Répondre aux besoins des médecins technophiles du Brésil

Répondre aux besoins des médecins technophiles du Brésil

L’avenue Paulista, à São Paulo, compte­rait plus de tomographes (appareils d’imagerie médicale, notamment à rayons X et à résonnance magnétique) que l’ensemble du Canada. C’est l’anecdote qu’utilise Avi Zins, consultant chevronné en soins de santé chez CareI Strategic Consulting (Brésil), pour illustrer deux caractéristiques du marché brésilien que devraient retenir les exportateurs et les investisseurs canadiens.

D’abord, son secteur des soins de santé est moderne et en plein essor, et son personnel médical est parmi les plus qualifiés au monde. Ensuite, le pays tient particulièrement à acquérir de la technologie médicale et des systèmes de soutien des TI de pointe afin d’améliorer et de simplifier la prestation de ses soins de santé.

Débuts modestes

Si les obstacles au commerce au Brésil semblent insurmontables pour certaines PME, M. Zins rappelle que même Amil, la plus importante société brésilienne de soins de santé privés, a eu d’humbles débuts. Son fondateur déclare être littéralement passé de la misère à la richesse : d’abord cireur de chaussures près d’un grand hôpital, ses conversations avec des clients médecins l’ont incité à étudier la médecine, puis à fonder Amil, qui compte aujourd’hui quelque 20 hôpitaux au Brésil et traite plus de six millions de patients. En 2012, la société a été vendue au géant américain UnitedHealth Group pour près de 5 milliards de dollars.

Pour faire affaire au Brésil, consultez le nouveau guide d’EDC.

« Les médecins brésiliens adorent la technologie », affirme M. Zins, récemment invité par la Chambre de commerce Brésil-Canada, le MAECI et EDC à présenter ce secteur aux entreprises canadiennes qui offrent des technologies, des services et des produits correspondant aux besoins sectoriels.

M. Zins a cerné au Brésil plusieurs grandes tendances dont beaucoup recoupent l’expérience et le savoir-faire du Canada. En raison du vieillissement de la population et des récents investissements fédéraux, les services de santé à domicile connaissent une croissance annuelle composée de 25 %. « Comme des études indiquent qu’il est plus rentable de soigner les personnes âgées à domicile qu’à l’hôpital, le Brésil espère combler cette lacune au cours des prochaines années. »

Poussée de la cybersanté

Prise de poulsCôté productivité, de nouveaux règlements visent à améliorer le roulement des patients dans les hôpitaux, prévoyant des amendes en cas de non-respect pour inciter fortement les entreprises brési­liennes à rechercher de nouveaux processus. De même, la télémédecine – y compris les systèmes de cybersanté facilitant l’accès en ligne aux renseignements médicaux – pourrait croître annuellement d’au plus 50 % dans les années à venir, ajoute-t-il.

Les unités hospitalières sont aussi à la hausse, surtout pour les traitements spécialisés, ce qui s’annonce prometteur pour les firmes de génie-conseil et leurs chaînes d’approvisionnement. Par ailleurs, les vastes régions reculées et mal desservies du pays pourraient accueillir des unités novatrices de soins de santé mobiles. Et à l’approche de la Coupe du monde (2014) et des Jeux olympiques (2016), on déploie de gros efforts pour préparer le système brésilien à un essor du tourisme médical.

Quant aux défis à relever, les exportateurs sont confrontés à des taxes élevées et des règlements encore plus complexes, car les hôpitaux et autres services de santé relèvent principalement des municipalités. De plus, l’intégration verticale de l’infrastructure et des services sanitaires du pays s’accentue. De grands consortiums de soins de santé comme Amil, Unimed et leurs partenaires internationaux gèrent de vastes réseaux comprenant des hôpitaux et des sociétés d’assurance maladie. En présence de ces géants, il faut offrir des prix concurrentiels ou une technologie ou des services uniques.

« Le Brésil préfère nettement les fournisseurs régionaux, explique M. Zins, donc il importe que les Canadiens s’y installent en ouvrant une représentation ou un bureau, ou mieux encore, en acquérant une entreprise établie comme l’ont fait de nombreux acteurs étrangers.

« Le Canada a déjà un avantage au Brésil, précise-t-il, parce que nos modèles de soins de santé sont similaires. En outre, la technologie et les normes canadiennes sont en grande estime au Brésil, beaucoup de ses hôpitaux étant agréés à l’échelle internationale par Agrément Canada. » À vous de faire valoir votre technologie!

Pour l’exposé intégral d’Avi Zins, visitez brazcanchamber.org

Catégories Amérique centrale et du Sud, Sciences de la vie, Services, Technologies et télécommunications

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