Budget 2016 : Qu’y trouve-t-on pour le commerce et l’exportation?

Budget 2016 : Qu’y trouve-t-on pour le commerce et l’exportation?

Pour les exportateurs et les observateurs du commerce international, le budget 2016 n’est pas aussi attrayant que celui de l’année dernière. Cela dit, certains de ses principaux thèmes – l’innovation, les technologies propres et les dépenses en infrastructures – auront une incidence sur le commerce.

Certains éléments du budget pourraient grandement améliorer les débouchés commerciaux, notamment la révision et la ratification promises de l’Accord économique et commercial global conclu avec l’Union européenne, et la volonté soutenue du gouvernement à sonder l’intérêt des Canadiens envers le Partenariat transpacifique. Le budget 2016, qui prévoit un déficit de 29,4 milliards de dollars et suppose un prix de 25 dollars le baril de pétrole, indique que le gouvernement continuera d’approfondir ses relations commerciales avec les marchés émergents, particulièrement la Chine et l’Inde.

Par ailleurs, le gouvernement s’engage à construire des infrastructures qui faciliteront le commerce, à appuyer les fabricants en réduisant davantage les droits de douane, à favoriser la croissance des entreprises « à impact élevé » et à renouveler l’initiative des accélérateurs technologiques canadiens, que dirige le Service des délégués commerciaux du Canada d’Affaires mondiales Canada et qui recevra 4 millions de dollars en 2016. Ce programme vient en aide aux entreprises canadiennes des secteurs des TIC, des sciences de la vie et des technologies propres en leur offrant du mentorat et des mises en relation sur des marchés mondiaux.

De plus, on mentionne dans le budget le lancement de la nouvelle initiative en faveur des entreprises à impact élevé, mise de l’avant par Exportation et développement Canada, et qui aidera les entreprises visées à « augmenter l’échelle de leurs activités » et à « être plus compétitives sur la scène mondiale ». Le déploiement d’un projet pilote est prévu pour le début avril 2016.

Pour les fabricants des secteurs des biens de consommation et des transports, le gouvernement a annoncé l’élimination des droits de douane qui s’appliquent sur une douzaine d’intrants de fabrication, ce qui se traduira par environ 9 millions de dollars en économies tarifaires au cours des cinq prochaines années. Des consultations publiques seront lancées quant à l’élimination des droits de douane perçus sur certains ingrédients entrant dans la fabrication de produits alimentaires.

En ce qui concerne l’innovation, le gouvernement travaille toujours à définir son programme, mais le budget présente certaines mesures qui aideront les entreprises innovatrices, particulièrement les PME. Ainsi, le gouvernement rendra disponibles 800 millions de dollars au cours des quatre prochaines années pour soutenir les réseaux et les grappes d’innovation, et fournira 50 millions de dollars supplémentaires en 2016-2017 au Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches Canada.

Pour ce qui est des technologies propres et des changements climatiques, le budget a réitéré la résolution d’EDC à devenir un émetteur régulier d’obligations vertes et a prévu l’octroi de 1 milliard de dollars sur quatre ans afin de soutenir de futurs investissements dans les technologies propres des secteurs de la foresterie, des pêches, de l’exploitation minière, de l’énergie et de l’agriculture. Le gouvernement affectera 130 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans au soutien des activités de recherche, de développement et de démonstration portant sur les technologies propres.

Au chapitre des infrastructures, le gouvernement s’est engagé à investir 120 milliards de dollars sur dix ans. La première phase de cinq ans mettra l’accent sur les transports en commun, les réseaux d’aqueducs et d’eaux usées, les logements abordables et la protection des infrastructures existantes contre les effets des changements climatiques. La phase deux du plan – qui sera lancée à la sixième année – ne sera révélée que l’année prochaine, mais on s’attend à ce qu’elle porte particulièrement sur l’amélioration des corridors commerciaux.

« Les médias soupçonnent que la seconde phase comprendra la création de la Banque de l’infrastructure du Canada, qui a été promise dans la plateforme électorale des libéraux et qui n’est pas mentionnée dans le budget », selon l’analyse d’EDC.

Cadeau pour ceux qui travaillent dans le domaine des véhicules propres du secteur automobile : le Fonds d’innovation pour le secteur de l’automobile, qui met l’accent sur les nouvelles technologies, a été prolongé jusqu’à 2020-2021. Parallèlement, le budget consacrera 50 millions de dollars sur cinq ans au secteur de l’aéronautique, et le même montant sur deux ans pour celui du pétrole et du gaz naturel afin de permettre à Ressources naturelles Canada d’investir dans des technologies qui réduiront les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur.

Sur le plan de l’agriculture, le cadre stratégique quinquennal actuel, qui prévoit des dépenses de 3 milliards de dollars, reste en place. Le budget propose de verser 30 millions de dollars sur six ans à des initiatives en agriculture et en agroalimentaire qui soutiennent la recherche avancée en génomique agricole. Est toutefois absente du budget la promesse du gouvernement conservateur de verser 4,3 milliards de dollars aux secteurs des produits laitiers, des œufs et de la volaille pour compenser les concessions faites par ces secteurs quant à la gestion de l’offre dans le cadre de l’AECG et du PTP. On ne trouve pas non plus dans le budget la promesse électorale des libéraux de consentir 160 millions de dollars pour la création d’un fonds d’investissement pour l’agroalimentaire à valeur ajoutée, qui aiderait les entreprises de transformation d’aliments à « mettre au point de nouveaux produits à valeur ajoutée en tenant compte de l’évolution des goûts et des possibilités du marché́ ».

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