L’ingrédient secret du succès mondial de l’école de cuisine Rouxbe? La technologie!

L’ingrédient secret du succès mondial de l’école de cuisine Rouxbe? La technologie!

Joe Girard et Dawn Thomas, entrepreneurs de Vancouver, voient grand pour l’école de cuisine en ligne qu’ils ont fondée en 2005 : ils veulent guérir les gens par la nourriture.

À en juger par leur succès, ils pourraient très bien y arriver.

« Dans dix ans, notre noyau principal d’activités sera d’offrir des cours de cuisine et de nutrition aux personnes souhaitant retrouver la santé par l’alimentation, affirme M. Girard. Des dizaines de milliers de médecins prescriront à leurs patients notre cours sur la nutrition Culinary Rx, en complément aux médicaments. »

En réalité, c’est déjà commencé.

En dix ans, Rouxbe est devenue l’une des plus importantes écoles de cuisine en ligne au monde. Près de 34 000 étudiants – l’équivalent d’une grande université canadienne – sont inscrits à ses cours offerts en quatre langues dans 180 pays. Ses marchés étrangers les plus importants sont l’Amérique latine, le Moyen-Orient et la Chine.

M. Girard commence sa carrière de cuisinier en 1983. Il travaille dans plusieurs restaurants chics de Vancouver, dont celui du Fairmont Hotel Vancouver, où il rencontre Mme Thomas, une apprentie cuisinière en stage dans le cadre de ses études au Pacific Culinary Institute. Après avoir obtenu son diplôme avec mention, Dawn est engagée par l’école comme enseignante.

Peu de temps après, comme ils aiment travailler ensemble, M. Girard et Mme Thomas quittent leurs emplois respectifs pour lancer un service de traiteur destiné à l’industrie cinématographique de Vancouver. Le succès est au rendez-vous, et six ans plus tard, le duo vend l’entreprise pour lancer Rouxbe, fruit de leur passion pour l’enseignement de la cuisine.

Parallèlement à l’essor de Rouxbe, le monde entier s’est pris de passion pour tout ce qui a trait à la nourriture, d’où l’immense succès de chaînes de télévision consacrées exclusivement à la cuisine et aux chefs vedettes, de films grand public comme Ratatouille de Disney et de concours culinaires s’apparentant à des compétitions sportives, comme Top Chef et Chopped.

Malgré cet intérêt généralisé pour les arts culinaires, M. Girard et Mme Thomas trouvent que les médias ne répondent pas aux besoins des gens qui veulent apprendre à cuisiner.

« Les émissions accordent trop d’importance aux recettes, alors que ce n’est pas comme ça qu’on apprend à cuisiner, dit M. Girard. Notre approche est plutôt axée sur les fondements : l’utilisation des couteaux, des casseroles et des poêles; les techniques de base pour donner du goût aux aliments, comme les faire suer (chauffer les ingrédients à feu doux dans un corps gras pour en extraire la saveur et la concentrer). Rien de bien compliqué. Nous avons vu un besoin et créé une entreprise pour y répondre. »

Alors que Rouxbe remporte un franc succès à l’étranger, les écoles de cuisine traditionnelles comme le célèbre Cordon Bleu – qui vient d’annoncer la fermeture de ses établissements aux États-Unis – sont en perte de vitesse, notamment en raison de leurs droits de scolarité élevés. Certains étudiants contractent en effet des dizaines de milliers de dollars de dettes pour un diplôme qui ne leur donne accès qu’à des emplois au salaire minimum.

Dans un contexte de pénurie de cuisiniers, Rouxbe, avec sa plateforme d’apprentissage sur Internet à prix modique, arrive à point nommé. L’entreprise a produit plus de 500 autres documents pédagogiques, notamment des vidéos de cuisine étape par étape, qu’elle vend comme « matériel de formation exclusif » à des organisations comme Marriott International, laquelle possède plus de 5 500 établissements à l’échelle mondiale.

Selon M. Girard, l’approche de Rouxbe – dont les vidéos et les photos mettent l’accent sur les ingrédients et les techniques plutôt que sur les cuisiniers – permet à ses partenaires comme Marriott de personnaliser leur formation.

Ce genre de partenariat évite les problèmes habituels des cours par correspondance, notamment le faible taux d’achèvement et la nécessité d’organiser des évaluations en personne.

Bien que Rouxbe assure 95 % de la formation, les évaluations sont effectuées par l’employeur. « Par exemple, l’employé doit cuisiner du poisson ou du poulet pour son chef, ou lui montrer qu’il sait manier les couteaux. Le chef évalue son travail selon des critères prédéterminés, comme la présentation, la cuisson et l’assaisonnement », explique M. Girard.

Les chefs et les sous-chefs des partenaires de Rouxbe, dont l’hôtel Waldorf Astoria de New York et Marriott, supervisent aussi la formation pour encourager la fidélité du personnel et son adhésion aux valeurs de l’entreprise. Cette combinaison gagnante se traduit par un taux d’achèvement parmi les plus élevés du secteur, dit M. Girard.

Il ajoute que Rouxbe a un chiffre d’affaires annuel de plusieurs millions de dollars qui double d’année en année.

Le cœur de métier de l’entreprise étant bien établi, M. Girard et Mme Thomas se tournent maintenant vers le prochain défi : offrir des cours de cuisine et de nutrition accessible en ligne à prix modique à toute personne souhaitant améliorer sa santé et son bien-être.

« Nous devons aider les gens à avoir confiance en eux, à aimer cuisiner et à comprendre que les aliments sains ont un excellent goût quand ils sont bien préparés. »

Cinq questions pour Joe Girard, PDG et cofondateur de l’école de cuisine Rouxbe

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

Rouxbe a réalisé sa première vente à l’exportation en 2006, il y a environ dix ans. Nous offrons des cours de cuisine virtuels en quatre langues et dans 180 pays pour les amateurs et les professionnels. Grâce à Internet, le monde entier a accès aux vidéos de notre école de cuisine de calibre professionnel.

 

2) Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

Nous nous sommes dit qu’un bon produit attirerait nécessairement des clients. Nous avions raison. Nous avons commencé par transmettre du contenu en ligne à un petit groupe d’influenceurs parmi nos employés. Grâce à Internet, aux outils de partage, aux médias sociaux et au bouche-à-oreille, Rouxbe a fait son chemin dans le monde entier. Dès le premier jour, nous avons rejoint des utilisateurs dans la ville portuaire de Funchal, au Portugal. C’est ça, le pouvoir d’Internet.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Que le service à la clientèle varie énormément selon la culture. C’est difficile à comprendre lorsqu’on n’est pas sur place ou qu’on n’a aucune expérience pratique.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires? 

En dix ans, la technologie a évolué à une vitesse phénoménale. L’adaptation est essentielle à la réussite. Nous avons également fait preuve de souplesse, écouté les commentaires et les demandes de nos clients et, par-dessus tout, exploité le pouvoir de la cybercommunauté. La technologie nous a permis de rejoindre des marchés que nous ne pouvions même pas envisager au début.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

En dix ans, notre entreprise a connu une croissance importante en dehors de l’Amérique du Nord. Grâce à Internet et aux services infonuagiques, tout le monde peut réussir. Il suffit de saisir l’occasion. Utilisez les meilleurs outils en ligne (comme les applications de service à la clientèle) au lieu de tout faire vous-même. Aujourd’hui, il suffit de quelques clics pour être présent dans le monde entier.

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