L’Afrique du Sud et le reste du continent, une manne pour les opportunités

L’Afrique du Sud et le reste du continent, une manne pour les opportunités

Riche en ressources, l’Afrique du Sud recèle bien des débouchés pour les entreprises canadiennes, et pas seulement les grandes : les PME trouveront aussi leur compte là-bas, tout comme ailleurs sur le continent.

« Les économies dépendantes des matières premières sont malmenées ces temps-ci », explique Peter Hall, économiste en chef à Exportation et développement Canada (EDC). « Mais celles qui ont profité des périodes de prospérité pour se doter des structures nécessaires à leur viabilité sont pleines de promesses, et l’Afrique du Sud est assurément du nombre. »

Ainsi, EDC a ouvert la semaine dernière un bureau permanent à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour aider les entreprises canadiennes à exploiter ce potentiel. Le bureau est aussi une porte pour tout le continent.

JV Driver est une de ces entreprises canadiennes qui ont vu le potentiel de l’Afrique.

« L’Afrique est un apprentissage », estime Richard Jones, directeur, Développement des affaires. « Nous avons commencé à y faire de la prospection il y a 18 mois. Ça va lentement, nous le savons tous. La politique évolue, le programme change souvent aussi, alors c’est exigeant. Deux pas en avant, un pas en arrière… Il faut de l’endurance pour rester dans la course et croire en ce que nous faisons. »

M. Jones dit que l’Afrique correspond aux ambitions de son entreprise en matière de grands projets d’infrastructure. « Il y a une croissance, mais aussi de la concurrence, et le risque est plus important qu’ailleurs. Espérons que les avantages seront proportionnels et qu’une surveillance appropriée permettra de gérer le risque en cours de route. »

JV Driver, spécialisée dans l’industrie lourde et la construction d’infrastructures, a été mandatée par la Ports and Harbours Authority du Ghana pour construire un terminal à conteneurs intérieur, un projet de 110 millions de dollars américains. L’entreprise est aussi en négociations pour un projet d’aéroport régional en Tanzanie, sans compter qu’elle lorgne du côté de l’Ouganda et du Botswana.

Des PME canadiennes comme JV Driver espèrent accéder aux chaînes d’approvisionnement africaines grâce au réseau d’EDC et à la nouvelle délégation installée au haut-commissariat du Canada en Afrique du Sud. Certaines entreprises d’Afrique australe, comme la multinationale de télécommunications mobiles MTN, sont parvenues à étendre leurs activités aux quatre coins du globe.

« Cet accès n’est pas nécessairement limité à l’Afrique du Sud ou au continent africain, il pourrait prendre une dimension mondiale », dit Mairead Lavery, première vice-présidente, Développement des affaires à EDC. « Nous allons travailler fort pour créer des ponts, trouver des moyennes et grandes entreprises africaines qui veulent acheter et déterminer comment l’offre canadienne peut répondre à leurs besoins. Nous étudierons le rôle d’intermédiaire et de financeur qu’EDC peut jouer en vue d’inciter les pays africains à se tourner vers des fournisseurs canadiens. »

« Ces cinq dernières années, EDC a facilité entre les entreprises africaines et canadiennes des affaires qui ont rapporté 7,4 milliards de dollars américains », a dit Jean-Bernard Ruggieri, représentant en chef, Afrique à EDC, lors du discours d’inauguration du bureau de Johannesburg. « Ce soir, nous vous annonçons que, pour les cinq prochaines années, nous visons 10 milliards. »

JV Driver a déjà profité des services offerts par EDC en Afrique.

« Nous sommes très contents de notre expérience avec EDC, dit M. Jones. Nous entretenons ensemble une collaboration étroite et nous voulons qu’elle dure. »

La délégation d’EDC à Johannesburg prévoit établir des relations avec les grandes entreprises sud-africaines qui contrôlent les chaînes d’approvisionnement de la région subsaharienne. Mme Lavery précise que la Société ciblera aussi des économies comme le Ghana, le Nigéria et le Kenya, et d’autres ayant un potentiel à court terme comme l’Angola, le Botswana, le Cameroun, le Gabon et la Tanzanie.

Les secteurs où les besoins des entreprises africaines cadrent bien avec l’expertise canadienne sont les industries extractives (mines, ressources naturelles, pétrole et gaz naturel), l’infrastructure (génie routier et portuaire), les télécommunications, la technologie propre, le transport et l’agriculture. Par ailleurs, l’industrie légère, les soins de santé et les sciences de la vie sont en émergence.

L’économiste Peter Hall pose un regard optimiste sur l’Afrique du Sud : il trouve qu’elle s’est bien préparée pour « surfer sur les vagues de croissance à venir ». Il souligne que le Forum économique mondial a classé le pays 49e sur 140 pour la compétitivité et 12e, juste après le Luxembourg, pour le développement des marchés financiers. Le forum indique aussi que l’Afrique du Sud héberge les plus grandes banques commerciales du continent et 40 % des entreprises africaines cotées en Bourse. Son environnement d’affaires, le plus novateur et sophistiqué d’Afrique, est au 36e rang mondial.

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