L’avis d’un expert – Q+R avec Stephen Benoit, Représentant en chef, Région des Andes, EDC

L’avis d’un expert – Q+R avec Stephen Benoit, Représentant en chef, Région des Andes, EDC

Il y a environ huit ans, quand Stephen Benoit a été nommé représentant en chef de la Région des Andes, Exportation et développement Canada (EDC) comptait autour de 110 clients en Colombie et au Pérou. Aujourd’hui, elle en a plus de 240, uniquement en Colombie – une augmentation qui se reflète dans la croissance des entreprises canadiennes actives là-bas. M. Benoit, qui a récemment quitté les locaux d’EDC de Lima, au Pérou, pour s’installer dans un nouveau bureau à Bogotá, en Colombie, a répondu aux questions d’Exportateurs avertis, offrant ainsi son point de vue unique sur ce marché.

Vous êtes dans cette région depuis longtemps?

Je travaille en Amérique latine depuis plus de 30 ans et je suis responsable de la région pour EDC depuis mars 2007.

Comment se déroule votre expérience jusqu’ici?

Professionnellement, c’est fantastique. La Colombie sort d’un long conflit armé, et ça bouge énormément partout au pays.

Le Canada est-il bien présent dans ce pays?

Oui. Les entreprises canadiennes sont très présentes ici. D’ailleurs, le Canada a été le premier pays de l’OCDE à conclure un accord de libre-échange avec la Colombie. Nous l’avons donc en quelque sorte « approuvée » avant son entrée en force sur le marché mondial.

Quels sont les principaux secteurs qui présentent un grand potentiel pour les entreprises canadiennes?

La Colombie travaille très activement à ouvrir son secteur du pétrole et du gaz naturel. Beaucoup de petites sociétés pétrolières et gazières voient aujourd’hui le potentiel de ce pays, dont la géologie ressemble à celle des contreforts albertains – les Canadiens ne sont donc pas dépaysés ici. Il y a d’autres secteurs intéressants : les transports, les ressources, l’industrie légère et les TIC. Il faut dire que le pays manque d’infrastructures, et que le gouvernement estime les investissements nécessaires à environ 100 milliards de dollars. Et comme la Colombie souhaite ardemment accroître sa numérisation, le secteur des technologies est riche en possibilités.

Y a-t-il des défis ou des obstacles qui attendent les entreprises canadiennes ici?

Il est relativement facile d’entrer sur ce marché. Sinon, il y a les défis communs à tous les exportateurs, qui doivent apprendre comment faire affaire dans un autre contexte culturel, où la langue est différente, comment penser mondialement et agir localement, ou encore comment concurrencer les entreprises locales ou les acteurs étrangers présents sur le marché.

Quels sont vos meilleurs conseils pour les entreprises canadiennes?

Consultez les organismes gouvernementaux qui font la promotion du commerce international : ils peuvent vous donner d’excellents conseils pratico-pratiques. Échangez avec des entreprises canadiennes pour savoir ce qu’elles pensent du marché. Ne venez pas ici pour faire une vente, mais pour mieux connaître le marché. Parce que si vous voulez faire affaire en Colombie, vous devez en premier lieu comprendre les gens d’ici, leur culture, et utiliser leur langue. Et n’oubliez pas : ce marché n’est pas homogène, alors soyez au fait des particularités de la région que vous ciblez.

Y a-t-il des pratiques culturelles incontournables?

En général, les Canadiens ne sont pas très protocolaires : un simple signe de tête suffit comme salutation. En Colombie, il faut toujours dire bonjour aux gens et leur donner la main. Et au début d’une rencontre, les Colombiens se parlent de leur vie personnelle. Apprendre à connaître les gens personnellement, ça fait partie des affaires ici.

Catégories Amérique centrale et du Sud

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