Voulez-vous investir à l’étranger ou y étendre vos activités? Pensez au Brésil

Voulez-vous investir à l’étranger ou y étendre vos activités? Pensez au Brésil

La croissance du commerce et des investissements entre le Canada et le Brésil a été considérable ces dernières années. Le commerce bilatéral a augmenté de 35,1 % depuis 2009, pour atteindre 5,6 G$ en 2014. Cette année-là, la valeur des exportations de marchandises du Canada au Brésil totalisait 2,2 G$.

Les importations du Brésil vers le Canada s’élevaient à 3,5 G$ en 2015, hissant ce pays au 14e rang mondial des sources d’importation canadiennes.

Cependant, dans les dernières décennies, l’environnement politique et économique du Brésil s’est détérioré, occasionnant une forte inflation, une dépréciation du réal brésilien (BRL) et un ralentissement économique.

Le dilemme politique

Avant que la présidente Dilma Rousseff ne soit destituée par le Sénat brésilien le 31 août pour avoir illégalement manipulé les comptes de l’État, elle avait annoncé de nouvelles concessions qui devaient générer 198 G BRL d’investissements en infrastructure, dont 64 G BRL d’ici quatre ans.

Aujourd’hui, le gouvernement de Michel Temer envisage une stratégie d’infrastructure et d’investissement fondée sur le plan de Mme Roussef, mais axée sur les projets les plus réalisables dans les deux ou trois prochaines années. Le nouveau programme de partenariats d’investissements s’appuie sur la matrice de la Banque brésilienne de développement (BNDES) dans la réévaluation de la stratégie, faisant passer l’envergure des projets prévus de 200 à 70 G BRL.

Les débouchés pour le Canada

Selon Fernanda Custodio, directrice régionale principale d’EDC au Brésil, de gros joueurs dominaient jusqu’à récemment le secteur de l’infrastructure brésilien. « La situation change; les entreprises canadiennes – les entreprises étrangères en général – ont davantage d’occasions d’y jouer un rôle plus actif. Le nouveau gouvernement a fait de l’infrastructure une priorité et modifié la réglementation pour attirer plus d’investisseurs. Les sociétés étrangères n’ont plus à s’associer à une entreprise locale pour percer le marché. »

Le Service des délégués commerciaux du Canada relève d’excellents débouchés pour les entreprises canadiennes dans les secteurs suivants : éducation, infrastructure, technologies propres, pétrole et gaz naturel, et aéronautique.

L’Accord cadre entre le Gouvernement du Canada et le Gouvernement de la République Fédérative du Brésil sur la coopération en science, technologie et innovation examine les perspectives de recherche et d’innovation. Signé en 2010, il vise à favoriser le progrès scientifique et technologique dans des domaines d’intérêt commun.

Les fameuses infrastructures du Brésil

« Début septembre », rapporte Andrea Gardella, économiste d’EDC pour l’Amérique du Sud, « le gouvernement brésilien annonçait un plan de privatisation qui proposera 25 projets de privatisation et de concession à partir du dernier trimestre de 2016 ».

Le programme prévoit la concession d’un système routier et ferroviaire déjà construit ainsi que la vente aux enchères des droits d’exploitation de champs de pétrole et de barrages hydroélectriques pour accroître l’investissement privé et sortir l’économie brésilienne de sa pire récession en 90 ans.

Le Congrès brésilien examine actuellement les exigences du secteur du pétrole et du gaz naturel, envisageant de rendre le secteur plus concurrentiel en abolissant l’obligation d’octroyer 30 % de tout développement de réservoirs présalifères à la société pétrolière publique Petrobras (le projet de loi a été adopté le 10 novembre et requiert uniquement l’autorisation présidentielle).

La Banque brésilienne de développement

« Le gouvernement et la BNDES veulent réduire le financement à long terme public pour ces projets et rendre le financement à long terme plus compétitif sur la scène locale », explique Mme Gardella, « mais la capacité du Brésil à attirer l’investissement étranger et son aptitude à fournir les mesures de protection appropriées seront les facteurs décisifs de sa réussite. »

Le Brésil révise donc son modèle de concession d’infrastructures, visant une approche plus favorable au marché et la réduction des obstacles à la participation d’acteurs étrangers.

Mme Custodio affirme que le « Brésil a défini ses priorités selon d’importantes réformes économiques et le besoin d’attirer et de stimuler l’investissement dans les segments clés, principalement l’infrastructure. Il vise l’augmentation des investissements brésiliens d’au moins 50 % dans ces segments (infrastructure, pétrole et gaz naturel), qui représentent actuellement 2,1 % du PIB et devraient s’élever à plus de 100 G USD dans les trois prochaines années ».

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