Ontario Drive & Gear enverra son astromobile sur la Lune grâce à de solides partenariats en exportation

Ontario Drive & Gear enverra son astromobile sur la Lune grâce à de solides partenariats en exportation

Chaque producteur de véhicules tout-terrain (VTT) sans pilote rêve de recevoir un appel comme le suivant.

« Bonjour, ici la NASA. Nous aimerions avoir votre aide pour bâtir une jeep lunaire. Qu’en dites-vous? »

C’est par un « OUI » catégorique que Peter Visscher, chef de la technologie d’Ontario Drive and Gear (ODG), a répondu à cette question. « Au début, nous n’en revenions pas, rigole-t-il. Puis, peu à peu, nous avons créé une excellente relation avec la NASA. Tout comme nous, ses employés sont des passionnés qui adorent leur travail. »

L’une des divisions d’ODG est spécialiste des engrenages et des transmissions de calibre mondial. À l’aide de technologies à la fine pointe, elle s’occupe de la conception sur mesure, de la fabrication, de l’assemblage et de la mise à l’essai interne.

Elle a construit ARGO, un VTT amphibie en vogue. Toutefois, c’est l’expertise avec laquelle elle a fabriqué diverses plateformes robotisées qui lui a valu l’appel de la NASA et de l’Agence spatiale canadienne (ASC), en 2008, et qui lui a ouvert la possibilité d’envoyer des prototypes sur la Lune.

La Force est puissante en lui

Le dernier prototype se nomme LRPDP (Lunar Rover Platform and Drivetrain Prototype) – ou LRD VaDR (Lunar Rover Drivetrain Vacuum and Dust-Rated) pour les intimes.

« Nous sommes des fous de La Guerre des étoiles », confie M. Visscher en riant.

La conception de la jeep lunaire est peut-être une partie de plaisir, mais sa raison d’être ne manque pas de sérieux.

« Depuis le lancement du projet, nous collaborons avec le groupe Resource Prospector (anciennement Resolve), dont le seul objectif est de chercher de l’eau sur la Lune, raconte-t-il. La jeep est conçue pour rouler en sol lunaire. Équipée d’une perceuse et d’un dispositif pour analyser le sol, elle peut déterminer le niveau et la forme de l’eau et confirmer la possibilité de l’extraire un jour. »

Étant donné les conditions extrêmes en terrain lunaire, chaque pièce de la jeep est légère et fabriquée sur mesure. « Nous utilisons des matières comme le titane ou l’aluminium de première qualité et optimisons chaque pièce, car le poids de l’engin est un facteur important. Chaque gramme économisé peut être alloué ailleurs, explique M. Visscher. Par exemple, les pneus du prototype ne peuvent être en caoutchouc, un matériel trop lourd qui se détériorerait sur la Lune. Ils sont faits d’un métal flexible spécial. »

Le prototype actuel d’ODG ne pèse que 112 kilogrammes.

Le Canada dans l’espace

En partenariat avec les entreprises mandatées pour concevoir et produire divers dispositifs à des fins tant publiques que privées, ce sont les gouvernements qui assument la majeure partie des dépenses et des risques liés à l’exploration spatiale. Au Canada, cet engagement a permis la création d’un secteur valant 2,8 G$ et employant près de 7 000 travailleurs à l’échelle du pays. Comme la moitié de ses revenus découlent des ventes à l’étranger, il s’agit de l’un des secteurs de l’aérospatiale les plus axés sur l’exportation au monde.

En matière d’exploration spatiale, le Canada n’est pas un novice. En fait, il a participé à la célèbre mission Apollo 11 qui a permis à l’homme de marcher sur la Lune. « Techniquement, les premières jambes à se poser sur la Lune étaient canadiennes », précise tout sourire Erick Dupuis, directeur, Développement de l’exploration spatiale à l’ASC. « Le train d’atterrissage du module lunaire fonctionnait selon un système de Héroux-Devtek, une entreprise canadienne. »

En collaboration avec le secteur privé, l’ASC continue de rendre possible l’exploration spatiale canadienne. « Grâce à l’expertise avec laquelle ODG crée des VTT terrestres, l’entreprise a su se distinguer des autres candidats », soutient M. Dupuis, selon qui tout Canadien devrait prendre le temps d’admirer les étoiles. « J’adore ma planète natale et suis d’avis que mieux on comprend notre galaxie, mieux on comprend la Terre et notre place dans l’univers. »

Par ailleurs, l’ASC travaille actuellement avec la NASA sur OSIRIS-REx, la première mission américaine visant à rapporter sur Terre un échantillon d’astéroïde. C’est aussi la première fois qu’elle participe à une mission internationale de rapatriement d’échantillon.

Les pieds sur Terre

Au fil du temps, ODG pourra appliquer les mesures de conception de la jeep lunaire à des véhicules « terrestres ».

« Le marché des véhicules terrestres sans pilote n’en est qu’à ses débuts », précise Jason Scheib, directeur des ventes d’ODG. « Comparativement au marché des véhicules aériens sans pilote (UAV), il accuse un retard de cinq ou six ans. La technologie des UAV est déjà largement utilisée dans des secteurs comme l’agriculture, la sécurité et les forces militaires. »

Il prédit cependant que le marché des véhicules terrestres autonomes aura une croissance rapide dans les cinq prochaines années. « Tout le monde parle de réapprovisionnement autonome. Pour envoyer du matériel ou des fournitures (en cas de désastre par exemple) dans un endroit trop dangereux pour l’homme, les véhicules autonomes sont très utiles. »

Les véhicules sans pilote d’ODG peuvent déplacer une charge utile de 1 000 livres, même en terrain difficile. « Le vrai défi est de gagner la confiance du consommateur, mentionne M. Scheib. Et nous y arrivons : les industries et les agences sont nombreuses à constater la diversité des applications et les capacités formidables de cette technologie. »

Apprenez-en plus sur le parcours d’exportation de Jason Scherb.

Catégories Fabrication

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