« La nécessité est la mère de l’invention » est un proverbe qu’on attribue parfois à Platon et qui serait tiré de son ouvrage le plus connu, La République. Cependant, cette phrase écrite à l’origine en grec est probablement l’œuvre d’un traducteur, et non pas l’équivalent littéral des mots de Platon.
La première occurrence en anglais remonte à 1658, dans Northern Memoirs, calculated for the meridian of Scotland, de Richard Franck.
Mais peu importe l’auteur, la véracité de ce proverbe a été prouvée à nouveau, cette fois par la jeune entreprise NovaShare. D’abord fournisseur de données fiables utilisées pour des analyses de procuration, elle s’est rapidement tournée vers les logiciels d’analytique pour aider les entreprises à mieux exploiter les données.
Conversation avec Tyson Rose, fondateur et chef de la direction de NovaShare
Parlez-nous de votre entreprise. Pourquoi l’avez-vous fondée?
Thomas [chef de l’exploitation de NovaShare] et moi avons travaillé pour une importante agence de conseil en vote par procuration. Nous faisions manuellement des rapports sur les actionnaires et le vote par procuration. Comme les délais étaient souvent très courts, mais que le processus demandait beaucoup de temps, l’idée nous est venue de créer notre propre entreprise pour élaborer une méthode plus efficace d’analyse des renseignements sur le vote par procuration et les actionnaires des sociétés cotées en Bourse. Nous voulions engager des programmeurs, mais nous n’en avions pas les moyens, et ils n’auraient pas eu les connaissances que nous avions sur ces analyses. Nous avons donc appris à écrire notre propre code et, environ un an plus tard, nous sommes en passe de commercialiser les applications que nous avons créées.
Comment votre produit a-t-il évolué?
Nous avons amélioré nos applications au fur et à mesure que nous apprenions à manipuler les données sous-jacentes et en fonction des commentaires de plus de 100 sociétés ouvertes. Nous avons récemment lancé deux plateformes Web pour les émetteurs assujettis et les agences de conseil en vote : Corporate et Administrator (Paas). Elles permettent aux entreprises d’accéder sans difficulté aux données sur le vote par procuration et l’actionnariat à partir de n’importe quel appareil, y compris les appareils mobiles, et incluent des applications pour des rapports en temps réel et la gestion de données, destinées aux secrétaires généraux, aux spécialistes des relations avec les investisseurs et aux agences de conseil qui doivent communiquer avec divers investisseurs. Il est possible de souscrire un abonnement annuel pour ces deux plateformes infonuagiques depuis le 2 mars 2016.
Vous avez récemment conclu un partenariat avec American Stock Transfer & Trust Company (AST) pour commercialiser ASTDrive. Comment cette relation s’est-elle développée?
Nous avions au départ une relation avec les services de procuration, qui nous achetaient des rapports pour certains clients. Puis ils nous ont présentés à l’équipe américaine des partenariats et des ventes. Comme notre technologie correspondait aux besoins de ses clients, nous avons entamé des négociations pour les conditions de commercialisation d’une plateforme-service à étiquette privée. Après huit mois, nous sommes parvenus à une entente officielle.
Tout tourne autour des données. Pourquoi?
Nos sources de données sur le vote par procuration et la gouvernance sont sans égal. Nous offrons aux entreprises la veille économique la plus précise qui soit pour les rapports à la direction et au conseil. Il faut garantir l’intégrité des données et optimiser leur manipulation et leur gestion. Nous avons passé près de deux ans à faire de la recherche et développement pour un logiciel offrant de meilleures données et raccourcissant le temps de recherche. Nous croyons que nos plateformes vont changer les processus de procuration dans le monde grâce à une gestion des données et à une analytique des affaires de bout en bout.
Comment NovaShare utilise-t-elle ces données?
Les plateformes permettent à nos clients de mener des études géographiques et démographiques détaillées sur leurs investisseurs, qui seront accessibles à l’échelle de l’entreprise. Les responsables des relations avec les investisseurs et les équipes de marketing peuvent ainsi choisir les moyens les plus efficaces de communiquer avec les actionnaires pour traiter de questions de procuration ou leur transmettre de nouveaux rapports d’activités. Dans des circonstances particulières ou en cas de course aux procurations, ce niveau d’analyse est essentiel et nous pensons que nos plateformes sont une solution simple pour produire des rapports pertinents.
Tous les renseignements antérieurs qu’une entreprise peut consulter sur ses actionnaires avec une analyse de ce niveau sont vraiment fascinants. Les grandes entreprises peuvent ainsi orienter leur marketing en fonction de la répartition géographique des grappes d’investisseurs, et les petites entreprises peuvent cibler des régions pour des tournées de promotion auprès de particuliers ou d’entreprises.
Cinq questions pour Tyson Rose, chef de la direction de NovaShare
1. Quelle a été votre première vente à l’exportation?
Nous avons négocié un partenariat de distribution avec AST, une société qui offre des services complets de transfert d’actions et des régimes pour les employés à plus de 2 800 sociétés ouvertes, et qui gère environ 6 000 émissions. AST compte des clients partout aux États-Unis et dans plus de 22 autres pays, qu’ils émettent des actions pour la première fois ou qu’ils figurent au classement Fortune 100. AST, qui a son siège social à New York, a été fondée en 1971. Elle propose à ses clients des solutions personnalisées qui répondent à leurs besoins, ainsi qu’un accès à des systèmes, à des services, à des processus et à d’autres produits. AST est notre partenaire de distribution, c’est-à-dire qu’elle vend à ses clients les services ou la technologie que nous produisons. NovaShare touche une commission annuelle et un montant donné pour chaque client qui a retenu ses services.
2. Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?
Nous avions au départ une relation avec les services de procuration, qui nous achetaient des rapports pour certains clients. Puis ils nous ont présentés à l’équipe américaine des partenariats et des ventes. Comme notre technologie correspondait aux besoins de ses clients, nous avons entamé des négociations pour les conditions de commercialisation d’une plateforme-service à étiquette privée. Après huit mois, nous sommes parvenus à un accord officiel.
3. Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?
Nous ne connaissions pas les différentes ressources disponibles pour exporter des produits et services, qui nous auraient permis de diminuer de beaucoup nos dépenses juridiques et de marketing. Ce capital aurait pu être injecté dans d’autres sphères importantes de l’entreprise.
4. Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?
Le climat concurrentiel de l’industrie a changé et les gens semblent maintenant plus portés à faire affaire avec des fournisseurs internationaux. Plusieurs entreprises canadiennes s’imposent dans le secteur des communications avec les investisseurs. Des entreprises américaines ont ainsi pris conscience de l’aide que nous pouvons leur apporter d’une manière ou d’une autre, ce qui n’était pas le cas à nos débuts.
5. Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?
Il est capital d’effectuer un contrôle préalable sur les fournisseurs et les partenaires. Leur portée est-elle suffisante pour offrir vos produits et services? Les outils de marketing et de vente permettent-ils une mise en marché immédiate, ou y a-t-il encore du travail et des investissements à faire avant que la relation d’affaires soit fructueuse? Pourriez-vous entrer seul sur le marché mondial, ou dépendez-vous vraiment d’un partenariat pour maximiser une occasion de croissance?

