Innovation et partenariats sont gages de réussite à l’étranger pour la québécoise Granules LG

Innovation et partenariats sont gages de réussite à l’étranger pour la québécoise Granules LG

Cette entrevue fait partie de la série sur le secteur du bois d’œuvre. 

Pour en savoir plus sur les débouchés à l’exportation pour les entreprises du secteur, lisez L’innovation, plus que l’effervescence du marché de l’habitation américain est la planche de salut à long terme de l’industrie canadienne du bois d’œuvre

Rejets de la production du bois d’œuvre, les copeaux et la sciure de bois étaient autrefois traités en déchets et souvent brûlés dans des fours wigwam qui recrachaient fumée et cendres directement dans l’atmosphère. Heureusement, il y a une vingtaine d’années, une idée brillante visant à mieux exploiter ces sous-produits a donné naissance aux granules et, avec elles, à des débouchés pour les entreprises comme Granules L.G. inc. de Saint-Félicien.

Appartenant en partie à des Autochtones de Mashteuiatsh, Granules L.G. a produit 4 700 tonnes de granules dès sa première année, en 1995. L’entreprise s’est rapidement forgé une réputation pour la grande qualité de ses produits. Devant la petitesse du marché québécois, la capacité de l’entreprise a rapidement dépassé la demande locale; l’exportation aux États-Unis est donc devenue vitale à sa stratégie de croissance.

Ainsi, en 1999, elle a commencé à vendre aux États du Nord-Est, où la demande était forte en raison de la rareté de l’hydroélectricité et du gaz naturel. Les granules de bois, source de chauffage domestique plus économique que le mazout, ont rapidement séduit.

« Nous avons trouvé une personne bilingue dans les Cantons-de-l’Est qui avait beaucoup de contacts et vendait des sapins de Noël à des distributeurs de la région. C’est comme ça que nous avons mis le pied aux États-Unis », explique le directeur général, Ken St-Gelais.

Les États-Unis demeurent un marché de choix. Cette année, l’entreprise est en voie de produire plus de 125 000 tonnes de granules, dont 30 % iront aux États du Nord-Est. Par ailleurs, elle vend toujours 45 % de ses granules au Canada.

Le reste est destiné à son marché le plus récent, l’Italie, où elle vend depuis 2007, année où sa capacité avait encore une fois dépassé la demande.

« L’Italie est un grand importateur, parce qu’elle n’a pas de grandes forêts et que le pétrole y est cher. Les granules de bois sont une bonne solution », précise M. St-Gelais.

La deuxième vente en Italie a eu lieu en 2012-2013, au moment où l’entreprise a pris contact avec un client montréalais qui avait un partenaire italien. Granules L.G. a livré outre-mer 30 000 tonnes en vrac et 30 000 tonnes dans des conteneurs.

M. St-Gelais tire de nombreuses leçons de ses activités d’exportation, et surtout des nuances dans les libellés des lettres de crédit. L’entreprise a dû débourser 200000 $ en raison d’interprétations divergentes et de formulations imprécises – une erreur qu’elle ne répétera pas. Granules L.G. s’est bien outillée pour réduire le risque de ne pas être payée, d’abord en choisissant avec soin ses types de contrats, ensuite en s’armant de l’Assurance comptes clients d’EDC.

L’entreprise sait cependant qu’elle n’a aucun pouvoir sur une chose : la météo. Quand l’augmentation des moyennes de température hivernales a fait reculer la demande en Amérique du Nord, ce sont les clients italiens qui ont tenu les 50 employés de Granules L.G. occupés! Ainsi, l’entreprise a pu maintenir de bonnes relations avec ses fournisseurs de matières premières.

La stratégie de distribution fonctionne comme un pipeline : M. St‑Gelais explique que pour l’instant, l’entreprise utilise l’exportation comme une valve. « Nous la réglons de façon à ne jamais arrêter la production. »

Comme le désir de carburants propres est plus fort en Europe qu’en Amérique du Nord, Granules L.G. a aussi un œil sur la France et la Belgique.

« L’environnement compte pour beaucoup », souligne Gordon Murray, directeur général de la Wood Pellet Association of Canada. « Les granules de bois sont une forme de biomasse, considérée comme essentiellement carboneutre. Comparativement au charbon, elles émettent moins de particules, comme l’oxyde nitreux, le dioxyde de souffre ou le mercure ».

M. Murray estime à 30 millions de tonnes par année le marché mondial des granules, qui augmente toujours. L’Europe représente environ 20 millions de tonnes, dont la moitié est destinée à la production d’électricité en remplacement du charbon, et l’autre au chauffage de bâtiments à usage commercial, institutionnel et d’habitation.

Le Canada est le deuxième exportateur après les États-Unis.

« Nous nous attendons encore à une forte croissance sur les marchés mondiaux, ajoute M. Murray. Les centrales européennes abandonnent le charbon pour les granules. Le Japon et la Corée ont récemment adopté la même stratégie, et gagnent en importance auprès des exportateurs canadiens.

« Maintenant que nos propres gouvernements fédéral et provinciaux cherchent à réduire la consommation de charbon et de mazout, nous croyons que la consommation intérieure, ici au Canada, présentera un énorme potentiel d’expansion », conclut-il.

Apprenez-en plus sur le parcours d’exportation de Ken St-Gelais.

Catégories Foresterie

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