Nouveau Centre d’échange du renminbi : quatre points à retenir

Nouveau Centre d’échange du renminbi : quatre points à retenir

L’ouverture aujourd’hui au Canada du premier Centre d’échange du renmibi (RMB) dans les Amériques marque un tournant historique pour les relations commerciales Canada-Chine : cet événement devrait inciter plus de compagnies canadiennes à conclure des affaires en monnaie chinoise.

À la fin de 2013, le RMB a dépassé l’euro dans les échanges internationaux, devenant ainsi la deuxième devise la plus utilisée à ce titre, le dollar américain conservant le premier rang. En fait, le RMB est des devises les plus stables depuis la crise financière mondiale, ce qui lui a valu la confiance des investisseurs étrangers.

Quelles conclusions doivent en tirer les compagnies canadiennes? Voici quatre points à retenir.

1. Davantage de commerce avec la Chine

La Chine est actuellement le deuxième partenaire commercial du Canada, nos exportations vers ce pays ayant totalisé plus de 77 milliards de dollars en 2014. Le Centre d’échange du RMB devrait stimuler ces exportations en rendant les transactions plus efficientes et plus faciles pour les acheteurs chinois. On estime qu’il devrait engendrer des retombées commerciales directes de plus de 30 milliards de dollars.

« Permettre aux acheteurs chinois de payer leurs importations en RMB créera des retombées immédiates pour les compagnies canadiennes, particulièrement les PME », a souligné Gregory Chin, professeur d’économie politique à l’Université York. « Cela devrait entraîner des augmentations de volumes, ainsi que des retombées à plus long terme par la création de partenariats plus solides entre les deux pays en matière de commerce et d’affaires. »

2. Réduction des coûts et des délais

Lorsque le paiement est libellé en USD, les transactions sont plus lentes, plus compliquées et plus chères. Avant l’existence du Centre d’échange, les transactions pouvaient passer par une troisième devise et prendre de six à douze mois, un autre accord devant être négocié avant que le CAD et le RMB puissent faire l’objet d’échanges directs.

« Pour les compagnies qui achètent de la Chine, la capacité de payer leurs importations en RMB peut entraîner des économies, précise M. Chin. En faisant payer ses exportations en RMB, une compagnie canadienne permet à son service de la trésorerie de diversifier ses devises et ses participations financières pour mieux gérer les risques étrangers. »

3. Avantage concurrentiel pour les compagnies canadiennes

Il existe déjà un certain nombre de Centres d’échange du RMB dans le monde, mais celui-ci, le premier dans les Amériques, donne un avantage aux compagnies canadiennes sur leurs homologues états‑uniennes. Lorsque les institutions financières canadiennes seront plus à l’aise pour conclure des transactions en RMB, cela donnera une longueur d’avance à nos compagnies lors des soumissions.

« En ayant la possibilité de libeller les contrats en RMB, les compagnies canadiennes seront à égalité avec celles qui se trouvent dans d’autres centres d’échange, comme l’Australie, l’Allemagne et le Royaume-Uni », fait remarquer Daniel Koldyk, analyste principal, Services de recherche, à EDC. « Nos concurrents sont en train de lancer des solutions novatrices en RMB. Il faut que les compagnies canadiennes soient capables de suivre le courant. »

4. Avantages pour les secteurs des produits de base

La majorité des exportations du Canada destinées à la Chine sont des produits de base, comme les métaux et les produits agricoles. L’expansion de la classe moyenne chinoise a contribué à la demande accrue dans ces secteurs, car ces consommateurs disposant d’un revenu plus élevé recherchent davantage de produits de luxe. La capacité de commercer en RMB devrait permettre aux fournisseurs canadiens de ces secteurs de bonifier leurs marges bénéficiaires.

« La croissance des échanges commerciaux en RMB au Canada donne aussi l’occasion de développer de nouveaux produits liés au RMB pour les titres, les produits de base et les contrats à terme canadiens », assure M. Chin.

Étant donné le potentiel de croissance en Chine, Exportation et développement Canada (EDC) a contribué en mars 2015 à ouvrir de nouvelles portes en émettant une troisième obligation en RMB d’une valeur d’un milliard de RMB. En savoir plus

Voir aussi: Les obligations Dim Sum, pour préparer l’avenir sur le marché chinois

Pour en savoir plus sur les débouchés offerts aux entreprises canadiennes en Chine, cliquer ici.

Catégories Asie-Pacifique

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