Une entrepreneure britanno-colombienne primée fait voyager la tradition des Premières Nations dans le monde entier

Une entrepreneure britanno-colombienne primée fait voyager la tradition des Premières Nations dans le monde entier

Les Premières Nations pratiquaient la pêche au filet, à l’hameçon et à la palangre pour assurer leur survie bien avant que d’immenses navires en bois traversent l’océan et n’atteignent les côtes d’Amérique du Nord. 

Des poissons comme la morue, l’aiglefin et le saumon étaient essentiels à l’alimentation autochtone, et de délicieuses recettes se transmettaient d’une génération à l’autre.

Selon Ellen Melcosky, membre de la Première Nation des Esk’etemc (anciennement les Alkali), et fondatrice et présidente de Little Miss Chief Gourmet Products Inc., le saumon de sa mère était le meilleur. « Personne ne le réussissait comme elle! », s’exclame-t-elle, enthousiaste.

L’histoire de Little Miss

Mme Melcosky a grandi dans la région de Chilcotin, sur la rive ouest du fleuve Fraser, en Colombie‑Britannique. Sa famille vivait des ressources de la terre, sans eau courante, cultivant carottes, pommes de terre et oignons en abondance – conservés dans des caveaux à racines l’hiver.

À son mariage, elle déménage au sud de la province, dans l’Okanagan, et fait passer sa famille en premier. « Mon mari, employé du secteur minier, s’absentait souvent pour le travail. J’ai choisi de rester à la maison pour élever les enfants, souligne-t-elle. Au moment où notre plus jeune terminait ses études, j’ai ressenti une forte envie de travailler de nouveau. Je voulais déployer mes ailes comme l’aigle majestueux que j’adore. »

Puisqu’elle doit poursuivre ses études pour réintégrer le marché du travail, Mme Melcosky s’inscrit à un programme de formation continue, puis est engagée par l’association intertribale de foresterie de la Westbank First Nation. C’est durant cette expérience que lui vient l’idée de commercialiser son saumon fumé. « Ma mère venait de me donner sa recette secrète de saumure, et mes voisins en redemandaient, croyez-moi! »

Au fil des ans et de ses expérimentations avec la recette de maman, elle incorpore le vin blanc sec à sa saumure. C’est avec des fonds de démarrage de sa famille, d’amis et du Women’s Enterprise Centre, et un plan d’affaires créé par le Service d’assistance canadienne aux organismes (SACO) qu’elle commercialise son produit et fonde Little Miss Chief.

Durant sa première année, la chaîne Eaton est sa meilleure cliente, lui rapportant 140 000 $.

Les saumons ne sont pas tous créés égaux

Des cinq espèces, chacune a une saveur et une composition nutritionnelle uniques. Avec sa chair ferme et son goût riche, le sockeye est un favori des amateurs.

Initialement, Little Miss Chief n’utilise que du saumon sockeye sauvage. Toutefois, soucieuse de la durabilité des espèces, elle opte pour le saumon sauvage kéta. Équivalent au sockeye pour sa qualité et sa texture, il a seulement une saveur moins prononcée vu sa plus faible teneur en matière grasse. Pour cette raison, c’est aussi un excellent choix si l’on surveille sa ligne.

Produit traditionnel, emballage moderne

Le processus de préparation comprend le filetage, la marinade dans le vin et les épices, puis un lent fumage au bois naturel. Sans agents de conservation ni colorants, le saumon est rapidement emballé dans des sachets autoclavables en aluminium doré, puis soumis à une transformation thermique.

Le sachet autoclavable est considéré comme le progrès le plus important dans l’emballage alimentaire depuis la boîte de conserve en métal. Flexible et laminé, il offre la même durée de conservation que ces dernières, mais aussi la capacité de conserver la texture et les nutriments des emballages d’aliments surgelés. Stable à la température ambiante pour au moins cinq ans, le saumon Little Miss Chief n’a besoin d’être réfrigéré qu’une fois ouvert.

Ces processus de production et d’emballage sont inscrits auprès de Pêches et Océans Canada, du Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), et de la Communauté économique européenne (EEC)

Un succès qui n’en démord pas

Actuellement, les produits de Mme Melcosky sont vendus aux Pays‑Bas, en Pologne et aux États‑Unis. Si l’exportation ne représente que 15 % de ses ventes, elle espère lui faire prendre très bientôt son envol par une campagne de marketing ambitieuse à l’étranger.

Little Miss Chief a été finaliste aux prix d’excellence Mishtapew du First Peoples Business Association et a reçu de nombreux prix : un Canada Export Award en 2001, un BC Aboriginal Business Award en 2009, le National Aboriginal Achievement Award en 2010 (maintenant appelé le Indspire) et le Key Business Award de la chambre de commerce de Westbank et du district (commandité par la Westbank First Nation) en 2010.

« Je n’y serais jamais arrivée sans mon mari, affirme l’entrepreneure. Il a toujours cru en mon rêve, et m’a encouragée et soutenue entièrement. »

Aujourd’hui, en plus de sa famille et de ses amis, des centaines de milliers de gens partout dans le monde raffolent de la recette de saumon fumé de sa famille, transmise de mère en fille depuis des générations.

Apprenez-en plus sur le parcours d’exportation d’Ellen Melcosky.

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