« Servir tous les clients, et tout particulièrement ceux à l’étranger » – L’entreprise M.I. de Sherbrooke : sa réussite au Canada sert de tremplin à son essor international

« Servir tous les clients, et tout particulièrement ceux à l’étranger » – L’entreprise M.I. de Sherbrooke : sa réussite au Canada sert de tremplin à son essor international

Cette réussite canadienne fait partie de la série sur le secteur de l’automobile de cette semaine.

Pour en savoir plus sur les débouchés à l’exportation pour les entreprises du secteur, lisez Le secteur canadien de l’automobile « bat son plein ».

Lorsque l’équipe formée du couple Claude Houle et Francine Guay a fondé M.I. Intégration en 1984, ils étaient les deux seuls employés. Aujourd’hui, l’entreprise en compte plus de 260 et son chiffre d’affaires annuel est passé de 15 millions de dollars à 30 millions dans les cinq dernières années et devrait atteindre 60 millions d’ici 2020.

Tout a commencé parce que M. Houle, modeleur industriel sur bois de profession, a décidé de devenir également entrepreneur, fabriquant des moules pour le secteur automobile à l’époque où son entreprise était désignée à l’origine Modelage Mécanique Inc. Peu après, toutefois, la technologie a évolué et les moules étaient faits d’acier et M. Houle et Mme Guay ont dû s’adapter. Donc, en 1989, c’est ce qu’ils ont fait.

L’entreprise compte aujourd’hui plusieurs divisions, notamment Moules Industriels, qui fabrique des moules à injection de caoutchouc (connu sous le nom d’EPDM) et pour thermoplastiques.

« Nous vendons ces moules à nos clients – fournisseurs de 1er niveau aux équipementiers – de sorte qu’ils puissent produire leurs biens finis en vue de les envoyer à des constructeurs automobiles comme GM et Ford », explique Vincent Houle, fils des fondateurs et v.-p. Stratégie et Relation client. « Nous sommes un fournisseur de 2e niveau dans la chaîne d’approvisionnement. Nous vendons des moules, mais nous mettons aussi au point des pièces moulées par injection pour lesquelles nous créons également les moules. »

M. Houle affirme que des clients achètent les pièces tandis que d’autres ne veulent que les moules.

En 1998, ils ont commencé à constater une demande accrue de pièces en thermoplastique, matériau plus léger et recyclable, et en 2002, ils ont rebaptisé la division de l’injection Plastech.

« Dans le cas du moulage par injection, la croissance n’a pas été facile au début puisqu’il nous fallait établir de bonnes bases en terme de systèmes de gestion pour l’industrie automobile, mais nous avons toujours vu le potentiel », confirme M. Houle. « La crise de l’industrie automobile de 2008 à 2010 nous a nui un peu, mais elle ne nous a pas empêché de nous préparer à une expansion au Mexique en 2011. »

L’entreprise a commencé à exporter aux États-Unis au début de 2000 et au cours des 16 dernières années, elle a s’est implantée au Mexique, au Brésil et en Chine. Lorsqu’elle a ouvert cette usine de moulage par injection au Mexique, sous le nom de SLP M.I. Integración, Exportation et développement Canada (EDC) a fourni du financement.

« Maintenant EDC nous aide à étendre nos services », ajoute M. Houle. « Nous agrandissons maintenant notre usine de 2 300 mètres carrés afin de monter un centre de service d’outillage, qui sera appelé SLP MI Moldes ».

M. Houle estime que les banques traditionnelles ne s’empressent pas d’aider en finançant les entreprises pour qu’elles exportent.

« Depuis le début, les représentants d’EDC ont été à l’écoute de nos besoins et nous ont offert une solution de financement pour nos projets d’expansion », souligne-t-il. « Lorsque nous avons ouvert notre usine au Mexique, EDC a financé nos équipements et est demeurée présente et active afin de favoriser notre fonds de roulement. Depuis que nous avons créé SLP MI Moldes, EDC est notre partenaire pour les mêmes fins. »

Parmi les entreprises clientes de M.I. Intégration, on retrouve Toyoda Gosei Co. Ltd., Cooper Standard, Magna International Inc., Henniges Automotive, Hutchinson, Exo-S et Sogefi Group.

« Exporter n’est pas de tout repos et demande beaucoup de temps, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle » : Cinq questions pour Vincent Houle, vice-président, Stratégie et Relation-client, chez M.I. Intégration.

1. Quelle a été votre première vente à l’exportation? 

C’était au début des années 2000, à une entreprise américaine appelée TGASK, une division du groupe Toyoda Gosei, au Kentucky.

 

2. Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

Il est important de bien servir tous les clients, et c’est encore plus vrai pour les clients internationaux, car ils peuvent se révéler un excellent moyen de conquérir de nouveaux clients dans le même groupe d’entreprises. C’est ce qui est arrivé avec TGASK – ayant entendu parler de notre réputation auprès de l’entreprise québécoise Waterville TG inc., elle s’est sentie assez en confiance pour nous confier un contrat.

 

3. Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Obtenir le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée à l’étranger est souvent très long, et il est préférable pour les exportateurs de faire des estimations prudentes du rendement du capital investi. Les banques mexicaines n’acceptent pas de garanties sur les stocks et les comptes clients : elles ne financent que la participation en capital. La culture, l’expertise, l’autonomie et l’intégrité de la main-d’œuvre doivent être évaluées en profondeur. Mettre sur pied une bonne équipe d’employés loyaux demande du temps. La Chine est un marché plus récent pour nous. Nous verrons bien comment les choses s’y dérouleront.

 

4. Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?

Des barrières sont tombées. Le monde est de plus en plus petit et facile d’accès, même s’il existe peu d’options pour aider les entreprises à financer leur croissance. L’exportation étant toujours considérée comme une activité risquée dans le secteur financier, les prêteurs se montrent peu disposés à financer ces activités. Il est donc parfois bien difficile pour les entreprises d’agir rapidement lorsque des possibilités d’expansion se présentent.

 

5. Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Il est important de communiquer votre stratégie de croissance à vos partenaires – vos clients, vos fournisseurs et vos institutions financières. Prenez aussi le temps d’effectuer de bonnes analyses de marché; de bâtir une équipe de direction solide pour assurer la gestion de vos activités d’exportation et de vos projets d’expansion; et vérifiez toujours les renseignements obtenus de tierces parties. Enfin, pour nous, il était important de confier la gestion de nos usines à l’étranger à des Canadiens. Exporter n’est pas de tout repos et demande beaucoup de temps, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

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