Transformer les eaux d’égout en chaleur et en eau potable : une mine d’or pour une entreprise exportatrice de la Colombie-Britannique

Transformer les eaux d’égout en chaleur et en eau potable : une mine d’or pour une entreprise exportatrice de la Colombie-Britannique

Le premier ministre des Îles Cook, menacées par les changements climatiques, a attiré l’attention pendant la conférence de Paris sur les changements climatiques en proclamant : « Nous sommes peut-être un petit pays, mais nous croyons aux grandes actions. »

Lynn Mueller a quelque chose en commun avec ce politicien : il est aussi un homme d’action. Il dirige à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, une petite entreprise de récupération de chaleur qui aide des clients du monde entier à récupérer les eaux d’égout pour produire de la chaleur – et de l’eau potable.

Spécialiste en réfrigération de métier, M. Mueller a commencé à construire des systèmes sur des projets de Metro Vancouver il y a six ans. Aujourd’hui, il a des contrats institutionnels et gouvernementaux aussi loin qu’en Écosse et en Australie. Le concept de son entreprise, International Wastewater Systems, est simple : recycler la chaleur contenue dans les eaux d’égout produites chaque jour.

« Les eaux d’égout sont une ressource très efficace et fiable que l’on retrouve partout, explique M. Mueller. Pourtant, nous gaspillons en grande partie la chaleur qu’elles produisent. »

« Une étude réalisée en 2009 par le U.S. Department of Energy a montré que les ménages jettent aux égouts 350 milliards de kilowatts d’énergie chaque année, ajoute-t-il. Impressionné par ce potentiel, M. Mueller a conçu, avec un entrepreneur en mécanique, le système SHARC (« Sewer Heat Recovery System »), qui fait passer les eaux d’égout par une série de filtres pour en extraire la chaleur au moyen d’échangeurs thermiques et de pompes.

Ensuite, les eaux d’égout poursuivent leur chemin vers l’usine de traitement. Quant à la chaleur récupérée, elle sert à chauffer des immeubles, comme le complexe de 60 unités de North Vancouver où International Wastewater Systems a installé son premier système résidentiel. Récemment, l’entreprise a construit une usine de traitement des eaux d’égout dans le village côtier de Sechelt (Colombie-Britannique) au coût de 30 millions de dollars.

Après ce succès, M. Mueller a engagé un hydrologue chargé de concevoir un système de production d’eau potable à partir d’eaux d’égout, lequel sera dévoilé l’an prochain à la conférence de l’American Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers, à Orlando (Floride).

Selon M. Muller, l’entreprise a pu faire le grand saut sur les marchés internationaux non pas parce qu’elle cherchait activement à percer à l’étranger, mais parce qu’elle possédait des compétences recherchées.

« Nous avons eu de la chance : on voulait vraiment que notre produit arrive sur le marché », explique-t-il, ajoutant que c’est surtout la visibilité sur Internet, les diverses publications et le bouche-à-oreille qui génèrent des affaires. « Nous ne faisions pas de vente active, et il n’y avait pas beaucoup de concurrents. Nous nous sommes simplement efforcés de satisfaire la demande. »

Le modèle d’affaires de M. Mueller varie selon le marché cible. En Europe, où les gouvernements et le secteur privé s’intéressent beaucoup aux technologies vertes, l’entreprise conclut souvent un contrat d’exploitation avec les clients. Elle reçoit alors une part des incitatifs environnementaux du gouvernement tout en restant propriétaire de l’équipement. Aux États-Unis, où elle a maintenant une force de vente, l’entreprise vend directement ses produits.

Parallèlement, la nouvelle sur la technologie de production d’eau potable d’International Wastewater Systems s’est répandue rapidement. « La commission de planification de la Californie, qui cherche désespérément des moyens d’économiser l’eau, veut que nous allions lui montrer notre expertise. »

L’expérience d’exportateur de M. Mueller, quoique courte, lui a déjà beaucoup appris, notamment que « les Canadiens, trop modestes et trop humbles, sous-estiment la valeur de leur proposition ».

« Elles se voient comme de petites entreprises canadiennes qui essaient de s’en sortir. Pourtant, elles proposent des solutions à de nombreux problèmes dans le monde. »

Comme beaucoup d’entrepreneurs indépendants, M. Mueller a d’abord écarté l’idée de demander de l’aide, avouant que la notion de soutien gouvernemental le laissait dubitatif. Cependant, avec la croissance de son entreprise, il admet que les services offerts par Exportation et développement Canada aux entreprises canadiennes en matière de financement, de cautionnement et d’assurances peuvent lui être grandement utiles.

Catégories Ecotechnologies

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