Offerte par Diacarbon Energy.

Du charbon propre grâce à Diacarbon Energy

Alors candidat au doctorat à l’Université Simon Fraser, Jerry Ericsson a eu l’idée de produire un biocarburant de nouvelle génération. « Je cherchais quelque chose qui permettrait de recycler les déchets de l’industrie forestière tout en soutenant les compagnies aux prises avec la taxe sur les émissions de carbone », explique-t-il.

Il a parlé de son idée à son père, Daniel Ericsson, ouvrier d’expérience. Serait-il possible d’obtenir directement un produit de remplacement du charbon, mais en le rendant propre, avec peu d’émissions de carbone?

Aux dires de Jerry, « mon père a simplement retourné l’idée dans son esprit et un prototype primitif est né ». Peu de temps après, ils ont fait équipe avec des ingénieurs, scientifiques et fournisseurs afin d’élaborer quelque chose d’unique. Ils minimisent peut-être les efforts de recherche et développement déployés initialement, mais depuis, le duo père-fils a travaillé sans relâche pour faire de sa vision une réalité. Avec l’aide de nombreux membres de la famille, amis et actionnaires dévoués, Diacarbon Energy était constituée en société en 2009.

Depuis, l’équipe Diacarbon s’efforce de perfectionner son produit, le charbon vert, provenant de déchets naturels du bois. Le charbon vert est une forme de charbon de bois produit à des températures plus basses que le charbon d’origine fossile et dont la combustion est plus efficiente. C’est aussi un remplacement direct du charbon, étant donné ses caractéristiques physiques similaires. Il peut en outre s’avérer moins cher que les combustibles fossiles traditionnels utilisés pour le chauffage et est considéré comme étant « neutre en carbone » aux termes de tous les programmes de GES à l’échelle internationale.

La parfaite recette de charbon vert étant maintenant au point, Diacarbon commence la production commerciale, et vise une première distribution en 2015.

Pouvoir compter sur ses proches

Jusqu’à 2014 Diacarbon, située à Vancouver, était exclusivement financée grâce à des subventions et à l’appui de la famille et des amis.

« Nous étions vraiment soutenus par les gens qui nous entourent. Des amis parlaient de nous à leurs amis et leurs associés d’affaires, nous discutions de notre modèle et c’est ainsi que nous obtenions la participation de nouveaux investisseurs. C’est formidable de voir que tant de gens nous ont fait confiance et ont cru dans notre idée, et ont fait confiance aux compétences de notre équipe de la direction et des membres du Conseil », s’émeut Jerry.

Diacarbon commence la production commerciale, et vise une première distribution en 2015. Offerte par Diacarbon Energy.

Diacarbon commence la production commerciale, et vise une première distribution en 2015. Offerte par Diacarbon Energy.

Le bouche à oreille, les exposés lors de conférences, ainsi que diverses subventions, ont permis à Diacarbon de recueillir presque 10 millions de dollars.

Les représentants d’Exportation et développement Canada (EDC) ont rencontré ceux de Diacarbon à la Conférence Globe 2014, un forum international sur les entreprises et l’environnement, et ont depuis fournit 2 millions de dollars pour financer une installation de pastilles de bois blanc combinée à une centrale thermique exploitant la biomasse à Merritt, en Colombie-Britannique. Une fois construite, cette affinerie convertira les résidus de biomasse en biocarburant écologique, neutre en carbone, prêt à être distribué.

« J’ai été impressionnée par Diacarbon dès le début », raconte Tammy Huston, directrice de comptes à EDC. « Les technologies propres sont une priorité pour EDC, et cette compagnie était novatrice et ambitieuse, et son plan d’affaires était très clair. Son potentiel était évident et nous sommes heureux d’avoir pu l’appuyer dans cette nouvelle phase de son expansion. »

En fait, Diacarbon avait déjà son premier acheteur : le géant industriel français Lafarge Cement Canada a conclu un accord pour acheter tout le charbon vert produit par l’usine de Merritt, qu’il utilisera dans la production locale de son ciment en Colombien Britannique.

Diacarbon : une affaire familiale

En dépit de sa croissance rapide, Diacarbon reste une entreprise familiale. « Papa vient encore souvent travailler même s’il a dépassé l’âge de la retraite, mais j’aime qu’il soit ici, avec nous », dit Jerry. La compagnie a aussi recruté quelques employés, jeunes, talentueux et ambitieux, et les dépenses sont encore scrutées à la loupe.

Les décisions prudentes et éclairées qu’a prises Diacarbon l’ont bien servie jusqu’ici, et c’est le modèle qu’elle entend continuer à suivre. « Nos coûts restent peu élevés car nous recherchons les moyens les plus efficients d’utiliser nos fonds, explique Jerry. J’ai travaillé avec le petit salaire d’un doctorant et je n’ai jamais changé mes habitudes, je suppose », admet-il.

Un peu partout au Canada des forestières manifestent de l’intérêt pour le produit, tout comme les consommateurs de charbon à l’échelle planétaire, mais on attend la mise en service de la centrale de Merritt avant de prendre d’autres grandes décisions d’affaires. « Nous ne voulons pas aller trop vite, dit Jerry. Nous visons définitivement l’expansion, mais gardons les options ouvertes pour l’avenir. »

Catégories Ecotechnologies

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