Neil D’Souza et Ben Webster ont consacré les six dernières années à concrétiser un rêve à la vitesse du son.
Un son clair comme le jour, mieux qu’en stéréo.
Les cofondateurs de la jeune entreprise torontoise Mass Fidelity révolutionnent comment les audiophiles de ce monde écoutent leurs listes de lecture préférées sur leur appareil mobile grâce à une enceinte sans fil de pointe appelée « Core ».
« C’est la réalité virtuelle, version audio, explique M. D’Souza. L’unicité de notre technologie, c’est l’acoustique qui crée l’illusion de deux haut-parleurs très espacés – c’est une façon raffinée de dire que nous en améliorons la qualité. »
Phénomène bien canadien, l’innovation technologique est le moteur de l’entreprise, fondée en 2007 et axée sur les produits audio analogiques, avant qu’elle se tourne vers les produits audio numériques en 2012. Depuis, Mass Fidelity a lancé son premier haut-parleur grand public avec des systèmes de traitement numérique des signaux (DSP) et une architecture ARM (Advanced RISC Machine) pour créer une image sonore holographique multidimensionnelle, ou « bulle acoustique » – produisant une expérience équivalente à l’écoute par deux haut-parleurs haut de gamme.
« Il n’est plus nécessaire d’avoir deux haut-parleurs pour obtenir un son stéréo, affirme M. D’Souza. Avec l’enceinte Core, vous pouvez écouter vos chansons préférées et croire que c’est un nouvel enregistrement parce que vous percevez un instrument pour la première fois. »
Un élément majeur du passage récent de 3 à 20 employés l’année dernière et de la réussite mondiale de l’entreprise est la campagne de sociofinancement de 2014 sur Indiegogo, qui a financé une partie de la conception de l’enceinte Core et du caisson d’extrêmes graves qui l’accompagne pour en améliorer le son. Le produit Relay de l’entreprise, un convertisseur audio numérique à analogique Bluetooth très haute fidélité, était déjà en vente en Amérique du Nord et en Europe à la réception de ce nouveau financement opportun.
Mass Fidelity a dépassé son objectif global de se procurer 48 000 USD la première journée sur Indiegogo, recueillant de plus de 4 800 bailleurs de fonds un total de 1,5 million de dollars. Elle a généré un autre million de dollars en préventes avant de commencer la distribution de l’enceinte Core à sa clientèle dans 102 pays vers la fin de l’année dernière.
« Ça a changé la donne », reconnaît M. D’Souza, pianiste depuis l’âge de quatre ans, qui admet faire semblant de jouer en écoutant sa liste de lecture préférée avec son enceinte Core. « En plus de dépasser toutes nos attentes (financières), notre entreprise est réellement devenue internationale du jour au lendemain. »
Aujourd’hui, la majorité des ventes de Mass Fidelity proviennent de sa boutique en ligne, mais les magasins de détail gagnent rapidement du terrain à mesure que la société établit des partenariats et des canaux de distribution. « Nous livrons littéralement aux quatre coins du monde, affirme M. D’Souza, mais je m’attends à ce que les magasins traditionnels deviennent peu à peu la principale source de ventes. Un tel haut-parleur, les gens ont besoin de l’essayer pour bien en saisir la valeur – et pas juste de lire des critiques en ligne. »
Mass Fidelity a son siège social à Toronto et un bureau satellite à Montréal, en plus de bureaux de vente régionaux à Seattle, au New Jersey, à Londres et à Hong Kong, et des distributeurs partout en Europe.
Les États-Unis sont le principal marché d’exportation de l’entreprise, en raison de leur proximité et de la taille de leur marché de l’électronique grand public – selon le Bureau of Economic Analysis américain, l’appétit des consommateurs pour ces produits représente 224 milliards de dollars.
Mass Fidelity a progressivement appris à relever les nombreux défis du commerce international : s’orienter dans le dédale complexe des règlements, des règles fiscales, des opérations de change, des questions linguistiques relatives à l’emballage et au marketing, et des exigences juridiques.
« Il faut bien saisir la complexité de l’exportation et ne pas avoir les yeux plus grands que la panse, soutient M. D’Souza. Il est crucial de miser sur les marchés qui peuvent offrir le meilleur rendement, tout en respectant les contraintes logistiques de son entreprise. On ne peut introduire une entreprise sur le marché mondial, caractérisé par une panoplie de règles, de règlements, de devises et de langues sans trouver des marchés qui ressemblent un tant soit peu à son propre modèle commercial. »
L’entrepreneur ajoute que la réussite des transactions d’exportation exige des recherches et l’établissement de partenariats stratégiques sur des marchés importants, pour gagner temps et argent.
« Même si vous avez assez d’argent, tenter de mettre en place une organisation commerciale ou un organisme auxiliaire à l’étranger n’est pas du tout rentable au début, précise M. D’Souza. Il vaut mieux conclure un partenariat avec un distributeur ou un représentant des ventes local, et lui fournir ce dont il a besoin pour réussir, comme nous l’avons fait. »
Pour continuer sur sa lancée, Mass Fidelity s’efforcera de préserver son avance sur la concurrence et de faire connaître l’enceinte Core.
« Nous rêvons que l’enceinte Core conquière les salons du monde entier, admet l’homme d’affaires. Nous voulons que la marque Mass Fidelity soit reconnue comme étant à l’avant-garde de l’audio. Nos futurs produits comporteront des caractéristiques et des technologies qui semblent irréalisables. »

