Photo offerte par le Groupe Konrad

Explosion de la demande pour les applications mobiles : le Groupe Konrad passe à la vitesse supérieure aux États-Unis

Au cœur du quartier de la mode de Toronto se trouve un complexe commercial en briques de 14 000 pieds carrés où la créativité et l’esprit d’entreprise coulent à flots, comme la bière pression.

Voilà les quartiers du Groupe Konrad, une société fermée de technologies mobiles fondée en 2010 par Geordie Konrad, son frère jumeau Bill et Hooman Bahador, un ancien camarade de l’Université de Toronto. On est loin de la chambre exiguë de l’hôtel Park Hyatt, sur la rue Bloor, où tout a commencé, à leur quatrième année d’études.

En seulement quatre ans, le trio est devenu une entreprise mondiale multimillionnaire, avec des bureaux à Toronto, à New York, à Chicago et à San José, au Costa Rica.

L’entreprise, avec son équipe homogène de 125 diplômés – 90 % d’entre eux sont âgés de 22 à 35 ans –, conçoit et développe des applications (ou « applis ») destinées aux appareils mobiles, comme les téléphones intelligents, les tablettes et les ordinateurs portatifs.

Les locaux de la rue King font aussi office d’aire de jeux pour ces jeunes ingénieurs, concepteurs et spécialistes du marketing et de la publicité de la génération du millénaire. Ping-pong, soccer sur table, télé de 80 pouces et, oui, bière pression assurent un taux élevé de maintien en poste.

Tout comme les projets de pointe.

« Nous voulons les projets les plus intéressants, ceux qui touchent des millions de gens », dit Geordie Konrad, co-chef de la direction, faisant référence à un projet de domotique à New York digne de la science-fiction, où les appareils mobiles actionnent lumières, musique et systèmes de sécurité.

L’an dernier, lors d’un important partenariat avec la Société Radio-Canada, Konrad a participé au développement d’une appli interactive permettant aux utilisateurs de tester leur intelligence sur leur iPad, iPhone ou iPod pendant le jeu télévisé Canada’s Smartest Person.

En janvier dernier, Konrad a conclu une alliance stratégique avec le cabinet membre canadien de Deloitte, le géant des services de consultation en technologies, pour lui offrir un soutien à la production numérique.

« Les technologies mobiles provoquent un changement de paradigme, ajoute M. Konrad. Elles sont partout. C’est l’avenir tracé de la révolution technologique, sans détour. »

Grâce au nombre grandissant de ses clients de premier ordre, dont de grandes marques comme McDonald’s, MTV, Barnes & Noble et The Beer Store, Konrad doublera sa croissance encore cette année.

Passer d’un trio avec des coûts fixes à un acteur mondial capable de se tailler une place à la table des gros joueurs apporte toutefois son lot de défis.

Le groupe doit notamment trouver des locaux de premier ordre pour répondre à la croissance – six déménagements en cinq ans seulement à Toronto – et, comme beaucoup de petites entreprises, des institutions financières qui veulent soutenir leur croissance.

« Nous y sommes arrivés sans aide, dit M. Konrad. Les banques se concentrent sur les secteurs traditionnels. Elles n’ont pas de programmes destinés aux jeunes entreprises de technologie. »

L’entrepreneur se rappelle avoir tenté, fin 2012, de conclure avec un client américain un énorme contrat assorti de délais de paiement de 60 ou de 90 jours.

« C’était un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars, mais les délais de paiement étaient beaucoup trop longs, précise M. Konrad. Sans marge de crédit, nous n’avions pas les reins assez solides pour financer un projet de cette ampleur. L’Assurance comptes clients d’Exportation et développement Canada (EDC) nous a donné une valeur d’emprunt en protégeant ces comptes clients à l’étranger. »

Shannon McLuhan, directrice de comptes, petites entreprises à EDC (Toronto), a répondu à l’appel.

« Ils étaient jeunes, et ils avaient peu des actifs que les banques considèrent habituellement comme de bonnes garanties, dit-elle. Le tournant de notre relation, c’est quand ils ont compris qu’EDC pouvait les conseiller. Après, ils n’arrêtaient pas de m’appeler. »

La croissance spectaculaire de Konrad à New York a exigé un nouveau bureau et l’agrandissement de l’équipe américaine. La Banque de développement du Canada lui a consenti du financement pour son expansion, et EDC a libéré son fonds de roulement, lui permettant ainsi de financer sa croissance aux États-Unis. Comment? En donnant comme garantie à sa banque, grâce au Programme de garanties d’exportations, ses crédits d’impôt liés à la recherche scientifique et au développement expérimental.

« Il y a trois ans, je ne connaissais pas du tout EDC, affirme M. Konrad. On a tendance à croire qu’un exportateur, c’est une entreprise qui produit des biens, pas de l’innovation numérique. »

« Nous sommes en bonne voie d’atteindre un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars. Et EDC, en stimulant les affaires et la croissance de l’économie de demain, appuie bien nos plans. »

Catégories Technologies et télécommunications

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