Le très performant secteur agroalimentaire canadien appelé à nourrir les marchés émergents

Le très performant secteur agroalimentaire canadien appelé à nourrir les marchés émergents

On peut sans crainte saluer l’industrie agroalimentaire du Canada pour sa longue et indéfectible contribution à l’économie canadienne, résolument axée sur les exportations. Sans tambour ni trompette, cette industrie affiche bon an mal an une performance parmi les plus fiables et les plus constantes sur le plan des ventes à l’étranger.

Les dernières prévisions d’Exportation et développement Canada (EDC) pour le secteur ne font pas exception. Dans son rapport, EDC prévoit que les expéditions à destination des marchés étrangers – totalisant plus de 50 milliards de dollars en 2013 et représentant 9,5 % de l’ensemble des exportations canadiennes – inscriront une croissance de 10 % en 2014 et réaliseront de nouveaux gains de 5 % l’an prochain, soit deux taux de croissance nominale sans précédent.

De l’avis de Daniel Benatuil, économiste d’EDC spécialisé dans les exportations agroalimentaires, cette industrie a damé le pion à de nombreux secteurs lors de la crise et elle s’est depuis redressée de belle façon. Les perspectives demeurent donc favorables pour la plupart des exportations agroalimentaires du Canada, notamment les oléagineux et les légumineuses, le blé, les aliments et les boissons transformés, les viandes, les animaux vivants de même que les produits de la mer.

« Les exportations canadiennes sont à la merci des tendances mondiales, car notre pays est un grand producteur de produits agroalimentaires qui consomme moins qu’il ne produit. Heureusement, ces tendances mondiales sont essentiellement positives », ajoute-t-il.

Par exemple, M. Benatuil note qu’en dépit du fait que les cours mondiaux des principales grandes cultures semblent s’orienter selon un cycle descendant à court terme, les perspectives pour les exportations restent optimistes puisqu’elles sont étayées par le dynamisme de la demande mondiale et par l’abondance des denrées que les producteurs canadiens peuvent exporter dans un contexte plutôt favorable, le huard volant à plus basse altitude.

« Mais un autre facteur exercerait des tensions sur les cours : l’offre excédentaire de produits alimentaires à l’échelle mondiale », explique M. Benatuil.

D’après les estimations du Conseil international des céréales (CCC), la production de maïs aux États-Unis; de soja en Argentine, au Brésil et aux États-Unis; ainsi que de blé en Chine, dans l’Union européenne et en Russie atteindra des niveaux presque inédits en 2014-2015.

Lors de la saison 2013-2014, les agriculteurs canadiens avaient profité de récoltes exceptionnelles attribuables à des conditions de culture idéales, ce qui avait entraîné la création de stocks excédentaires. Cette année, les rendements devraient redescendre à des niveaux habituels, mais les stocks destinés à la vente demeurent considérables.

On observe la situation inverse dans l’industrie canadienne des viandes, où les cours se raffermissent en partie sous l’effet de l’amélioration de la conjoncture économique mondiale et de l’appétit grandissant de l’Asie pour les produits alimentaires « occidentaux ». Toutefois, les ventes du Canada ont été plombées par l’éclosion de la bactérie E. coli en Alberta et la reconstitution toujours en cours des stocks des producteurs. Malgré tout, EDC s’attend à ce que les exportations nominales du secteur restent en territoire positif en 2014 et en 2015.

Les perspectives à moyen et à long termes des producteurs de viandes semblent prometteuses. La montée de la classe moyenne, tout particulièrement en Chine, annonce très certainement une envolée des ventes d’aliments à forte teneur en protéine. Parallèlement, les accords de libre-échange conclus avec la Corée du Sud et l’Europe, lorsqu’ils seront pleinement mis en œuvre, seront porteurs d’une augmentation des ventes sur ces marchés prospères.

« Cette logique vaut aussi pour les exportateurs canadiens de poissons et de fruits de mer », soutient M. Benatuil. Dans un horizon à court terme, EDC prévoit que la croissance de ce sous-secteur fera un bond de près de 11 % cette année, puis grimpera de nouveau de 7 % en 2015, surtout grâce au renchérissement des cours et au raffermissement de la demande. Or, les pays émergents d’Asie s’imposant rapidement comme des marchés de premier plan pour le secteur canadien des poissons et des fruits de mer, les perspectives à long terme s’annoncent également brillantes à condition que les producteurs puissent répondent à la demande.

Catégories Agroalimentaire

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