Offerte par la Canadian Organic Maple Company

La sève coule à flots pour la Canadian Organic Maple Company

Il n’y a pas de recette toute faite pour réussir en affaires, et c’est encore plus difficile si on connaît peu le domaine.

Parlez-en à Gus et à Sandra Hargrove. Leur projet de retraite, commencé il y a 15 ans, est devenu une entreprise florissante qui exploite des terres de la Couronne dans le petit village de Divide, au Nouveau-Brunswick.

C’est en 2000 que la Canadian Organic Maple Company s’est lancée dans l’exportation de sirop d’érable, l’un des produits les plus célèbres du Canada. Exploitant à l’époque 30 000 arbres, le couple en a ensuite ajouté 10 000 chaque année jusqu’à ce que la tempête post-tropicale Arthur vienne en faucher 39 000 en juillet de l’an dernier.

Le couple s’est toutefois relevé rapidement et viserait maintenant un objectif de 250 000 arbres. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 20 personnes à temps plein, en plus du personnel à temps partiel engagé durant la récolte.

« En repensant à nos débuts, nous réalisons que nous avons pris un risque énorme, confie Mme Hargrove. Nous ne connaissions à peu près rien de l’acériculture. »

« Il a d’abord fallu ouvrir des chemins pour accéder au terrain. Une grande partie de notre épargne-retraite allait y être consacrée. Étions-nous craintifs? Oui. J’étais très inquiète à cause de l’importance de l’investissement, qu’on ne pourrait récupérer qu’au prix d’un travail extrêmement acharné. Je craignais même de ne jamais revoir cet argent. »

Bien entendu, les Hargrove voulaient bien se préparer. Plusieurs années passées dans une branche de l’ingénierie près du secteur de l’alimentation leur avaient fait comprendre l’importance des contrôles préalables et d’un solide plan d’affaires. De plus, une conjoncture favorable et des recherches approfondies n’ont certes pas nui.

Un périple en Nouvelle-Zélande

Lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande, à la fin des années 1990, les Hargrove ont constaté la grande popularité des aliments biologiques. « En revenant, nous avons décidé de produire du sirop biologique », raconte Mme Hargrove.

La décision était courageuse. L’industrie acéricole était sur le point de connaître une croissance extraordinaire, mais rien ne garantissait qu’il y aurait une clientèle prête à payer plus pour du sirop d’érable biologique.

Le chemin vers le « bio »

Convaincus que le marché des aliments biologiques allait se développer, comme en Nouvelle-Zélande et en Europe, les Hargrove se sont affairés à obtenir les certifications nécessaires.

Avant longtemps, ils réaliseraient qu’ils avaient vu juste. Une fois la première cuvée embouteillée et prête pour la vente, Mme Hargrove a fait appel à un petit organisme provincial qui aidait les entreprises à trouver des débouchés à l’étranger. Elle s’est donc retrouvée à l’un des salons de l’alimentation les plus « huppés » des États-Unis.

« J’étais à New York, au début de juillet, et j’étais bouche bée!, relate-t-elle. L’événement était énorme. Mais à l’échelle mondiale, l’industrie acéricole est minuscule, et elle ne représentait que trois ou quatre kiosques au salon. »

Mme Hargrove a donc distribué les cartes professionnelles, discutant avec quiconque était intéressé et se croisant les doigts.

Une lueur d’espoir est apparue à l’un des kiosques acéricoles. Une représentante, jetant un œil à la carte que lui avait remise Mme Hargrove, a glissé à son collègue : « C’est exactement ce que nous cherchons. »

Le mot clé : biologique. Il s’est avéré que cette entreprise cherchait du sirop d’érable biologique pour un client important, mais n’arrivait pas à trouver de producteur.

« La semaine suivante, nous avons reçu un appel, poursuit Mme Hargrove. Et notre première cuvée était vendue. L’étiquette “biologique” a gagné en popularité, et nous avons pris notre envol. »

Or la croissance résulte souvent de plusieurs facteurs. Les Hargrove savent qu’ils sont arrivés au bon moment. Les aliments biologiques font fureur un peu partout sur la planète – en particulier aux États-Unis, au Japon et en Europe – et il reste de nombreux érables à entailler sur le terrain loué à la Couronne.

La création d’une telle entreprise nécessite un investissement majeur, et M. Hargrove mentionne le rôle important de l’aide gouvernementale reçue sous forme de prêts de développement, aujourd’hui remboursés. Il souligne également l’apport d’EDC durant les premières années.

« Au début, les clients n’étaient pas disposés à payer d’avance, car ils n’avaient pas pleinement confiance en nous; de notre côté, nous ne pouvions expédier notre produit sans avoir été payés », affirme-t-il. Les acheteurs voulaient avoir la preuve que la Canadian Organic Maple Company était digne de confiance. « EDC nous a aidés à établir notre réputation. Maintenant, nous n’avons plus besoin de cet appui, mais à l’époque, il a été très utile. »

De toute évidence, cette entreprise canadienne par excellence a su maîtriser l’art de transformer un projet de retraite tout simple en une aventure prospère.

Sans nul doute, les Hargrove sont heureux du chemin parcouru par l’entreprise familiale depuis le jour où ils sont « allés dans la forêt pour y bâtir une communauté ».

Catégories Agroalimentaire et foresterie

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