Stephen Wilhelm d’EDC nous parle de ce que signifie l’AECG pour les exportateurs canadiens ou les firmes qui songent à exporter

Stephen Wilhelm d’EDC nous parle de ce que signifie l’AECG pour les exportateurs canadiens ou les firmes qui songent à exporter

Le Canada et l’Union européenne ont surmonté des obstacles de dernière minute et ont signé l’Accord économique et commercial global (AECG). Très peu de temps après, nous serons vraisemblablement témoins d’une petite hausse du nombre d’entreprises canadiennes se tournant vers l’Europe. C’est ce que prédit Stephen Wilhelm, vice-président régional, Europe, Moyen-Orient et Afrique, Exportation et développement Canada.

L’accord devra toutefois être approuvé par le Parlement européen et ratifié par les États membres de l’UE conformément à leurs procédures respectives de ratification des traités. Néanmoins, dès son approbation par le Conseil et le Parlement européens, il pourra, en grande partie, être appliqué provisoirement. C’est pourquoi, même s’il est peu probable que l’accord entre en vigueur avant le début de 2017, M. Wilhelm s’attend à voir une intensification des activités en prévision de la mise en application de ce nouveau traité.

« Notre but est d’appuyer de différentes façons les entreprises cherchant à investir en Europe et à tirer profit de l’AECG, que ce soit en leur offrant une assurance comptes clients ou une assurance risques politiques ou en leur donnant accès à un fonds de roulement, précise M. Wilhelm. C’est sans oublier les entreprises européennes cherchant à investir au Canada pour profiter de l’ALENA et exporter vers les États-Unis et le Mexique. La signature de l’AECG devrait être suivie d’une multiplication des scénarios du genre. »

« Les entreprises canadiennes déjà présentes dans l’UE devront peut-être faire face à une concurrence plus vive de la part de leurs pairs, autrefois rebutés par les tarifs, explique-t-il. Et comme l’AECG clarifiera davantage les dispositions sur la protection des investissements et le règlement de différends, il favorisera certainement un environnement plus propice à l’investissement. »

Les entreprises qui exportaient déjà vers l’Europe et qui étaient soumises à des tarifs seront maintenant en mesure d’offrir un prix concurrentiel. C’est donc une bonne chose pour elles.

« En revanche, les acteurs européens établis au Canada risquent de faire davantage concurrence aux entreprises canadiennes qui n’exportent pas, affirme M. Wilhelm. Ces dernières devront comprendre qu’il est temps de se tourner vers d’autres marchés. »

Depuis la nouvelle représentation d’EDC à Londres, il conseille aux entreprises canadiennes de ne pas voir l’UE uniquement comme un marché final. « Elles doivent également la voir comme une porte d’entrée vers d’autres marchés, surtout émergents, et travailler davantage à intégrer ses chaînes d’approvisionnement. Voilà qui présente sans doute un risque bien moins élevé que de percer un marché émergent de façon autonome. Prenons l’exemple d’une entreprise canadienne qui intègre la chaîne d’approvisionnement de Siemens qui, elle, exporte vers l’Afrique. Elle court ainsi un risque beaucoup moins grand que si elle tentait de faire affaire avec ce marché émergent par ses propres moyens. »

Selon M. Wilhelm, le taux de pénétration des entreprises européennes en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe centrale est beaucoup plus élevé que celui de leurs homologues canadiens. « Intégrer leurs chaînes d’approvisionnement équivaut pratiquement à percer ces marchés », ajoute‑t-il.

Et bonne nouvelle : Brexit ne rime pas avec inquiétude – du moins, pas à court terme. D’après M. Wilhelm, les affaires vont bon train pour les entreprises canadiennes ayant investi au Royaume-Uni. Cependant, celles qui n’y ont pas encore investi devraient attendre un peu pour voir ce qui se passe.

« La vérité, c’est qu’il est difficile de prendre des décisions d’investissement en période d’incertitude. Tout compte fait, en ce moment, les entreprises britanniques commenceraient à se tourner vers des marchés externes à l’UE. Bref, c’est ce qu’on dit et c’est probablement ce qu’on répétera un certain temps. »

M. Wilhelm y voit une occasion pour les entreprises canadiennes de s’associer à ces entreprises britanniques pour croître à l’étranger. « Je pense que, avec l’incertitude ambiante, les entreprises canadiennes pourront trouver des créneaux au cours des deux ou trois prochaines années. »

Par ailleurs, la faiblesse de la livre sterling fera des exportateurs britanniques des concurrents plus féroces; ils en profiteront pour diversifier leurs marchés d’exportation.

M. Wilhelm termine toutefois en rappelant aux entrepreneurs canadiens que le Royaume-Uni figurera parmi les signataires de l’AECG pendant au moins deux ans et qu’ils devront mener leurs activités en conséquence.

Catégories Exportation

Comments are closed.

Affichages connexes