Neurio, une firme de Vancouver, utilise Kickstarter pour réaliser des solutions résidentielles de gestion de l’énergie aux États-Unis et au Canada

Neurio, une firme de Vancouver, utilise Kickstarter pour réaliser des solutions résidentielles de gestion de l’énergie aux États-Unis et au Canada

Si Janice Cheam est aujourd’hui dans les affaires, c’est grâce à un ami qui a eu une révélation sur les changements climatiques en 2005. Mme Cheam poursuivait ses études de baccalauréat en administration à l’Université de la Colombie-Britannique quand un ami a voulu s’installer dans l’Arctique pour sauver la planète à son retour de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.

« C’était avant qu’Al Gore réalise Une vérité qui dérange, indique Mme Cheam. J’ai été touchée par ses paroles et j’ai voulu aider. L’Arctique ne semblait pas être la solution – je ne suis pas scientifique –, mais je pensais me servir de mon diplôme en administration et de la technologie pour faire évoluer des comportements. C’est ainsi que j’ai trouvé un but et que j’ai voulu créer une entreprise. »

Pendant ses études, la Vancouvéroise a fondé Energy Aware, qui travaillait directement avec les services d’électricité en leur donnant des renseignements sur la consommation et des façons de la réduire. Mais après quelque temps, elle s’est rendu compte qu’elle préférait travailler avec l’utilisateur final parce qu’« il vous dira ce qui marche et n’aura pas peur de vous signaler ce qui n’est pas fameux. C’est un autre rythme. »

C’est ainsi qu’elle a lancé en 2013 une campagne Kickstarter qui a été la genèse de Neurio, une entreprise proposant des solutions de gestion de l’énergie résidentielle aux propriétaires et aux locataires. Neurio installe des capteurs sans fil pour suivre la consommation totale d’énergie de la demeure. L’information est transmise à une application qui informe les clients de ce qui est allumé ou éteint et des coûts énergétiques des différents appareils. L’application peut aussi estimer les factures à venir et comparer la consommation d’énergie à celle d’autres résidences (Mme Cheam, qui a l’esprit de compétition, aime bien cette fonction.) Le programme donne aussi des conseils personnalisés pour réduire la consommation d’énergie.

« Nous commençons par déterminer où va l’énergie, puis nous prenons l’algorithme obtenu et calculons les écarts au fil du temps, explique Mme Cheam. C’est ainsi que nous pouvons dire : “Vous dépensez tant en climatisation. Vous devriez peut-être revoir votre utilisation.” Si vous partez de la maison et qu’une fois à destination, vous ne savez plus si vous avez bien éteint le fer à repasser ou la cuisinière, vous trouverez la réponse dans la mémoire de votre téléphone et pourrez, selon le cas, vous détendre ou rentrer chez vous sur-le-champ. »

Mme Cheam rapporte que beaucoup de ses clients lui parlent de leurs grands-parents et parents âgés qui veulent demeurer chez eux, mais ont besoin de supervision. « Bien des femmes de 30 à 60 ans racontent que c’est très pratique, car il n’est plus nécessaire d’aller sur place pour surveiller », précise-t-elle.

Son objectif est de sensibiliser les gens aux façons dont ils gaspillent de l’énergie et de changer leur comportement.

« Quand vous dormez ou quittez votre résidence, celle-ci consomme encore de l’énergie, alors l’idée est d’en réduire le plus possible la quantité. »

Chez elle, l’exportatrice a découvert que le téléviseur, l’amplificateur et le caisson d’extrêmes graves, qui sont tous branchés ensemble, avaient une consommation énergétique de base très élevée. Même si elle éteignait le téléviseur, l’amplificateur et le caisson prenaient autant d’énergie que deux ampoules incandescentes. Elle a branché les trois appareils à une barre d’alimentation, et comme elle peut tous les éteindre avec un seul interrupteur, sa consommation est passée de 220 watts à 19 watts.

Les produits de Neurio se vendent bien au Canada, mais il était essentiel d’exporter, soutient-elle, parce que la population canadienne est peu nombreuse.

« Nous avons survécu et grandi grâce aux marchés étrangers qui possèdent les volumes que nous recherchons », ajoute-t-elle.

Comme ils avaient reçu le produit en contrepartie de leur investissement, ses premiers clients étrangers étaient essentiellement les gens qui avaient participé à la campagne Kickstarter – des collaborateurs provenant de 60 pays. Aujourd’hui, les exportations de Neurio se concentrent plutôt aux États-Unis.

Pour devenir exportatrice, Mme Cheam a utilisé l’Assurance comptes clients d’Exportation et développement Canada (EDC).

« C’était très important pour nous, car nous avions besoin de cette assurance pour passer nos commandes auprès du fabricant canadien, affirme-t-elle. Il savait qu’il serait payé si les choses tournaient mal. »

Cinq questions

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était la campagne Kickstarter, puisque nous avons reçu beaucoup d’argent de différents pays. Nous avons ensuite fait notre première exportation à une entreprise d’énergie solaire en Californie, qui est demeurée une bonne cliente.

 

2) Comment cette première exportation (auprès de l’entreprise californienne) s’est-elle présentée?

J’avais quelques amis dans le secteur de la transmission de données sans fil à qui j’ai raconté mes activités et ça s’est fait par bouche à oreille.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts? 

Les taxes américaines. C’est une chose à connaître d’avance quand on tente de négocier une transaction pour éviter de les ajouter à son passif. La Californie, notamment, n’est pas du tout un bon État pour les ventes directes. Je conseille donc de connaître l’impôt à payer dans un territoire avant de chercher à exporter là-bas.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancée en affaires?

Le taux de change est avantageux pour les exportations canadiennes ces temps-ci. Avant, nous vendions à parité, mais maintenant, nous obtenons 20 cents de plus par dollar. Le risque, cependant, est imprévisible. Nous fixons donc le coût de nos produits avec le fabricant dans la même devise.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les entreprises au sujet du commerce d’exportation? 

C’est peut-être cliché, mais je dirais tout bonnement qu’elles doivent connaître EDC. EDC nous a beaucoup aidés dans notre projet; elle a été fantastique.

Catégories Ecotechnologies

Comments are closed.

Affichages connexes