La Conférence GLOBE 2016 révèle l’intérêt de l’ANASE pour les technologies vertes et propres

La Conférence GLOBE 2016 révèle l’intérêt de l’ANASE pour les technologies vertes et propres

Depuis que Ridwan Kamil est devenu – il y a de cela presque trois ans – maire de Bandung, les citadins de la troisième ville la plus populeuse d’Indonésie passent plus de temps à fouler l’herbe verdoyante que les allées de grands magasins.

Architecte à New York et à Hong Kong avant de devenir politicien, M. Kamil nourrit une vision : revitaliser la ville indonésienne où il a grandi, principalement par l’aménagement écologique.

Dans les deux dernières années seulement, M. Kamil a supervisé la création de dix nouveaux parcs à Bandung et a déployé d’immenses efforts pour augmenter l’offre de transports en commun, notamment par l’ajout d’autobus électriques. Il voudrait qu’un jour, au lieu des 20 % actuels, 80 % des résidents de la capitale indonésienne de la province du Java occidental choisissent les transports publics.

À la dernière conférence GLOBE 2016 à Vancouver, M. Kamil recherchait activement des partenaires commerciaux et des investisseurs pouvant l’aider à concrétiser ses rêves – dont il estime le coût à environ 4 milliards de dollars américains « uniquement pour les projets verts ». Il veut faire de Bandung la « ville la plus heureuse » d’Indonésie afin qu’elle devienne un modèle pour les autres municipalités du pays.

« Ce que je souhaite trouver ici, et du reste partout ailleurs au cours des prochaines années, c’est un groupe d’entreprises capable d’offrir les infrastructures nécessaires à mon projet, surtout en matière de technologies propres, mais aussi des investisseurs », souligne M. Kamil à la table ronde intitulée « Spotlight on ASEAN » à GLOBE 2016. Les partenariats public-privé, courants au Canada, sont aussi un modèle d’affaires qu’il aimerait instaurer dans son pays.

« La réussite de Bandung pourra servir d’exemple aux 500 autres villes d’Indonésie », ajoute-t-il.

La transformation de Bandung fait écho aux changements rapides en cours dans les dix pays d’Asie du Sud-Est qui forment l’ANASE – dont l’importance ne saurait être sous-estimée. De fait, l’ANASE est la septième économie de la planète et rassemble environ 10 % de la population mondiale.

Selon la Banque asiatique de développement, pour continuer à faire tourner leur économie, les pays de l’ANASE devront investir annuellement 100 milliards de dollars jusqu’en 2020 dans leurs infrastructures durables – des installations de traitement des eaux usées aux bâtiments écologiques, en passant par les réseaux électriques intelligents.

Ces investissements généreront de formidables débouchés pour les entreprises canadiennes, surtout celles du secteur des technologies propres.

« C’est dans l’exportation que réside tout le potentiel de croissance du Canada », affirme Cameron MacKay, directeur général des secteurs commerciaux à Affaires mondiales Canada.

Cependant, percer le marché de l’ANASE pose son lot de défis, qui sont parfois différents de ceux d’autres marchés internationaux.

« Des dirigeants d’entreprise nous disent que l’Asie est dans leur ligne de mire, mais qu’ils sont intimidés par la taille imposante du marché », explique Don Purka, conseiller au bureau du directeur général du service des activités du secteur privé à la Banque asiatique de développement, aussi présent à GLOBE 2016.

À son avis, les entreprises canadiennes doivent cibler leurs efforts, notamment sur un pays ou deux au début, avant de convoiter la région économique en entier puisque chaque pays a une culture, une économie et un cadre réglementaire qui lui sont propres.

« Repérez le meilleur endroit [selon votre produit ou service] », puis formulez un plan d’affaires en conséquence.

M. Purka conseille aussi aux exportateurs canadiens souhaitant s’implanter sur le marché de l’ANASE de former une coentreprise afin de profiter à la fois d’un appui financier et d’une expérience sur le terrain. Par exemple, nombre de sociétés locales du secteur de l’énergie ont besoin d’une expertise en matière de technologies propres pour réduire leurs émissions et accroître leur productivité.

« Pour les compagnies canadiennes, il s’agit de la meilleure façon de s’établir sur le marché », affirme M. Purka.

Par ailleurs, Anthony Watanabe, directeur général de l’entreprise de Bangkok Asia Clean Innovations, insiste sur l’importance des relations.

Lorsqu’il a déménagé son entreprise en Thaïlande, il y a près de deux ans, M. Watanabe croyait savoir comment tisser de bonnes relations d’affaires, fort de son expérience au Canada.

« J’ai dû tout réapprendre, confie-t-il. Et le processus continu, car ce marché est très différent. »

M. Watanabe précise en guise de conclusion : « On ne peut sous-estimer la valeur stratégique des relations. »

Catégories Ecotechnologies

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