La manitobaine Best Cooking Pulses récolte ce qu’elle a semé en cette année internationale des légumineuses

La manitobaine Best Cooking Pulses récolte ce qu’elle a semé en cette année internationale des légumineuses

Une entreprise passe de la production de petits fruits, au début des années 1930, à la transformation d’un produit qui figure parmi les plus recherchés au monde et les plus exportés par le Canada.

C’est par hasard que Best Cooking Pulses Inc., dont le siège social est en plein Manitoba rural, a été entraînée sur ce marché – qui se porte très bien et qui semble promis à un bel avenir!

Si de nombreux Canadiens restent interdits quand on leur parle des légumineuses, qui englobent les lentilles, les pois chiches, les haricots secs et les pois, ils seront encore plus surpris d’apprendre qu’elles représentent l’une des principales exportations du pays. Nos producteurs se partagent 35 % de la production mondiale, et, étonnamment, 70 % de cette production est vendue à l’étranger, pour une valeur annuelle de plus de 2,25 milliards de dollars.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré que les légumineuses auraient leur année internationale en 2016, un honneur qui, en 2013, avait propulsé le quinoa au rang de vedette de l’assiette. Et avec raison! Les légumineuses contiennent le double des protéines du blé et du riz, elles sont riches en fibres et elles contribuent à réduire le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’obésité. Quand on sait qu’en plus, leur culture est durable et demande bien moins d’énergie que certaines de leurs rivales, on devine que leur heure de gloire ne fait que commencer.

Best Cooking Pulses Inc. (BCP) exporte depuis ses débuts, en 1936, et l’année des légumineuses coïncide avec son 80e anniversaire.

« C’est une entreprise familiale fondée par mon grand-père », explique Margaret Hughes, qui s’occupe des ventes et du marketing. « Son associé et lui produisaient de petits fruits en Colombie-Britannique. Quand une conserverie s’est installée tout près, ils ont planté des pois pour l’approvisionner, mais dès la première récolte, la conserverie avait déjà déclaré faillite. Les deux associés se sont donc retrouvés en pleine dépression avec une montagne de pois. »

Que pouvaient-ils faire? Stephen Heal a pensé à ses frères d’armes de la Première Guerre mondiale. Les Québécois avaient gagné le surnom affectueux de pea soupers – les mangeurs de soupe aux pois. Il a mis le cap vers l’Est et les ventes ont été tellement bonnes qu’il s’est consacré aux légumineuses.

« Il serait le premier surpris s’il voyait le marché d’aujourd’hui, dit Mme Hughes. Les pois, cassés ou ronds, sont maintenant vendus partout dans le monde; mais le plus encourageant, c’est la hausse soudaine de la consommation de légumineuses en Amérique du Nord. »

Aujourd’hui, BCP, dont la production est certifiée biologique depuis 25 ans, exploite deux fermes en Saskatchewan et au Manitoba. Elle transforme tant des légumineuses traditionnelles que biologiques. En Saskatchewan, BCP casse les pois et nettoie les légumineuses rondes (lentilles, pois, pois chiches).

Au Manitoba, elle produit des farines de légumineuses (rondes ou cassées) et transforme la fibre de pois, de plus en plus recherchée. Ces produits sont vendus tant pour la consommation humaine qu’animale partout dans le monde.

BCP a commencé à transformer la fibre de pois dans les années 1980, avant que la mode ne s’en empare, pour une boulangerie du Royaume-Uni. « Quand on enlève les protéines et qu’on broie la cosse, le produit contient au moins 90 % de fibres alimentaires, explique Mme Hughes. Ajouté au pain blanc, il devient invisible. » Il est aussi utilisé dans les boissons nutritives en poudre.

Mme Hughes s’attend à ce que l’année proclamée par l’ONU fasse exploser les ventes. « Notre entreprise vend des ingrédients santé et bons pour la planète. En braquant les projecteurs sur les légumineuses, l’ONU nous aidera à leur donner plus de place dans l’alimentation. »

BCP a réalisé sa première percée en exportation au Royaume-Uni. Quand la création du marché commun européen a réduit son avantage concurrentiel, elle a exploré d’autres pistes.

« Nous avons mis l’accent sur l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, explique-t-elle. La Chine importe beaucoup de pois et transforme elle-même des légumineuses, mais, tout comme l’Inde, elle privilégie le prix, et non la qualité. »

L’entreprise a néanmoins exporté dans des dizaines de pays sur six continents. « Nous avons des clients en Europe, en Thaïlande, en Amérique du Sud, en Amérique centrale et au Moyen-Orient », précise Mme Hughes.

Les légumineuses sont en vedette aujourd’hui, mais elles ont un riche passé. Les Romains, dans leurs déplacements vers le nord de l’Europe, les appréciaient parce qu’elles sont faciles à transporter; il en est de même pour les voyageurs canadiens, qui comptaient sur elles quand la chasse ne suffisait pas.

« Les légumineuses sont nos alliées depuis toujours », conclut Mme Hughes.

Willy Fogang, le directeur de comptes d’EDC pour BCP, loue l’entreprise pour sa gestion par anticipation. « Elle fait affaire dans de nombreux pays, et nous sommes heureux de l’aider à les conquérir. »

CINQ QUESTIONS POUR MARGARET HUGHES DE BCP

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était dans les années 1940. Je n’ai pas les détails, mais je crois que c’était en Angleterre. 

 

2) Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

Je ne suis pas certaine, je n’étais même pas née! Je sais que mon grand-père avait immigré au Canada depuis le Royaume-Uni, alors il devait savoir qu’il y avait un marché pour les légumineuses en Angleterre.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

C’est très différent, et nous avons bien plus d’aide, comme d’EDC [avec qui nous détenons une assurance comptes clients et une garantie d’exécution] et d’autres compagnies d’assurances en exportation. Il y a aussi des délégués commerciaux, un service qui n’existait pas à l’époque de mon grand-père.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancés en affaires?

Le monde a rapetissé, et les débouchés sont nombreux. Nous sommes impatients de voir la croissance du secteur des légumineuses dans les prochaines décennies.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Elles doivent être prudentes et toujours demander à être payées avant d’envoyer des produits. Bien entendu, elles peuvent aussi compter sur des services comme EDC pour se protéger.

Catégories Agroalimentaire

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