Toby Maurice et Frank Bouchard poussent la notion de « réutilisable » à l’extrême, ici et partout dans le monde.
Conscients des limites des outils d’écriture traditionnels, les deux jeunes entrepreneurs ont créé le Wipebook, un carnet de notes réutilisable qui combine tous les avantages du stylo, du crayon, du papier et du tableau blanc.
« Le Wipebook a commencé comme un projet de cours en 2013, alors que nous étions au MBA à l’Université d’Ottawa, explique M. Maurice. C’est le croisement d’un tableau blanc et d’un carnet de notes, un outil simple et portatif pour griffonner des idées et prendre des notes. »
C’est aussi un produit écologique.
« Le plus incroyable, c’est que vous n’avez plus besoin de gaspiller autant de papier; le carnet est réutilisable à volonté, renchérit M. Bouchard. Ce pourrait bien être le dernier carnet que vous achetiez. »
Conviviale et novatrice, la deuxième version du Wipebook – originalement mise au point avec l’aide d’un troisième associé – fait rage partout dans le monde. Afin d’améliorer le produit, les créateurs lancent une campagne de financement participatif sur Kickstarter en novembre 2013. Après 30 jours, ils obtiennent 420 000 $, soit plus de 100 fois leur objectif de 4 000 $, grâce à quelque 7 900 internautes répartis dans plus de dix pays, mais majoritairement originaires des États-Unis et du Canada.
« La campagne a dépassé nos attentes, et le Wipebook est carrément devenu un succès instantané, lance M. Maurice. Nous proposons des produits uniques et géniaux qui répondent au besoin d’un grand nombre de consommateurs, qu’il s’agisse d’ingénieurs, de spécialistes des TI, d’étudiants ou de mères de famille. »
Aujourd’hui, le succès de cette entreprise d’Ottawa a évolué vers quatre modèles de carnets ainsi que des stylos effaçables vendus dans les Walmart et les Bureau en gros du Canada.
« Environ 85 % de nos ventes sont effectuées à l’étranger, et les États-Unis sont notre plus grand marché, précise M. Maurice. Même si quelque 70 % de nos achats en ligne proviennent de clients vivant au sud du 49e parallèle, nous exportons dans 68 pays. »
Malgré sa vaste portée, l’entreprise continue de privilégier sa croissance aux États-Unis.
« Au Canada, nous avons la chance d’être collés au plus grand et plus convoité marché du monde, continue M. Maurice. Je recommanderais aux nouvelles entreprises de miser sur ce marché. »
Si le parcours n’a pas été de tout repos et a demandé beaucoup d’efforts, les entrepreneurs en ont tiré de nombreuses et précieuses leçons sur le monde des affaires.
« Si nous en sommes arrivés là, c’est grâce à notre travail acharné, à notre patience, à quelques décisions éclairées et à notre écoute de la clientèle, explique M. Maurice. Mais s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est qu’il faut vraiment connaître son client. »
M. Maurice recommande chaudement aux exportateurs canadiens d’établir des relations et des partenariats solides :
« Vous devez bâtir une relation exceptionnelle avec vos fournisseurs, de sorte qu’ils adoptent votre vision des choses. »
Malgré le succès international qu’elle connaît, l’entreprise a encore beaucoup de pain sur la planche :
« La réussite est un concept étrange. Il n’y a pas de doute que nous avons connu notre lot de succès, mais nous sommes encore loin d’accomplir notre véritable projet, conclut-il. Ultimement, nous voulons remplacer le papier utilisé pour prendre des notes ou griffonner et offrir aux gens un moyen de créer des trucs géniaux de manière simple, durable et écologique. »
En voilà un bon projet : tracer une voie vers le succès qu’aucune entreprise ne saurait effacer.

