Saviez-vous que NE PAS exporter, c’est plus risqué qu’exporter?

Saviez-vous que NE PAS exporter, c’est plus risqué qu’exporter?

Pour les entreprises canadiennes d’aujourd’hui, l’exportation peut effectivement diminuer le risque. On croirait que ce fait est très connu – apparemment non.

Un récent rapport publié par Deloitte, L’avenir de la productivité – Exportation avisée pour les entreprises canadiennes, indique que l’exportation améliore le rendement des entreprises et réduit leur risque global. Mais selon Bill Currie, vice-président, Deloitte Canada, il est encore difficile de convaincre de nombreuses compagnies canadiennes de cette réalité.

« Il y en a beaucoup pour qui vendre à l’étranger est une affaire risquée, dit M. Currie. Or, c’est tout le contraire, car l’exportation peut vraiment diminuer le risque d’entreprise », précise-t-il.

En fait, des études révèlent que les exportateurs sont plus productifs, qu’ils enregistrent des revenus par employé plus élevés et que leurs rendements sur trois ans sont le triple de ceux des non-exportateurs. Le triple! De plus, les entreprises exportatrices ont des taux de sortie du marché moins élevés et, à l’échelle mondiale, ont tendance à survivre plus longtemps que les entreprises non exportatrices.

Alors, pourquoi seulement 4 % des entreprises canadiennes songent à s’implanter sur les marchés internationaux aujourd’hui?

À cause d’une culture d’aversion au risque. « C’est une attitude typiquement canadienne. », explique M. Currie.

« Il y a manifestement une cohorte d’entreprises canadiennes qui sont disposées à courir un risque. Celles-ci investissent dans les technologies et la R.-D, elles exportent, elles innovent et elles misent sur leur croissance à l’international. Surtout, elles sont enclines à risquer des difficultés financières – même la possibilité d’échec de l’entreprise – afin de saisir d’importantes occasions de croissance. Et il y a l’autre cohorte – plus hostile au risque – qui fait baisser la productivité du Canada », ajoute-t-il.

Côté productivité, le Canada se classe actuellement au 13e rang parmi 16 pays pairs, classement peu reluisant pour une économie qui dépend du commerce. Bref, il va sans dire que notre pays requiert davantage d’exportateurs.

« Il y en a beaucoup pour qui vendre à l’étranger est une affaire risquée. Or, c’est tout le contraire, car l’exportation peut vraiment diminuer le risque d’entreprise. »

Le président d’Exportation et développement Canada (EDC), Benoit Daignault, partage cet avis : « Comme l’économie nationale est faible présentement, nous devons donc rajuster le tir et cibler au-delà du marché intérieur. C’est l’exportation qui sera le moteur de la croissance future de l’économie canadienne.

« En définitive, vu la conjoncture actuelle, il est difficile pour les entreprises canadiennes de croître sans une perspective mondiale, souligne M. Daignault. Notre mandat (à EDC) est de les aider à atténuer une part des risques. »

Justement, les conditions du marché sont en train de s’améliorer dans ce sens, surtout grâce à un dollar canadien plus faible et à de nouveaux accords de libre-échange avec des marchés émergents à forte croissance.

Selon M. Currie, de nombreux programme de soutien financier sont offerts, notamment par EDC, le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) et la Corporation commerciale canadienne (CCC). Il ajoute que « nous devons faire mieux connaître à davantage d’entreprises canadiennes les services qui sont à leur disposition ».

« Nous devons aussi sensibiliser un plus grand nombre d’entreprises canadiennes, surtout les PME, aux occasions qui se présentent à l’étranger afin qu’elles adoptent une perspective mondiale dès leur démarrage, dit M. Daignault. Nous leur conseillons de se concentrer sur leur marché à créneaux tout en misant sur l’innovation et l’amélioration de la valeur. Voilà la clé de la réussite sur la scène internationale. »

Le rapport de Deloitte expose également une démarche, appelée « l’exportation avisée », à suivre pour améliorer les chances de réussite à l’exportation. Elle comporte essentiellement trois étapes : penser comme un exportateur, devenir un exportateur, et réussir en tant qu’exportateur.

« Nous devons finalement bâtir une culture du commerce intrinsèque au Canada, affirme M. Daignault. Et cela implique créer davantage de compagnies ayant un « sens inné » de la mondialisation. Pour ce faire, nous devons diffuser aux entreprises canadiennes le savoir et l’information dont elles ont besoin. Et il importe qu’elles voient grand d’emblée, qu’elles prennent des risques et qu’elles innovent constamment. »

« Parce que s’immobiliser, même un instant, c’est être à la traîne. »

Benoit Daignault et Bill Currie ont traité cette question le 5 décembre à Ottawa, dans le cadre de la Série de conférences Deloitte 360o. Pour lire le rapport intégral, consultez The Future of Productivity: Smart Exporting for Canadian Companies (disponible en anglais seulement).

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