en sachet, vous avez vraisemblablement goûté à un produit Skjodt-Barrett.
« Nous ne pouvons pas nommer nos clients pour des raisons de confidentialité, mais vous reconnaîtriez leurs noms », note Dan Skjodt (prononcé « Scott »), président et chef de la direction. « Au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales, nos clients veulent que nous les aidions à contrôler les coûts, améliorer les efficiences et lancer de nouveaux produits plus rapidement. »
La compagnie est avide d’innovation, aussi lorsqu’un employé a proposé d’emballer dans des sachets des aliments pour bébés à verser directement dans la bouche, M. Skjodt l’a écouté.
Idée nouvelle, croissance catapultée!
Déjà populaire en Europe, ce type d’emballage naissait en Amérique du Nord. Pour saisir l’opportunité, M. Skjodt a acheté le matériel nécessaire.
L’emballage en sachets se vend à prix d’or, mais il est pratique pour les familles très occupées d’aujourd’hui. Pas besoin de cuillère ou de bol, le sachet à bec verseur offrant une alimentation instantanée. Les tout-petits peuvent se nourrir eux mêmes; quant aux enfants plus âgés et leurs parents, ils apprécieront une récente expansion de la gamme : des sachets de fruits et yogourts pour les collations et les boîtes à lunch.
L’idée du sachet a évolué rapidement. En trois ans, Skjodt-Barrett est passée de 60 employés à plus de 500, et elle est devenue le plus gros producteur nord-américain d’aliments en sachets. Sa capacité de production annuelle dépasse 400 millions d’unités.
Commande de taille
De plus en plus de clients de Skjodt-Barrett voulaient leurs propres sachets, et la compagnie a vite réalisé qu’elle devait agrandir ses installations pour répondre à la montée en flèche de la demande.
« La clé était dans l’emplacement – simplement agrandir notre siège social ne pouvait répondre aux besoins de nos clients, explique M. Skjodt. Il fallait une usine située près de la majorité d’entre eux, aux États-Unis. »
Investir directement aux États-Unis présentait trois autres avantages importants. D’abord, le prix. Vu la chute de l’immobilier américain, M. Skjodt estime que les installations achetées à Lebanon, en Indiana, coûtent environ le tiers d’une usine similaire au Canada.
Ensuite, l’entreprise a gagné la confiance des clients. « L’année du lancement des sachets, c’était nouveau et les clients ont accepté les enjeux frontaliers, mais les propriétaires de grandes marques préfèrent que leurs fournisseurs soient sur leur territoire. On ne peut jamais prévoir les retards en douane. Pour continuer à croître, nous devions être sur place afin de garantir les délais de livraison à nos clients », précise-t-il.
En outre, s’il y a un problème à une usine, on peut se tourner vers l’autre. Enfin, s’implanter dans le pays de ses clients permet de mieux contrôler les coûts, les fluctuations monétaires, les frais douaniers et les taxes, selon M. Skojdt. « En nous approvisionnant et en vendant dans le même pays, nos coûts sont plus prévisibles. »
L’investissement aux États-Unis a aussi profité à l’usine canadienne. « La croissance a incité notre compagnie vieille de 28 ans à retrouver son esprit entrepreneurial.
« Nous avons dû non seulement renforcer notre effectif au Canada pour soutenir l’usine de l’Indiana, mais aussi agrandir celle de Mississauga pour loger nos équipes grandissantes de direction, de R-D et des finances. Ces transformations au Canada n’auraient pas eu lieu sans l’investissement aux États-Unis. »
Financement résolu
Après avoir décidé de monter l’usine en Indiana, il fallait trouver le financement qui la ferait naître. Comme la compagnie travaillait depuis longtemps avec la Banque Royale du Canada (BRC), c’est à elle qu’elle s’est d’abord adressée.
« La BRC hésitait à nous accorder le financement requis de 25 millions de dollars, surtout avec un actif qui consistait en une usine future dans un pays étranger, explique M. Skjodt. Elle nous a donc recommandé d’avoir recours à EDC. »
C’est ainsi que Robert Sanders, directeur principal de comptes à EDC, en collaboration avec l’Équipe des finances, a monté une transaction qui permettrait à l’usine américaine de devenir réalité. « Nous avons prêté huit millions de dollars à Skjodt-Barrett pour acheter le matériel pour la mise en route de l’usine, et ce partage des risques a amené la banque à fournir le reste en toute confiance. »
Par la suite, lorsque les ventes ont bondi de 22 millions à plus de 100 millions de dollars en trois ans, EDC a aussi aidé l’entreprise à doubler sa ligne de crédit en garantissant 50 % de la nouvelle ligne.
Recherche de nouveaux marchés
Tout en jouissant de sa forte croissance aux États-Unis, et de la proximité de ses clients, Skjodt-Barrett se lance sur d’autres marchés comme l’Amérique du Sud et le Mexique, où elle s’attend à réaliser 4 % de ses ventes d’ici la fin de 2014.
« En contribuant à financer notre investissement à l’étranger, EDC est devenue la pièce manquante du puzzle nécessaire à notre essor, dit M. Skjodt. En plus d’avoir facilité notre démarrage, elle restera présente à long terme. Nous nous réjouissons de sa participation et de son appui soutenus. »
Comment investir avec succès aux États-Unis
- Exporter est un excellent moyen d’accroître vos activités, mais lorsque les volumes le justifient, vous installer à l’étranger peut même faire croître votre siège social canadien.
- De nombreuses localités américaines rivalisent pour les emplois et l’essor économique que votre usine peut créer sur place. Après avoir établi une courte liste, communiquez avec les chambres de commerce locales ou les représentants des États et demandez-leur de vous expliquer pourquoi vous devriez vous installer chez eux.
- Considérez votre investissement à l’étranger comme un engagement à long terme et vos nouveaux employés, comme membres de votre équipe mondiale. De plus, votre personnel clé canadien devra se rendre régulièrement sur les lieux.


