« C’est simple, j’obtiens les meilleurs résultats en appelant les clients directement » : le parcours d’exportation d’AR Mining Parts raconté par Alejandra Russo

« C’est simple, j’obtiens les meilleurs résultats en appelant les clients directement » : le parcours d’exportation d’AR Mining Parts raconté par Alejandra Russo

Selon une étude du Conference Board du Canada, les PME de nouveaux immigrants sont plus enclines à exporter, et elles comptent parmi les plus florissantes. Voici une série qui en dresse le portrait.

L’entreprise AR Mining Parts de Toronto exporte des pièces et des composants d’équipement minier dans dix pays, et compte de nombreux clients en Amérique du Sud. Alejandra Russo en est la présidente.

Découvrez son parcours d’exportation réussi.

Alejandra Russo/Alejandra Russo

Où êtes-vous née?

À Buenos Aires, en Argentine.

Aviez-vous des hésitations particulières à l’idée de devenir entrepreneure au Canada? Avez-vous affronté des épreuves, des obstacles?

J’étais avant tout préoccupée par la barrière linguistique, l’anglais n’étant pas ma langue maternelle. Il y a aussi le fait que mon secteur est principalement masculin. Quand j’appelle en Amérique du Sud, je parle surtout à des ingénieurs, en majorité des hommes. Je ne mise pas trop sur le marché intérieur. J’ai parfois l’impression que les hommes ne me prennent pas au sérieux, et je crois qu’ils ont encore plus de pouvoir que les femmes dans l’industrie minière.

Quant aux difficultés, la plus grande a été de trouver des fournisseurs pour plus de 200 gammes de produits différents destinés à l’exportation, car peu de sociétés étaient prêtes à faire confiance à une petite entreprise comme la mienne. Mais maintenant, après plusieurs années en activité, ma réputation est faite. Les résultats parlent d’eux-mêmes, alors les affaires vont bien.

Avez-vous utilisé des ressources ou du soutien pour faire croître votre entreprise? Si oui, qu’est-ce qui vous a été le plus utile?

Au début, j’ai participé à plusieurs ateliers communautaires, mais ils n’étaient pas utiles dans mon cas. De toute manière, ce que j’avais à faire était déjà assez clair : essentiellement, je visais l’exportation. C’est simple, j’obtiens les meilleurs résultats en appelant les clients directement.

L’assurance comptes clients d’EDC m’est extrêmement utile. Pour une petite entreprise comme la mienne, et particulièrement dans l’exportation, cette solution vaut de l’or. EDC m’est d’une aide précieuse.

Auriez-vous souhaité profiter de certaines ressources qui n’étaient pas offertes?

Une subvention publique pour les entreprises en démarrage aurait été bienvenue. L’aide ne court pas les rues, et au départ, il est très difficile de trouver des clients pour une petite entreprise qui doit forger sa réputation.

Quand et pourquoi avez-vous commencé à exporter?

C’était mon plan depuis le début. Même s’il s’agit d’une manière plus complexe de faire des affaires, l’exportation, c’est ce que je connaissais.

Comment décririez-vous votre parcours d’exportatrice?

Très exigeant, mais très positif. Le grand défi venait du fait qu’en traversant la frontière, on ne peut rien cacher. La concurrence peut étudier les stratégies d’une entreprise et tenter de cibler les mêmes débouchés. Il faut y être préparé.

Quelle est la plus grande différence entre faire des affaires au Canada et à l’étranger? Comment vous y êtes-vous adaptée?

Vendre au Canada, ce n’est rien de bien compliqué. Ailleurs, la communication avec les clients, le processus de vente et le déroulement des affaires dans l’ensemble sont très différents. J’ai pu passer aux ventes sur le marché intérieur assez facilement; c’est tellement plus simple. Néanmoins, je conclus encore la plupart de mes ventes à l’international.

On apprend que les entreprises appartenant à des immigrants tendent davantage à tisser ou à renforcer leurs liens d’affaires ailleurs qu’aux États‑Unis. Est-ce que cette idée se confirme par votre vécu?

Oui. J’entretiens des relations dans beaucoup de pays en plus des États‑Unis. J’ai d’ailleurs l’avantage de parler espagnol et italien.

Faites-vous du commerce ou avez-vous des relations d’affaires dans votre pays natal?

Pas à l’heure actuelle, car le climat économique en Argentine n’est pas très favorable dernièrement. J’ai toutefois déjà collaboré avec des gens là-bas; j’essaie en ce moment d’y décrocher à nouveau des contrats et j’ai bon espoir.

De quoi êtes-vous le plus fière dans votre parcours professionnel?

J’ai d’abord réussi à établir mon entreprise dans quelques pays, et j’en compte maintenant 11, dont le Canada. Le nom AR Mining Parts est connu dans tous ces pays au moins, ce qui fait chaud au cœur.

Quel conseil donneriez-vous aux Néo-Canadiens qui veulent se lancer en affaires ou étendre leurs activités?

Il ne faut jamais abandonner. Il faut travailler fort, c’est toujours payant. Les débouchés d’exportation sont nombreux, alors ne vous laissez pas décourager. Retroussez vos manches et lancez-vous! Et je le dis surtout aux femmes : soyez fortes, parce que l’exploitation minière reste un monde masculin. Chaque année, je participe au congrès sur l’exploitation minière, et il y a encore peu de femmes. C’est tout un défi, mais j’adore les défis.

Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les PME au sujet du commerce d’exportation?

Beaucoup ne connaissent pas EDC; pour mon entreprise, son produit est excellent.

Catégories Mines et énergies

Comments are closed.

Affichages connexes