Du petit studio torontois où elle travaillait seule, Rita Vinieris, créatrice de robes de mariée luxueuses, a réussi à forger la renommée internationale de sa marque. Chaque année, des centaines de mariées à la mode, de New York à Los Angeles et de Tokyo à Séoul, avancent vers l’autel dans une robe Rivini.
Il est loin le quartier grec de Toronto, où les parents immigrants de Mme Vinieris s’étaient établis! Sa mère travaillait de la maison comme couturière et son père, homme à tout faire autodidacte, était tant menuisier que plombier ou électricien; leurs talents ont inspiré la petite Canadienne de première génération.
« C’était fascinant de voir quelque chose naître de rien, se rappelle Mme Vinieris. Mes parents transformaient la matière première en chefs-d’œuvre. »
Pendant dix ans, elle apprend son métier dans différentes boîtes de mode et crée en parallèle des vêtements pour des occasions spéciales. Elle lance Rivini en 1995, après avoir conçu des robes de mariée pour deux amies qui n’aimaient pas le style bouffant « Princesse Diana », alors en vogue.
« Il y avait un marché inexploité pour les robes luxueuses, classiques et de bon goût, inspirées de la haute couture », explique-t-elle.
La créatrice a commencé petit, travaillant sur mesure pour une mariée à la fois, mais elle voyait grand : « J’ai toujours voulu créer ma marque et me lancer dans la vente en gros sur le marché américain. »
Ce qu’elle réussit à faire il y a environ 15 ans, lors d’une présentation itinérante à New York, réunissant des représentants de boutiques et des chroniqueurs de mode. Son présentoir créatif et ses robes modernes épurées avaient séduit quelques acheteurs : les exportations ont décollé.
Devant l’immensité du marché américain, cette Canadienne inconnue devait se bâtir rapidement une réputation de fiabilité en livrant des robes haut de gamme éblouissantes.
« C’est tout un défi pour une nouvelle marque, qui doit gagner la confiance des clients », indique la créatrice, qui a dû convaincre les acheteurs que sa petite entreprise était solide et pouvait honorer une commande en six mois. Elle précise qu’il est important d’avoir du financement pour soutenir l’exportation durant les deux premières années, quand la clientèle s’établit.
Les exportations ont augmenté régulièrement alors que Rivini développait ses relations avec les détaillants qui faisaient de bons partenaires et laissait aller les autres.
En 2002, Rivini avait gagné d’importants clients, qu’elle sert toujours. Tony Giancola, le mari de Mme Vinieris, a même quitté son emploi auprès d’un éditeur mondial pour devenir le directeur d’affaires de l’entreprise.
« En cinq ans, nous avions gagné de nombreux prix et étions l’une des dix meilleures marques de haute couture aux États-Unis », souligne Mme Vinieris.
Pour Rivini, l’étude du marché est centrale dans l’exportation : cela lui a permis de repérer les tendances et d’offrir aux détaillants des styles uniques qui complètent leurs propres lignes.
Afin d’augmenter ses exportations, la créatrice a diversifié ses produits. Elle a ajouté une gamme plus abordable de robes de mariée, Alyne Bridal, comportant des créations allant de 2 500 à 4 000 dollars. En 2013, elle a aussi présenté une collection de vêtements de soirée prêts-à-porter, adoptée par les célébrités et offerte chez Bergdorf Goodman, iconique grand magasin de luxe new-yorkais.
Aujourd’hui, Rivini vend ses robes, valant jusqu’à 12 000 dollars, aux États-Unis dans des boutiques de mariage exclusives et chez de grands détaillants comme Neiman Marcus et Kleinfeld.
Les ventes américaines représentent 95 % de son chiffre d’affaires, en raison de l’importante population et du pouvoir d’achat. Ses créations sont aussi offertes par des détaillants haut de gamme au Japon, en Corée du Sud, en Chine, en Thaïlande, à Singapour, au Liban, au Mexique et à Hong Kong.
L’entreprise a enregistré environ 5 millions de dollars de ventes en 2015 et prévoit une augmentation de 15 % cette année.
À Toronto, Mme Vinieris a depuis longtemps quitté son petit studio. Elle gère maintenant un atelier de plus de 930 mètres carrés abritant les aires de conception, de fabrication et d’administration. Elle possède aussi un bureau à New York et impartit une part de sa production et ses relations publiques. L’entreprise emploie 20 personnes (couseurs, coupeurs et poseurs de perles) qui confectionnent et ornent méticuleusement chaque robe.
Selon la firme Global Industry Analysts, vu la tendance pour les cérémonies d’envergure et l’influence des mariages de célébrités et des médias sociaux, le marché mondial des tenues de mariée représentera 80 milliards de dollars (américains) d’ici 2020.
Mme Vinieris souhaite mieux établir sa marque sur le marché européen et au‑delà.
« Nous voulons nous implanter en Irlande, au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Turquie, en Russie, aux Émirats arabes unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande », annonce-t-elle.
Malgré l’expansion de Rivini, l’amour de la créatrice pour son métier reste immuable.
« J’adore voir mes créations sur une mariée; chaque robe prend vie et revêt une personnalité lorsqu’on l’enfile! »
Plus d’aperçus au sujet de l’exportation avec Rita Vinieris de Rivini sont disponible ici.

