Avec la venue de Narendra Modi, les relations entre l’Inde et le Canada sont au beau fixe.

Avec la venue de Narendra Modi, les relations entre l’Inde et le Canada sont au beau fixe.

Pour les chefs d’entreprise comme pour les investisseurs canadiens, l’Inde est une terre d’avenir. C’est un grand pays en voie de développement, qui fait tout ce qu’il faut faire sur le plan politique pour favoriser la croissance.

Le premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, se pose en champion de cette croissance, et sa visite au Canada cette semaine représente un grand pas en avant dans les relations indo-canadiennes.

« La visite de Narendra Modi va accroître la visibilité de l’Inde au Canada, et celle du Canada en Inde, ce qui est capital pour nos relations commerciales, » assure Richard Bale, consul général du Canada à Mumbai. « Le Canada n’est pas aussi visible qu’il devrait l’être aux yeux des Indiens. Les gens en Inde ont tendance à ne pas voir le Canada comme un important partenaire commercial et, en dehors des matières premières, ils ne savent pas quels sont nos atouts. Par conséquent, cette visite permettra de mettre en valeur nos capacités et de promouvoir le Canada comme un partenaire commercial de premier plan pour l’Inde. »

« Il est impératif de prendre conscience de la complémentarité économique qui existe entre les deux pays : le Canada peut offrir à l’Inde ce dont elle a besoin pour continuer à développer son économie et ses infrastructures. Il suffit d’encourager la relation entre nos deux nations pour faciliter les échanges, » ajoute Richard Bale.

Les circonstances de la visite de Narendra Modi invitent sans aucun doute à l’optimisme. En effet, le premier ministre indien a décidé de se rendre au Canada lors de sa première année de mandat, ce qui n’est pas anodin, compte-tenu du niveau de pression internationale auquel il doit être soumis en tant que dirigeant d’une nation qui s’impose comme la nouvelle étoile de l’économie mondiale. Mais il ne s’agit pas que d’une escale symbolique : Narendra Modi va prendre le temps de visiter trois villes canadiennes pour rencontrer personnellement des chefs d’entreprises; autant d’indices positifs, confirmant que l’Inde envisage sérieusement de consolider ses relations avec le Canada.

Pourquoi les chefs d’entreprise et investisseurs canadiens devraient-ils se réjouir?

« Narendra Modi s’est fixé des objectifs très ambitieux, notamment le développement de villes plus intelligentes, du réseau ferroviaire et des transports en commun, ainsi que des télécommunications, » explique Gary Comerford, président-directeur général du Conseil de commerce Canada-Inde. « Il envisage les besoins de l’Inde dans une perspective globale, et je pense que le Canada est en mesure de lui fournir une grande partie des ressources technologiques et intellectuelles nécessaires pour atteindre ses objectifs; nous devons donc faire ce qu’il faut pour participer à cette transformation. »

« Il faut également prendre le consommateur indien en considération. Il y a de plus en plus de familles disposant d’un revenu suffisant pour acheter toute une variété de biens de consommation; il y a quinze ans, le pourcentage, en termes de population, était beaucoup plus faible. Aujourd’hui il y a en Inde plusieurs centaines de millions de personnes qui ont tout à fait les moyens d’acquérir des biens de consommation, et leur nombre continue à augmenter avec la croissance économique, ce qui est une bonne nouvelle pour le Canada, » souligne Gary Comerford.

Dans le passé, il était plus difficile aux entreprises d’avoir accès à ces consommateurs, mais Narendra Modi a pris une série d’initiatives visant à simplifier la façon de faire des affaires dans son pays. Il a notamment entrepris la rationalisation du régime fiscal des sociétés et le lancement de réformes agraires qui, une fois votées, permettront aux entreprises étrangères d’acquérir des biens plus facilement; il prévoit également des projets de construction d’infrastructures de plusieurs milliards de dollars pour améliorer la production d’électricité et les transports dans le pays.

Des accords de libre commerce et d’investissements sont également en cours de négociation.

Que peuvent faire les entreprises canadiennes pour tirer parti de ce contexte prometteur?

Selon Nathan Nelson, représentant en chef d’Export Développement Canada (EDC) en Inde, il y a deux secrets pour réussir en affaires dans ce pays, et les eux sont intimement liés.

Établir des relations et faire preuve de patience.

« En Inde, les affaires sont avant tout fondées sur la relation; il faut établir un climat de confiance avant que des transactions puissent se concrétiser, » explique Nathan Nelson. « Mais cette relation ne peut pas être cultivée par courriel ou par téléphone, comme c’est parfois le cas en Amérique du Nord. En Inde, les gens veulent vous rencontrer en personne, s’adresser directement à vous, et avoir des échanges réguliers dans le cadre de votre relation professionnelle, et pas seulement au début. Vous devez être physiquement présent pour prouver votre sérieux. »

Pour les entreprises qui sont prêtes à s’adapter, les avantages sont considérables.

À titre d’exemple, Nathan Nelson cite McCain Foods. Cette société s’est établie en Inde en 1998, mais il lui a fallu attendre trois ans avant de devenir rentable. Aujourd’hui l’entreprise canadienne détient environ 75 % des parts du marché indien des pommes de terre frites; dans un pays comptant près de 1,3 milliard d’habitants, cela représente beaucoup de frites.

Où les entreprises cherchant à faire des affaires en Inde peuvent-elles trouver de l’aide?

Cela fait maintenant dix ans qu’EDC est présent en Inde et cultive ses relations avec certaines des plus grosses entreprises indiennes, telles que Reliance Industries, le Groupe Tata, Aditya Birla, Larsen and Toubro, et Mahindra & Mahindra Limited, afin de créer des opportunités pour les sociétés canadiennes. Pendant cette période, le volume d’affaires brassé par EDC dans le pays n’a cessé d’augmenter : de 600 millions de dollars en 2004, le chiffre d’affaires est passé à presque deux milliards en 2014.

D’autres organismes canadiens, tels que le Service des délégués commerciaux et le Conseil commercial Canada-Inde ont également contribué à jeter les fondements de la réussite canadienne en Inde.

Grâce au soutien déjà existant et à l’optimisme généré par les vastes réformes entreprises par Narendra Modi, de nouvelles opportunités sont créées et on assiste à un puissant élan d’investissement et de croissance commerciale en Inde.

Cependant, Gary Comerford rappelle qu’en Inde, les choses ne se font pas du jour au lendemain. Les chefs d’entreprise, tout comme les investisseurs, ne veulent pas se mettre à courir avant de savoir marcher. Son conseil :

« Vous devez prendre votre temps, comprendre exactement la nature des relations que vous établissez, apprendre à connaître votre partenaire et passer du temps avec lui. Si vous faites cela et que vous cultivez ces relations dans une perspective à long terme, vous renforcerez vos liens professionnels, ce qui est très important. Autrement dit, faire des affaires en Inde exige un gros investissement sur plan intellectuel, mais l’aspect émotionnel est tout aussi important. »

Voir aussi : Choisir sa stratégie pour conquérir les marchés vastes et diversifiés de l’Inde

Catégories Asie-Pacifique

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