Après avoir traversé une période difficile, Swiftwood Forestry Products, entreprise de la Colombie-Britannique,  se lance à la conquête du marché américain de l’habitation

Après avoir traversé une période difficile, Swiftwood Forestry Products, entreprise de la Colombie-Britannique,  se lance à la conquête du marché américain de l’habitation

La famille de Mike Girard valorise les produits forestiers canadiens depuis trois générations. Mais contrairement à ses prédécesseurs, qui vendaient leurs produits localement, l’entreprise spécialisée de M. Girard, Swiftwood Forest Products, transforme le bois d’œuvre de la côte pour l’exporter aux États-Unis, en Asie et en Europe.

Swiftwood œuvre dans le secteur de la transformation du bois de la Colombie‑Britannique, qui représente 4,6 % des exportations forestières de la province, selon l’étude d’impact économique du secteur forestier de la Colombie‑Britannique (2015) réalisée par la firme d’experts-conseils MNP.

M. Girard explique que Swiftwood assure sa place dans la chaîne de valeur grâce à sa spécialisation dans les éléments en bois, les moulures sur mesure et les travaux de menuiserie, laissant aux producteurs de masse le marché des produits de base. Ses pièces de menuiserie sur mesure sont faites principalement de thuya géant, mais aussi d’autres essences tendres de la côte Pacifique comme le douglas vert, la pruche, l’épinette et le pin, provenant des forêts intérieures de la Colombie‑Britannique.

Le grand-père de M. Girard, un immigrant qui ouvre une épicerie avant de voir un débouché dans le secteur forestier, bâtit dans la province une entreprise prospère de coupe et de bardeaux de cèdre sur mesure. À sa retraite, le père et les oncles de M. Girard lancent une nouvelle affaire spécialisée en meubles et travaux de menuiserie. Ils prennent leur retraite et vendent l’entreprise de Port Coquitlam en 2002. M. Girard, qui a travaillé dans le domaine, achète Swiftwood en 2004.

Durant ses 40 années dans le secteur, M. Girard a connu des hauts et des bas. Après la crise financière de 2008, Swiftwood battait de l’aile.

« Je passais la moitié de mon temps à chercher du travail. Nous acceptions beaucoup de petits contrats locaux pour rester à flot », se rappelle-t-il.

Mais Swiftwood s’est relevée en même temps que le marché de l’habitation américain. « La demande actuelle des États-Unis nous permet de fonctionner au maximum de nos capacités. Nous avons même besoin de plus d’espace et pensons louer une autre moulurière », indique le propriétaire, qui estime que 70 % des moulures et travaux de menuiserie produits par Swiftwood sont destinés aux Américains.

Transformer le bois à la scierie de Port Coquitlam est une option attrayante en raison du coût en dollars canadiens de la valorisation des produits de bois destinés à l’exportation.

En tant que transformateur sur mesure, M. Girard doit se procurer la fibre de bois qu’il utilise. Il reçoit des moulins locaux des sciages de rondins, qu’il façonne selon les instructions des clients. Il constate une grande différence entre la demande d’avant 2008 et celle d’aujourd’hui.

« Les clients n’achètent que ce dont ils ont besoin pour leurs commandes du moment, ils gardent un stock ponctuel. Ils ne veulent plus investir dans des réserves comme avant », ajoute-t-il.

« Avant, les grossistes des États du nord-est comme New York et le New Hampshire accumulaient des stocks en prévision de la haute saison, explique-t-il. Maintenant, le pic de demande coïncide avec les mois chauds, où il se fait beaucoup de construction résidentielle. » Ce caractère saisonnier complexifie la chaîne d’approvisionnement, les capacités de fabrication ne suivant pas nécessairement la demande.

En tant que maillon d’une chaîne d’approvisionnement ne tenant que des stocks ponctuels, Swiftwood doit s’assurer de livrer les produits à temps, mais aussi d’obtenir le rendement maximum de la fibre, sans compromettre la qualité du produit fini.

Tout comme ses clients doivent gérer leurs stocks et flux de trésorerie, M. Girard doit surveiller de près ses comptes clients pour s’assurer d’être payé. Pour ce faire, il utilise un logiciel créé en Colombie-Britannique, Lumber Inventory Systems Automation (LISA), afin de faire le suivi de la matière première, des commandes terminées et des livraisons. « Nos clients comptent sur notre bonne comptabilité pour calculer le coût des pertes de bois liées à la transformation. Ils dépendent aussi de notre capacité à préparer le produit pour son chargement dans les conteneurs. Savoir remplir les formalités administratives est essentiel pour respecter les directives précises du transport maritime. »

Toutes ces années dans le domaine n’ont pas émoussé la fierté de M. Girard envers son travail. « Dans l’industrie du sur mesure, on essaie constamment de faire le maximum avec ses produits, et de le faire mieux que quiconque. Rien ne me rend plus fier que de constater la beauté du résultat là où nos produits ont été utilisés. Je ne m’en lasse pas! »

Catégories Foresterie

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